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WONG KAR WAI (par Hinomura)
LIRE LES CRITIQUES DES FILMS DE WONG KAR WAI : BIO-FILMOGRAPHIE

Wong Kar Wai est un illuminé, un astre, un système solaire à lui seul. Son espace cinématographique n’est pas le notre mais à chaque œuvre, le cinéaste nous fait partager une amorce de son univers.

Aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands cinéastes contemporains, son travail sur les personnages, son expérimentation de l’image, sa fragmentation du temps sont les ingrédients miracles du mystérieux réalisateur…En une poignée de films seulement, Wong Kar Wai s’est imposé à tous comme l’un des nouveaux prophètes du cinéma. Suivons le guide.

UNE JEUNESSE ETHEREE

Né en 1958 à Shanghai, Wong Kar Wai s’installe à Hong Kong en 1964 accompagné de ses parents. Ces années difficiles en Chine donne l’occasion à de nombreuses familles de partir pour la concession britannique afin de rêver à une meilleure vie.

Le petit Wong Kar Wai s’acclimate difficilement à sa nouvelle ville même si une forte communauté shanghaïenne, avec des particularités culturelles comme la langue mandarin (alors que Hong Kong parle le cantonais) est solidement ancrée.

Sa mère, passionnée de cinéma, l’emmène dans les salles obscures afin d’y admirer des films japonais d’Ozu et Kurosawa ainsi que les bons vieux John Wayne.

Dans son quartier de Tsim-Sha-Tsui, non loin de Chungking Mansions, le futur cinéaste vit en décalage la révolution culturelle de 1967 avec la fermeture de la Chine et l’isolement de Hong Kong.
SES ANNEES SAUVAGES

Afin de s’intégrer à la société de Hong Kong, Wong Kar Wai apprend la langue cantonaise. Mais tel un esprit farouche, il oublie un peu l’école, se rebelle et s’amuse le plus clair de son temps à voler des voitures et à faire quelques ballades entre amis.

Son entrée au lycée où il étudie l’art plastique et graphique devient le vecteur et l’emprunte principale de son futur talent.

Il se prend de passion pour la photographie jusqu'à flâner pendant les heures de cours afin d’user ses quelques bouts de pellicules.

Son attachement au travail d’Henri Cartier-Bresson et quelques autres grands photographes du vingtième siècle lui donne déjà l’envie d’expérimenter l’image et d’en faire un véritable langage.

Agé de 19 ans, le photographe amateur qu’est devenu Wong Kar Wai laisse ses objectifs de côté pour en approcher d’autre : ceux de la chaîne TVB où il devient assistant producteur pour de petite série. Mais derrière cela, d’autres perspectives le motivent et le poussent à se lancer dans le monde du cinéma...
QUI SEME LE TALENT RECOLTE LE GENIE

Son poste d’assistant directeur n’est plus en mesure de satisfaire sa fougueuse passion. Il s’entreprend dans l’écriture de scénarii, tout d’abord pour des productions sans envergures tels que des soft-porn, du kung fu de bas étage et même du soap-opéra. Heureusement en 1981, il s’attaque à l’écriture des épisodes d’une série très populaire «  Don’t Look Know ». Mais en 1982, âgé de 24 ans, il quitte la TVB pour se lancer en indépendant comme scénariste.

Il conçoit près d’une cinquantaine de scénarii mais n’est crédité que sur une dizaine dont les plus connus sont Once Upon a Rainbow (1982), Chase of Fortune (1985) et Final Victory (1987) de Patrick Tam, devenu un ami par la suite.
L’ODYSSEE DE WONG KAR WAI
Après ses nombreuses expériences passés avec du papier et un stylo, Wong Kar Wai décide de prendre les commandes d’un tournage et réalise son premier film : As Tear Go By (1988) Evoquant la vie d’Ah Wah et Fly au service de gangs locaux dans un quartier pauvre de Hong Kong, Wong Kar Wai laisse déjà les traces de sa griffe même si le film est un peu violent. On peut déjà noter la présence de grandes stars actuelles comme Andy Lau et Maggie Cheung.

Le cinéaste ne se repose pas car le succès n’est pas retentissant et continue alors avec ce qui va être le début d’une trilogie, à savoir Nos Années Sauvages (1990). L’aventure humaine se déroule dans les années 60, où des histoires d'amour s’enchaînent et se déchaînent entre un jeune homme à la plastique superbe, un ami, une caissière employée dans un stade, une chanteuse de cabaret et un policier.

Wong Kar Wai met cette fois ci en avant ses personnages et montre déjà sa maîtrise de l’image et de l’analyse sentimentale. Même si le film n’est pas parfait par la faute du manque de moyens financiers, le réalisateur dévoile déjà une grande partie de son univers romantique et mélancolique .

Malheureusement le film n’a pas l’effet commercial escompté et Wong Kar Wai a financièrement du mal à s’en remettre.
Cependant il n’abandonne pas et accouche en 1994 de deux œuvres magistrales.
La première est un essai totalement différent des autres œuvres urbaines de Wong Kar Wai, il s’agit de Les Centres du temps (1994). Véritable Wu Xia Pian, le cinéaste en profite pour montrer ce qu’il sait faire dans des domaines cinématographiques encore inexploités dans sa jeune carrière de réalisateur. C’est une franche réussite, tant au niveau du film que des entrées dans les salles obscures et donne à Wong Kar Wai le soutien qu’il méritait.

Sa deuxième œuvre devient le film culte d’une génération et d’une décennie comme l’a été Pulp Fiction, c’est Chungking Express. Quatre vies se mêlent dans une même ville: une mystérieuse tueuse aux lunettes noires et à la chevelure dorée, rencontre un policier qui attend sa petite amie, et une petite employée de fast-food s’amourachant d’un autre policier. La prestation de Tony Leung en policier, de Brigitte Lin en tueuse, la présence de Takeshi Kaneshiro et de Faye Wong en employée de fast-food marque à tout jamais l’esprit des cinéphiles par leurs prestations et l’urbanisme sauvage de Hong Kong. Jamais une histoire aussi ordinaire avait eu la chance d’être aussi bien réalisée. Entre chaos et sentiment, Wong Kar Wai marque le 7eme art .

Une année plus tard, le cinéaste continue son expédition dans les rues sombres de Hong Kong avec Les Anges Déchues (1995). On découvre la vie d’un tueur et de celle qui lui trouve ses contrats. La femme est attiré par le tueur, mais lui s’attache à d’autres femmes. Entre jalousie, furie, et romantisme, Wong Kar Wai servit par Takeshi Kaneshiro, Karen Mok et Leon Lai s’enfonce dans les sentiments et le psychologiques, le tout nuancé des superbes lumières électriques de Hong Kong .

1997, soit deux ans de plus au compteur, Wong Kar Wai touche un sujet sensible, celui de l’homosexualité entre deux hommes, Tony Leung Chiu Wai et Leslie Cheung dans Happy Together (1997). Direction Buenos Aires en Argentine, pour un film intimiste, beau et sensible, œuvre essentielle dans une filmographie déjà bien étoffée. A noter les somptueuses musiques de Astor Piazzolla et de Caetano Veloso qui ajoutent un charme singulier au film .

Trois années s’écoulent et pourtant il travaille en secret sur un projet de suite à Nos Années Sauvages. Ce sera In The Mood For Love, son plus grand succès à ce jour récompensé à Cannes par le Prix de l’interprétation masculine. Tony Leung Chiu Wai et Maggie Cheung sont victimes de leurs concubins amants. Peu à peu ils se découvrent et tombent eux aussi amoureux. Ce chef d’œuvre plonge le cinéphile dans le Hong Kong des années 60 et Wong Kar Wai n’hésite pas à tout mettre en œuvre pour être des plus réalistes. Son travail sur ce film est incroyable. De l’image à la musique, des personnages à l’histoire, des costumes aux restaurants tout est réussit et magnifiquement interprété. C’est LE film de sa carrière .

En 2004, après de nombreux essais ratés et de petites escapades dans les courts métrages et les clips vidéos , Wong Kar Wai revient avec le dernier chapitre de sa trilogie : 2046. Œuvre entre passé et futur, entre souvenirs et fictions, Tony Leung Chiu Wai se rappelle de ses conquêtes féminines et partage ses sentiments sur chacune d’elle. Sœur jumelle d’In The Mood For Love, cette œuvre possède pourtant son caractère propre et se veut plus sensuelle, charnelle et érotique. Cannes en fera sa critique (notamment dans sa logistique), le public en fera des éloges .

LA PLANETE WONG KAR WAI
I : L'IMAGE

Que serait Wong Kar Wai sans Christopher Doyle ? Ce dernier, chef opérateur du cinéaste chinois est le vieux compagnon et l’éminence grise de la photographie et de l’imagerie de Wong Kar Wai.

Si un seul talent, un seul travail devait être reconnu à ses deux acolytes, ce serait bien celui là.

Tel un artisan, ils expérimentent l’image et la façonnent comme si celle-ci était malléable, prenant l’ascendant sur la narration et même parfois sur les personnages. Ce don graphique est corroboré par chaque nouvelle œuvre du cinéaste. Avec 2046, dernier long métrage en date, le futur est étrangement mêlé aux images du passé et forme un train voyageant d’une époque à une autre. Pour In The Mood For Love, c’est la lumière et les couleurs qui attestent sans équivoque du talent de l’artiste cinématographe. Même dans ces anciennes œuvres comme Chungking Express ou As Tear Go By, l’image tel un élément parfait comme un diamant laisse transparaître l’idée de rêve, d’urbanisme et de beauté.

Aujourd’hui tous les plus grands noms du cinéma recherchent un résultat similaire mais seuls quelques uns comme le taiwanais Hou Hsiao Hsien, le japonais Shunji Iwai ou l’américain Tim Burton sont capables de l’égaler dans sa maîtrise…
II. LA MUSIQUE 

Wong Kar Wai possède une oreille magique : il arrive à transposer une musique cohérente sur ses images et ses personnages tout en véhiculant des sentiments forts.
Pour ses premières œuvres, les musiques étaient bien plus intimistes, empreinte de fumée onirique tel que : First Killing and Second Killing, un titre reggae et trip hop à la limite de l’overdose.
Mais ce n’est rien face au véritable travail de fond et de forme commis sur In The Mood For Love.
Grâce à Shigeru Umebayashi, compositeur de talent, chaque idée essentielle du film est accompagnée par de magnifiques nappes empreuntes de tristesse, de mélancolie, de plaisir et de romantisme.

Wong Kar Wai s’amuse même à nous sortir ses vieux vinyles de Nat King Cole et Dean Martin afin de nous transporter dans le Hong Kong des années 60.

Avec 2046, le cinéaste a employé la même recette musicale qu’avec In The Mood for Love et pourtant le plaisir est toujours là, intact.
Il arrive même à l’orfèvre chinois de sensibiliser son auditoire cinéphile avec des artistes incroyables comme le cubain Silvio Rodriguez dans son court métrage The Follow pour la marque BMW.
Et pour ne pas perdre ce contact musical, Wong Kar Wai a même réalisé le clip vidéo Six Days de Dj Shadow démontrant une fois de plus sa capacité à transposer l’image et la musique tels des sentiments intimement liés.

III. LE TEMPS  

Le temps est une valeur clé du monde romantique de Wong Kar Wai. Sa fragmentation, sa dilation, imposée par son créateur, est certainement le deuxième élément immédiatement identifiable dans la filmographie du réalisateur.

La déperdition des personnages dans l’espace temps, dans un lieu sans repère et l’étirement des secondes plongent le long métrage dans l’instant et l’interminable…

Ici aussi, peu de réalisateurs maîtrisent cette technique et arrivent à arrêter le temps pour en faire des instants magiques. On peut citer à nouveau Hou Hsiao-hsien et le vietnamien Tran Anh Hung, eux aussi à la pointe de travail cinématographique.

Si l’on en vient à sa source, on découvre que Wong Kar Wai s’est fortement inspiré des grands cinéastes japonais comme Ozu et Kurosawa, français comme Godard et Bresson, enfin de quelques metteurs en scènes atypiques comme l’italien Bertolucci.

Mai Ozu est certainement celui qui l’a le plus inspiré dans cette interprétation du temps, en faire des décors intemporels, immobiles et fascinants. Wong Kar Wai n’est donc pas un réalisateur de la vitesse, mais bien plus du mouvement et ses détails.
IV. LES PERSONNAGES  

Wong Kar Wai aime ses personnages. C’est l’élément prépondérant du scénario bien avant l’histoire en elle-même. Les personnages façonnent le déroulement du long métrage et non son contraire. C’est un procédé original et propre à une certaine classe de cinéaste contemporain. Il se passionne pour l’écriture comportementale et psychologique de ses personnages et n’hésite pas à reprendre toujours les mêmes acteurs, pour des rôles presque identiques afin de faire évoluer ses personnages comme ses acteurs.

Loin d’être un marionnettiste ou un maître de poupée, Wong Kar Wai n’a pas la main mise sur ses acteurs. Il les laisse évoluer selon leur caractère, dans la peau de leur personnage. La quête identitaire se fait par l’acteur lui-même. Le réalisateur laisse le cours des évènements sur le plateau de tournage modifier ses idées de départ et corrige son scénario plan après plan.

C’est une technique très rare car il est difficile aujourd’hui pour un cinéaste d’aller vers une maison de production sans un scénario en acier trempé avec des personnages précis et travaillés pour un certain public. Avec Wong Kar Wai, le travail au feeling a été adopté et même si de nombreux aléas l’empêchent de réaliser parfaitement ses idées, il s’en dégage toujours une lumineuse interprétation.
V. HONG KONG

Wong Kar Wai sans Hong Kong ? Impossible à imaginer. Depuis 1995, dernière fois où le réalisateur a filmé la ville au présent (avec Les Anges Déchus), il semble s’être fasciné aujourd’hui par son caractère dans les années 60, bien qu’il ne perd pas de vue le futur de la ville dans 2046 avec ses trains et ses buildings géants.

Wong Kar Wai a des souvenirs d’enfants qu’ils aiment introduire dans ses films. De nombreux lieux identifiables comme Mongkok (As Tear Go By), Tsim-Sha-Tsui (Chungking Express) ou Wanchai (Les Anges Déchus) lui rappellent quelques souvenirs.

A la manière d’un puzzle, quartier par quartier, Wong Kar Wai reconstruit Hong Kong. Mais sa rétrocession en 1997 a fortement changé la donne cinématographique. L’incertitude y est plus forte, la perte des repères palpables, et l’amour s’y transforme avec inquiétude .
On se souvient tous de Brigitte Lin dans Chungking Express avec ce restaurant rapide devenant un lieu d’intimité, on se souvient aussi de Maggie Cheung et Tony Leung se retrouvant dans les chambres 2046 et 2047 d’un vieil hôtel. Ces fragments de Hong Kong où s’entremêlent les personnages singuliers de l’univers à Wong Kar Wai reflète à chaque instant l’âme et l’esprit de cette jungle urbaine que constitue Hong Kong, aujourd’hui sous l’égide chinoise.
LES ACTEURS DE WONG KAR WAI

TONY LEUNG CHIU WAI
Qui ne connaît pas aujourd’hui Tony Leung Chiu Wai ? Génial acteur récemment vu dans Infernal Affait, 2046 et In The Mood for Love il est devenu l’interprète de prédilection de Wong Kar Wai.
Le réalisateur aime sa façon de s’approprier les rôles. Sans aucune prédisposition de départ, Tony Leung Chiu Wai est créatif et s’adapte au comportement de son personnage, sentiments après sentiments.

Au départ la méthode de travail de Wong Kar Wai lui était étrangère car de nombreuses prises étaient capturées pour un même plan. Mais après quelques discussions, Tony Leung comprit ce que le cinéaste cherchait en lui. Tel un vampire, Wong Kar Wai, se nourrit de l’expérience, des idées et des mouvements de son acteur pour s’en inspirer dans de futures séquences de tournage.
Il n’existe maintenant plus aucune œuvre de Wong Kar Wai sans que Tony Leung Chiu Wai en soit averti. La preuve en est que l’acteur sera présent dans l’un de deux futurs projets du réalisateur à savoir un film sur Bruce Lee.

FAYE WONG
Bien plus connue en Asie pour sa merveilleuse voix que pour ses talents d’actrices, Faye Wong possède selon Wong Kar Wai «  le plus beau corps et les plus beaux mouvements » filmés par sa caméra jusqu'à aujourd’hui. Fidèle parmi les fidèles dans le temple des acteurs du cinéaste, Faye Wong n’était plus apparue depuis Chungking Express. Heureusement, elle interprète un rôle dominant dans 2046. Fille du patron, amoureuse d’un japonais (très mal perçu en Chine et Hong Kong) en plein apprentissage de la langue et androïde dans le futur fictif de l’œuvre, elle donne à 2046 tout son éclat et sa profondeur.

Son regard, sa démarche, son mutisme, son sourire, son naturel, tous ces caractères étirés dans les films du cinéaste apporte à son univers une simplicité et une féminité essentielle.

CARINA LAU
C’est certainement, avec le passage furtif mais inoubliable de Brigitte Lin, l’actrice la plus aimée des cinéphiles et des spécialistes de la planète Wong Kar Wai. Présente dans Noss, Les Cendres du Temps et 2046, son ombre est omniprésente dans le triptyque engendré par le réalisateur (à savoir, Nos Années Sauvages – In The Mood For Love – 2046).

Comme Tony Leung Chiu Wai, elle est celle qui représente avec le plus de justesse, l’univers perméable et sans fins du cinéaste.

Son visage grave, sensuel, charnel évoque avec un certain classicisme toute la part de féminité réservée uniquement aux œuvres de Wong Kar Wai.
Après le scandale sur sa propre personne (des photos prises lors de son agression sexuelle et diffusée dans les médias), Carina Lau tient une place toute particulière dans le cœur des cinéphiles.

MAGGIE CHEUNG
Elle est toute la part de romantisme de la filmographie de Wong Kar Wai. Ambassadrice de l’amour, des sentiments, de la séduction, de la femme, son langage du cœur et du corps sont les clés de voûte d’In The Mood For Love.

Dans la peau de Su-Li-Zhen, seul véritable amour de Chow Mo Wan (Tony Leung Chiu Wai), elle est présente tel un fantôme dans 2046 avec seulement quelques secondes de souvenirs mais déjà assez pour prendre le pas sur les autres actrices.

Elle dégage un sentiment qui n’avait pas encore été abordé par les autres actrices : l’amour, le vrai.

Pour le spectateur français, elle est à l’image même de l’univers de Wong Kar Wai : romantique, sensuel féminin, intemporel, en un mot : superbe .

GONG LI
Deux géants du cinéma asiatique se sont rencontrés : un réalisateur exceptionnel pour une actrice exceptionnelle.

Présente dans l’une des parties du film Eros, intitulé « La Main », Wong Kar Wai a immédiatement apprécié les qualités d’actrice de Gong li et lui propose alors un personnage à sa mesure dans 2046.

Elle y interprète Su-Li-Zhen, en plein Singapour, une femme gantée de noir, un coeur froid au sang chaud, une veuve noire, un double de l’ancienne Su-Li-Zhen interprété par Maggie Cheung. Glaciale par son interprétation, sombre dans ses sentiments, elle est le miroir de Chow Mo Wan : un esprit noir au cœur blessé.

ET LES AUTRES ?

On ne peut oublier Brigitte Lin, Andy Lau, Takeshi Kaneshiro, Zhang Ziyi, Karen Mok et les autres talents d’exceptions qui ont su marquer le monde de Wong Kar Wai par leurs interprétations…

LE FUTUR EST DEJA LOIN…

Quels sont les projets de Wong Kar Wai ?
Selon les rumeurs, car rien n’a été encore vérifié jusqu'à maintenant, le réalisateur travaille sur deux longs métrages :
Le premier serait une biographie de Bruce Lee , avec dans le rôle phare Tony Leung Chiu Wai. On imagine encore mal comment Tony Leung Chiu Wai, au physique quelque peu ordinaire arrivera à se transformer en Bruce Lee au corps fin mais musclé. Ce projet est pour l’instant au stade de l’écriture et rien n’est encore annoncé à son sujet.
Le deuxième film est déjà bien avancé puisque toutes les idées sont déjà sur papier : il s’agit de The Lady of Shanghai, un long métrage se déroulant à Shanghai dans les années 30 avec la participation de l’une des meilleures actrices internationales, Nicole Kidman et pour lui donner la réplique, Takeshi Kitano, le réalisateur acteur japonais.
Wong Kar Wai – Nicole Kidman – Takeshi Kitano , un trio tiré des plus grands fantasmes cinématographiques. Espérons que ce projet suivra son cours…
.

L'AVIS DE LA REDACTION
Hinomura

L'avis de Hinomura
Wong Kar Wai est un génie. Aujourd’hui controversé par les cinéphiles du fait de son talent, il est personnellement une référence incontournable de la cinématographie mondiale. C’est un instinctif, un intellectuel, un visionnaire. A l’instar d’un Hou Hsiao Hsien calculateur, Wong Kar Wai réalise tout au feeling, ce qui est devenu sa véritable marque de fabrique. Le cinéphile européen et occidental découvre ce saint homme grâce à In The Mood For Love et 2046. Mais le film culte reste Chungking Express, heureusement été édité en coffret (merci ARP et Oceans).

Sa maîtrise de l’image, du temps, du romantisme et des sentiments en font un orfèvre du cinéma, inégalé à ce jour.

Même si il lui reste des défauts perceptibles (comme des bouclages de scènes inachevés, des projets tombés à l’eau pour quelques caprices), Wong Kar Wai est et sera l’un des grands maîtres du 7eme art des dix prochaines années.
MUSASHI

Difficile pour ma part de parler de Wong Kar Wai sans enflammer mon texte d'éloges. Qui peut prétendre avoir réalisé une carrière aussi brillante que ce réalisateur qui n'a, pour l'heure, que des essentiels dans sa filmographie? De "As Tears go by" au tout dernier "2046" (assez décrié par certains, et pourtant s'il s'agit très certainement d'un des moins bons Wong Kar Wai, son univers et son esthétique poussée à l'outrance le rendent tout aussi essentiel que ses autres films), chacun de ses films a été pour moi un moment unique de tristesse et de joie, de magie et de simplicité.

L'émotion d'un Nos années sauvages, la magie d'un Chungking Express, le trip d'un Les anges déchus ou encore l'émotion d'un In The Mood For Love, cette filmographie unique explorant d'une manière générale, les sentiments humains et plus particulièrement amoureux, ne peut laisser le spectateur indifférent. Difficile de choisir un film qui ressortirait plus du lot, mais en toute subjectivité, mon coeur balance vers ces deux chefs d’œuvre que sont Les anges déchus pour son univers stylisé, la beauté de ses personnages et In The Mood For Love pour sa maîtrise exemplaire du temps et sa retenue des sentiments qui le rendent d'autant plus beau.

Tous sont à voir toutefois. Il serait impensable de s'affranchir d'un 2046 où le réalisateur à su mettre en image ce qu'il a toujours rêvé de faire, un film à la plastique irréprochable, très probablement le film asiatique le plus visuel qu'il m'ait été donné de voir à ce jour. Mais la force de ce cinéma singulier, c'est aussi ses musiques et ses acteurs : Tony Leung, Maggie Cheung, Andy Lau, Zhang Ziyi, Leslie Cheung, même Gong Li se sont laissés convaincre par la qualité de la mise en scène du monsieur, alors pourquoi pas vous ?


STEPH

C'est avec Wong Kar Wai et Takeshi Kitano que j'ai réellement découvert le cinéma asiatique. A chaque fois que l'on me pose la question sur mes films préférés, je cite systématiquement ChungKing express et Violent Cop. Wong kar Wai est unique comme d'autres dans d'autres genres de cinéma, à la différence que le réalisateur est entré depuis In The Mood For Love dans le cercle très convoité des réalisateurs cultes qui sont à ce jour les références mondiales du septième art.
Hinomura


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