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| Visitor
Q Film Japonais de Takashi
Miike |
| Avec
Kenichi Endo, Shungiku Uchida, Kazushi Watanabe, Shoko Nakahara, Fujiko |
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VISITOR
Q
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Takashi
Miike (Fudoh, Audition) est de retour
avec un film toujours aux limites de ce que l'esprit humain
est capable d'échafauder. Concentré de tabous
incontournables et cocktail vitaminé d'humour noir, Visitor
Q n'est pas à laisser entre toutes les mains. Du point
de vue diffusion ciné, ça ne devrait poser guère
de problème puisque le format DV du film empêche
sa diffusion dans la plupart des salles françaises et
il n'y a guère qu'à Paris ou Nantes que j'ai pu
voir ce film. Tourné en 5 jours avec un budget insignifiant,
Visitor Q est resté sous son format natif pour des raisons
purement financières. Il aurait été inconcevable
de tirer des copies d'un film qui n'avait rien coûté
et qui n'était pas sûr de rapporter. Dès
lors, le format DVD est une des seules manières de découvrir
ce film si comme votre serviteur, vous n'avez pas eu l'occasion
de le découvrir en exclusivité nationale. C'est
l'histoire d'un père de famille, reporter TV raté,
renvoyé il y a peu, qui couche avec sa fille qui se prostitue
et n'ose rien dire quand il rentre à la maison où
vivent sa femme et son fils qui la bat lorsqu'elle ne se soumet
pas à ses ordres, laquelle trouve refuge dans l'héroïne
pour s'évader de son quotidien glauque. Tout ce petit
monde vit en parfaite dés-harmonie, le père voulant
absolument se servir de son expérience familiale pour
tourner un documentaire sur la décadence de la société
japonaise et de la jeunesse en particulier. Son fils est un
bon exemple puisque la violence qu'il évacue sur sa mère
est celle qu'il a reçue de ses collègues de lycée
qui le tabassent. Un jour, un étranger arrive et s'installe
chez eux. Il va rompre un ordre établi et, par une influence
bizarre, renvoyer tout ce monde à des stades psychologiques
de la vie (scato, mammo, nécro). La mère se met
à sécréter du lait à la vitesse
d'une vache de compétition, le père trouve un
sujet rêvé dans le meurtre d'une de ses ex-collègues,
la fille revient à la maison et le visiteur assomme les
membres de la famille avec une pierre énorme. |
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Une fois
de plus, Takashi
Miike questionne les plus bas instincts de l'être
humain et les concentre dans un film riche en leçons
sur la société japonaise pour qui la connaît
un peu. Les autres n'y verront qu'un sommet de perversité
et crieront au scandale comme lors de la projection de La
grande bouffe à Cannes. Il faut au moins reconnaître
à Takashi
Miike sa créativité scénaristique
et son cynisme à traiter des sujets qui n'ont jamais
osé être abordés, du moins à sa manière.
Outre la prouesse technique du tournage en des délais
très courts, le film en lui-même n'est pas un modèle
du genre, mais il remplit un créneau jusque là
peu exploité, le film d'humour noir désaxé.
Ceux qui prendront au sérieux ce film, en sortiront épouvantés
(peut-être qu'un réalisateur ait réussi
à lire leurs pensées les plus viles ?), les autres
esquisseront un sourire, en reconnaissant bien là le
réalisateur le plus innovant de ces dernières
années. |
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