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Un taxi à Pékin est le quatrième long métrage de Nin Ying et le dernier volet d’une trilogie sur la capitale chinoise. Auparavant les deux premiers traitaient du passé de la ville, le premier il y a de nombreuses années, le deuxième il y a peu (respectivement selon les années de réalisation). Un Taxi à Pékin est quant à lui une vue d’actualité sur cette métropole.
Nin Ying arbore la vie d’un chauffeur de taxi toujours absent de chez lui. Son travail lui prend énormément de temps et sa femme ne supporte plus cette situation, car toujours seule ou en compagnie de sa belle mère, loin d’être de la même génération.
Elle souhaite ainsi divorcer et Feng De accepte avec réticence la demande de sa femme. Il ne comprend pas vraiment sa démarche puisqu’il lui laisse une grande partie de son salaire pour vivre. En fait, il est loin d’avoir saisie la cruauté de l’absence…
Le Bureau de conciliation tentera à freiner ce divorce, en vain et malgré les diverses injonctions commises. Une fois le divorce entamé, Feng De se retrouve seul mais libre et va s’employer à profiter de cette dernière. |
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Sa situation financière est loin d’être mauvaise car un chauffeur de taxi gagne bien sa vie. Cette raison est l’une des principales clés du succès avec les filles, si l’on ajoute encore son physique de beau gosse et sa répartie. En bref, Feng De a un fort potentiel de réussite sentimentale et sexuelle. Il profite de son outil de travail pour rencontrer de nombreuses femmes et les charmer lors du trajet. Parfois avec succès, comme une employée de bibliothèque succombant au charme de Feng De. Mais peut il jouir éternellement de cette liberté ? La réalité et les responsabilités le rappellent alors à l’ordre. |
Dans cet excellent long métrage, la réalisatrice chinoise Nin Ying aborde la Chine d’aujourd’hui dans ses relations sociales et dresse un portrait fidèle de la géographie économique pékinoise. Par une idée simple mais subtile - suivre l’évolution d’un homme et d’une ville par le prisme d’un taxi - Nin Ying entame l’une des meilleures œuvres sur la ville et bien plus.
En effet, le cinéphile découvre ébahit, par la fenêtre d’un taxi, l’une des plus importantes villes au monde. De ses quartiers pauvres en construction à la place Tienanmen, ou à quelques lieux cachés comme une petit « Central Park » et une université dont la statue de Mao siège en hôte de bienvenue, la réalisatrice donne à voir une très belle ville, en pleine évolution, en pleine mutation. Ainsi, fini les petites maisons, grand luxe d’autrefois, place maintenant à de très hautes tours construites par des ouvriers venus de la campagne pour y trouver travail et confort. Mais subsiste encore ces quelques lieux de paupérisme en périphérie où Feng De ira même jusqu'à défroquer un père et son garçons n’ayant pas d’argent pour payer le trajet.
Cette mutation de l’urbanisme est la résultante d’une forte évolution économique qui perturbe aussi un cercle de métier comme celui des chauffeurs de taxi. Victimes de cette forte économie où les pékinois peuvent s’acheter une voiture, où les autres moyens de locomotions deviennent plus efficaces, ils perdent petit à petit des parts de salaires. La loi elle aussi a bien changée et empêche les vieux taxis de rouler ce qui risque de tuer le métier car nombre de chauffeurs se sont payés une seule voiture durant toutes ces années de labeur et n’ont pas la possibilité économique d’en changer pour respecter les normes infligés par les autorités …
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La réalisation pertinente de Nin Ying empêche de penser à ces scènes de découvertes tel un documentaire quelconque, bien au contraire puisqu’elle s’accompagne toujours d’une proportion sociale dégagé par Feng De, en proie à sa propre ville. Son destin nous dévoile la vie difficile des chauffeurs de taxis mais surtout déterre de nombreuses questions d’actualités de la métropole pékinoise. Sur les relations houleuses qu’il développe avec les femmes, Nin Ying nous interpelle sur les sentiments des nouvelles générations, loin des valeurs séculaires de leurs parents.
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Feng De croise ainsi de nombreuses femmes toutes dans des situations plus difficiles les unes que l’autres ; certaines avec toute leur famille à nourrir, d’autres psychologiquement instable. Est-ce donc les effets subversifs de l’évolution de la ville ? Il y a fort à parier, oui. D’ailleurs dans une scène saisissante, en pleine immersion dans le taxi, le cinéphile découvre une femme ronde et aisée financièrement qui gesticule de bonheur alors que sur un second plan, de nombreux ouvriers de la campagne construisent une tour sur un échafaudage en bambou. Le fossé qui sépare ces deux personnes est abyssal, et les ouvriers provinciaux plus en plus nombreux aussi, donnent lieu à un exode rural massif vers les grandes villes.
Ainsi, Un taxi à Pékin ne manquera pas de vous charmer par son approche sociale, sa beauté visuelle, sa musique envoûtante et surtout, point très important, par un ton proche de la comédie, renforçant encore plus le malaise de la métropole.
Une trilogie terminée en apothéos. |
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