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VIBRATOR
de Ryuichi Hiroki - JAPON - 2003
Avec Shinobu
Terashima et Nao Ohmori
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VIBRATOR
: 2003 - GENRE : Drame
Psychologique - NOTE : 8
/ 10
Résumé
Rei Hayakawa entend sans cesse des voix dans sa tête. Celles-ci
perturbent énormément son équilibre psychologique
et comportemental. Elles lui font avoir des crises de boulimie et
danorexie, lempêchent de dormir et la poussent
à senivrer dalcool. Un soir, dans une épicerie,
Rei rencontre par hasard Okabe, un jeune routier. Elle décide
inopinément de faire la route avec lui. Peu à peu,
ses voix intérieures se font moins entendre, son corps sabandonnant
aux vibrations du camion.
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Critique
:
A ce titre ambigu, nombre d'entre vous vont être irrépressiblement
attirés par autre chose que ce qu'il dit vraiment. "Vibrator",
ni plus ni moins que "quelque chose qui crée des vibrations".
C'est ce que le film porte en incipit. Mais de fait, "ce film
peut être interprété de façon personnelle,
donc j'attends de vous une vision personnelle". C'est Nao
Ohmori qui le dit. Il joue Okabe, un jeune routier dans le film
de Ryuchi Hiroki. Et d'après le passé licencieux
de ce dernier, il eût été naturel, en effet, de
s'attendre à de nouvelles tribulations masturbatoires en territoires
non conquis. Mais il n'en est rien. Rassurez-vous ou désolez-vous.
Vibrator est d'abord une libre adaptation du roman homonyme de Mari
Akasaka où elle dépeint la regénération
et la satisfaction de la femme moderne à travers le regard,
le son et le toucher.
Rei Hayakawa (Shinobu Terashima), pigiste pour des magazines
entend des voix à l'intérieur. Des voix comme celles
de sa mère, des camarades d'école et aussi la voix de
ses propres sentiments, refoulés. Mais ces voix lui sont douloureuses.
Elles la perturbent, l'empêchent de dormir, l'amènent
à se réfugier dans l'alcool et entraînent des
désordres alimentaires comme la boulimie et l'anorexie. Une
nuit, dans une épicerie-relais, tandis que ces voix sont toujours
présentes, elle rencontre Okabe. "Je veux le toucher"
lui disent ses premières voix. Elle embarque alors inopinément
avec lui pour un voyage, son corps s'abandonnant progressivement aux
vibrations du camion, éteignant peu à peu les voix dans
sa tête.
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C'est donc à un road-movie
tourné en huis clos que l'on assiste, dont la cabine
du camion devient l'avant-scène. Deux âmes esseulées
s'attirent dans la nuit, l'une fuit ses voix, hantée
par un passé semble-t-il troublé, l'autre content
de trouver là une compagne de voyage et plus si affinités.
Chacun s'invente une histoire (femme, fille, petit ami, passionaria
).
Le sexe les unit mais bien plus que ça. Rien n'est plus
beau et plus cruel que deux êtres qui s'aiment et refusent
de se l'avouer. Deux êtres s'attirent et seul le repos
des chairs aide à curer le mal, apaiser les souffrances.
Ryuichi Hiroki a construit son film sur une grande variété
de représentations du dialogue. D'abord les sous-titres,
véritable transcription des échanges entre les
deux personnages, ce qu'Hiroki appelle un "two-man show",
les codes échangés à l'invisible à
travers la CB et les voix de Rei, dialogue avec elle-même.
Séquences introspectives rendues par interludes, comme
dans un film muet, elles parviennent pertinemment pour soulager
d'explications superflues. Film muet car d'ailleurs l'essentiel
n'a pas besoin de mots. les propos pourtant nombreux s'étendent
en spécifications techniques, portent sur la façon
d'ouvrir un club de Yakuza ou de contrôler des hôtesses,
sur les meilleures drogues ou les pires, bref tout ce qui comble
nos conversations quotidiennes pour mieux éluder la vérité |
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Par ailleurs, le film est ponctuellement
animé de thèmes célèbres du style Pat
Boon et Happy End et d'images vibrantes et colorées de la
cabine ou de l'extérieur afin de souligner les espaces traversés
dont Hiroki a filmé les fluctuations avec une autre caméra.
Et quand la musique prend le dessus, les dialogues deviennent paroles
de clips, le camion une boîte à rythmes dont les vibrations
entraînent les deux compagnons de route vers leur destination.
Les séquences du passé, elles aussi traitées
avec un filtre, (DV gonflé en format 35 mm et Noir et Blanc
parfois) nous permettent d'effleurer la vie tumultueuse de Rei,
de combler ces espaces laissés blancs entre ses voix, des
voix qui l'assaillent comme le héros de Drive, autre
film japonais de Sabu
présenté lors de ce festival, dans un tout autre genre
mais qui nous montre encore combien, les thématiques et les
préoccupations se répondent.
D'alcool comme seul compagnon, "Ô Madonna, délicieuse
Madonna", Rei se retrouve à "Voyager en compagnie,
le monde vous sourit". Remède à son désarroi,
Okabe n'en est que passager. Passager et conducteur à la
fois. Mais sera ou saura-t-il être plus que ça? Rei
pourra-t-elle prendre en main son destin? Comme un 4 tonnes ou comme
une hirondelle? Elle l'ignore encore. Ce qu'elle sait, c'est que
"c'était bien, je me sens mieux pour l'instant. Si on
réessayait!" Madonna, délicieuse Madonna
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Mystere
Vic
Mars 2004 Festival du Film Asiatique de Deauville
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