Critique : The Sword
l'histoire est à la fois simple et compliquée,
un jeune disciple d'arme part à la recherche de
celui qui lui révélera ses propres limites.
Tout au long de son parcours, il fait des rencontres qui
se trouveront liées à sa quête. Une
jeune femme trépidante d'aventure qui lui propose
de veiller sur lui, une amie d'enfance devenue la femme
d'un autre, le mari de celle-ci et son serviteur, une
femme devenue sa salvatrice, et enfin le grand maître
réputé pour son épée et son
art martial. Ce dernier est sollicité par tous
les jeunes chevaliers désirants prouver leur suprématie
dans le maniement du sabre. Tous ces personnages compliquent
l'intrigue par les liens qu'ils tissent entre eux, formant
une gigantesque toile d'araignée autour du caractère
principal. La quête du pouvoir devient une quête
spirituelle où le jeune Li Mak Yin remet en cause
ses convictions sur la vie.
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Le héros du
Wu Xia Pian classique trouve une place décalée,
son statut est devenu problématique, au bout de
sa quête il ne trouve pas le pouvoir mais il se
retrouve. Ce grand film nous livre des images somptueuses
autant dans les scènes de combats que les scènes
d'intrigue amoureuse. La mise en scène accompagne
avec brio le parcours du combattant, l'arrière
plan et l'avant plan subissent une confrontation, le trajet
entre l'arrière et l'avant du plan se manifeste
par la netteté de l'image, à plusieurs reprises
un personnage passe du flou à la netteté.
Cette esthétique marque l'originalité du
film, elle met au même rang le héros de l'histoire
et les autres personnages, ils sont tous confrontés
à une phase de réflexion. La psychologie
est mise en avant par rapport à l'action. Chaque
plan n'est pas innocent, il illustre les thèmes
fondateurs du film, l'épée maléfique
et la soif de pouvoir ne servent que de prétexte
pour amener des questions existentielles sur l'homme.
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| Les scènes de
combat sont chorégraphiées d'une telle façon
que tout est chargé de sens, le "méchant
" (le serviteur du mari de l'amie d'enfance de
Li) qui n'en est pas un finalement car celui ne fait
qu'accomplir les ordres de son maître, se bat comme
un traître, caché, il porte des coups en
douce comme pour signifier son illégitimité
à affronter le héros, d'ailleurs son mutisme
et ses attitudes l'associe à un animal dressé,
on ne verra que le vrai méchant dans le combat
final du film. |
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Comme dans tous les Wu Xia Pian
, la fameuse scène de tous les duels est présente
,où le coup d'épée simultanée nous
offre l'attente du vaincu, les visages sont impassibles, les
corps tressautent, un filet de sang apparaît, et nous
indique la fin du combat. Patrick
Tam n'oublie pas les codes essentiels de ce genre,
il ne fait que d'en rajouter ou de les modifier par des choix
de mise en scène, par exemple il exploite les gros plan
sur les visages, afin d'appuyer sur la psychologie de l'être
humain et non l'action du héros. Ces choix nous révèlent
le véritable sujet du film, ainsi remet en cause le wu
xia pian classique, ici Li n'est pas un héros,
mais un jeune chevalier qui fait un voyage initiatique, son
éducation passe par la rencontre avec les différents
personnages cités plus haut, il acquiert les notions
de responsabilité, de respect, de reconnaissance qui
font de lui un homme à la fin du film, son héroïsme
est dans cette quête devenue spirituelle.
Patrick
Tam réussit un coup de maître, il
nous offre un regard novateur sur ce genre en déclin
dans les années 80, la modernité de sa réflexion
est palpable à tous les niveaux, autant sur le fond que
la forme du film. D'ailleurs cette modernité se reflète
sur les rôles féminins, les personnages secondaires
sont occupés par trois femmes, elles éduquent
Li chacune à leur façon. Les caractères
masculins ne sont que les vestiges du genre : il y a un méchant,
le serviteur de celui-ci, et le vieux maître, ils sont
là comme les épées intégrés
au décor, ils ne font pas avancer l'intrigue mais sont
essentiels pour la survie du Wu Xia Pian. |