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VICTIM de Andrew Lau - 1999 - Polar / Thriller / Fantastique- HK
Avec
Tony Leung Ka Fai - Ching Wan Lau - Amy Kwok - Emily Kwan - Shiu Hung Hui - Yiu-Cheung Lai - |
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NOTE :
Steph :
7/ 10
MatriXa : 6/ 10
Résumé
L'inspecteur Pit enquête sur une affaire assez troublante. Manson Ma, un ancien informaticien, a été kidnappé puis relaché par ses kidnappeurs, qui l'ont laissé inanimé dans un hôtel prétendu hanté. Amy, la petite amie de Manson, trouve que son comportement a changé. Pit hésite quand au pourquoi de cette affaire. Manson est-il hanté par les esprits de l'hôtel, ou la vérité se trouve-t-elle ailleurs ? .
DVD Zone 2 disponible chez Asia-Diffusion
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| Critique MatriXa |
Le nom de Ringo Lam est familier à un pan entier de fans du cinéma d’extrême orient. Réalisateur hongkongais des plus respectés, il est surtout reconnu pour ses polars froids. Chef de file avec John Woo et Johnnie To du cinéma d’action viril, on l’attend généralement là où on l’espère. On lui doit des films comme, « Full Alert » (1997) ou « The Suspect » (1998) , qui offrent divertissement via scénario policier et combats de rue époustouflants mais aussi la série des « on fire » dont s’est inspiré Tarantino à savoir « City on fire », « School on fire » et « Prison on fire » Malheureusement, il est aussi à même de réaliser des films médiocres tels « Risque maximum », et « Réplicant » |
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Fin des années 90, l’Occident se tourne vers l’Asie suite à la vague « Ring », un film qui créera un genre éponyme . De cet enthousiasme, Ringo Lam saisit l’opportunité de réaliser un film qui, s’il fait appel souvent à des codes des films dits d’épouvante, n’a en aucun cas un quelconque intérêt pour ce registre.
« Victim ». Titre étrange... L’accroche : « Il y a des choses pires que les fantômes ». On aurait pu penser à une œuvre grand public puisque l’accroche « fantôme » est assez appréciée par celui-ci, mais il n’en est rien. La réflexion est de mise, et le film ne se consomme pas avec du pop-corn.
Manson Ma, un informaticien à temps partiel, est enlevé par deux hommes cagoulés dans son parking, puis retrouvé dans une maison réputée hantée depuis qu’un père de famille s’y est suicidé avec son enfant, après avoir tué sa femme qu’il soupçonnait d’adultère.
De retour auprès de sa compagne, Manson Ma n’est plus le même homme : il semble possédé et sa petite amie commence à avoir peur de lui L’inspecteur Pit essaye de comprendre qui l’a enlevé, mais lui et ses collègues font face à un mur.
Ringo Lam s’emploie durant l’enquête à entretenir une ambiguïté entre des évènements d’ordre rationnel et la possibilité de l’existence de forces paranormales autour de cette affaire.
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Lam , à dire vrai, ne s’intéresse pas à l’univers des fantômes. Dans son univers ce ne sont pas les spectres qui sont les plus angoissants mais les hommes et leur folie.
LAM choisit en fait une approche réaliste ; tout d’abord, un enlèvement. On est dans le registre du polar. Puis, Pit (Tony Leung Kar Fa) récupère Ma (Ching Wan Lau) dans l’hôtel et là, le film bascule vers quelque chose de plus étrange. En ajoutant une touche de paranormal, Ringo Lam s’autorise une mise en scène qui joue avec les cadrages et les ambiances sonores afin de mieux nous désorienter. |
Par exemple, la réalisation accentue l’étrangeté du comportement de Ching Wan Lau en montrant peu son visage lors de sa détention au commissariat après qu’il ait été retrouvé dans l’hôtel. En outre, certains sons d’animaux se manifestent dès qu’il parle afin de créer autour de lui une ambiance inhabituelle. .et ceci simplement afin de nous confondre sur des pistes contradictoires : possession, folie, mascarade ? Aucune réponse ne s’avère adéquate à nos interrogations.
Enfin, en son milieu, le film prend soudain à nouveau une autre voie, déstabilisant le spectateur, et ce jusqu’au final.
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L’étonnement et la surprise, sont ainsi de mises devant « Victim » . Seuls quelques éléments indiquent qu’il s’agit bien d’un Lam . L’action est filmée avec une virtuosité qui lui est personnelle indubitablement : plan rapproché ou large plan de groupes, caméra à la première personne puis à la troisième. Les combats sont épurés, les coups échangés rapides et létaux. Et il est vrai que la violence avec Lam n’est pas affaire d’esthétisme mais de réalité crue. Néanmoins, là où l’on peut-être intrigué est que l’histoire de « Victim » vient beaucoup plus de la réalisation en elle-même. |
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D’un point de vue esthétique, on découvre une approche « Hitchcockienne » faite de plans frustrants où le spectateur ne peut tout voir, et où les protagonistes savent mentir pour arriver à leur fin. La réalisation est féconde en tensions mais ne sait pas installer l’angoisse. Lam cherche visiblement à être réaliste dans sa technique, ce qui rend le film plus crédible mais aussi, moins angoissant puisque dans le réel. C’est là où il est dommage de constater que la mise en scène n’arrive pas à hauteur du scénario, et c’est la frustration majeure qui se ressent après avoir vu « Victim ». Un goût de « pas assez » , d’inabouti. Jamais Lam ne plonge vraiment dans l’intime, le vécu d’un personnage qui semble pourtant être une pièce maîtresse du scénario. |
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Et en effet, Lau Ching-Wan porte sans compter le rôle difficile de cet homme torturé par des démons qui envahissent son existence toute entière .. Tour à tour flegmatique, dépressif, agressif, exalté, il sait imposer le malaise par l’exposition de la folie humaine. En fait au-delà de l’ambiguïté servit par son personnage, sa démence que l’on découvre petit à petit correspond parfaitement aux comportements étranges que de nombreuses personnes avaient eu à Hong Kong suite au krachs boursiers de 1997. .
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De nombreuses personnes avaient fait faillite ce qui les avaient conduit à adopter des conduites étranges ou extrêmes (Ringo Lam évoque d’ailleurs au cours de son film ce phénomène, et la banalisation collective des troubles mentaux que cet effondrement économique a pu créer). Concentré sur Chin Wang Lau, il élude le vécu des personnages qui forment la constellation du héros. Leur psychologie est peu abordée comme si Lam était pressé d’en arriver à la mise en relief du ressenti de son héros.. Le pire étant que les autres acteurs ne sont pas de simples faire-valoir, et qu’ils permettent de s’interroger sur le titre du film. Qui est réellement la victime ? De cette confusion maladroitement entretenue, on comprend que la victime n’est jamais celle que l’on croit.
Chacun est une victime potentielle. Le héros comme son épouse et le policier sont obsédés par des thèmes récurrents dans la filmographie de Ringo Lam, à savoir la morale comme l’éthique, ainsi que l'ambiguïté humaine qui privent du confort qu’offre le manichéisme en rangeant les individus comme les jugements en deux camps opposés . |
Le film se transforme alors peu à peu en une œuvre noire qui si elle est riche en éléments d’intrigue ne va pas au bout de ses ambitions. Lam préfère visiblement filmer que raconter, donner du sens et effleure des idées scénaristiques de génie sans jamais les approfondir.
La fin quant à elle, pourra en décevoir plus d’un tandis qu’elle satisfera les amateurs d’un genre que Lam n’apprécie pourtant pas. Elle soustraie littéralement le film d’une amplitude scénaristique qui aurait eu tout à gagner à persévérer dans l’approche réaliste.
De ce fait, si l’on est déjà dérouté par une telle réalisation dans le parcours de Lam, on aura d’autant plus de mal à adhérer à ce mélange des genres opportuniste.
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« Victim » se révèle au bout du compte être l’histoire d’un maître du polar Hong Kongais et qui ayant besoin d’argent pour produire son film, utilise des ingrédients large public qu’il ne sait ni exploiter ni imbriquer .à un scénario qui était à la base excellent. Il a néanmoins l’avantage de nous permettre de saisir le pouvoir économique de l’industrie cinématographique sur le travail des réalisateurs. Et en cela, Lam est la victime de ce système : en ayant accepté d’intégrer le surnaturel à son film dont le propos est totalement hors sujet avec cette thématique.
Sachez qu’Asian Star propose en bonus à ce dvd plusieurs scènes commentées par Ringo Lam, privilège estimable car inédit jusqu’à ce jour . |
Sorte de polar surnatural, thriller enigmatique Ringo Lam (Full Alert ... ) signe ici un film particulier dont la qualité flirte avec celle de Full Alert, bien que différent et à mon sens inférieur. Ringo Lam met en scène des personnalités torturées par leurs propres angoisses autour d'une histoire de meurtre, un face à face psychologique de personnes perdus dans un scénario entre fantastique et policier dont l'intréprétation de qualité des deux principaux personnages permet à The Victim de se garder une place dans le camp des bons polars. D'un côté Lau Chung Wan ( Full Arlet,
The Longest Nite ,
Running Out Of Time), de l'autre Tony Leung Kar Fai, (
A better Tomorrow 3, Double Vision) assure à The Victim un gage de qualité, d'autant qu'ici, les deux acteurs sont vraiment très bons.
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The Victim se démarque par cet aspect angoisse / thriller / psycho polar interprété par deux acteurs excellents, une neccessité impérative au regard de la complexité des personnages. Cela dit, le film ne sachant pas vraiment ou se situe la limite du genre polar ou angoisse, certain peurront ne pas apprécier ce manque de prise de position et pourront être dérangés par ce double genre. The Victim reste un bon film avec aux commandes Ringo Lam. |
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