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Note : 8/10
Résumé :
Sun Jae découvre un jour son époux au lit avec une maîtresse portant des souliers provenant de sa collection. Déménageant sur le champ avec sa fille Tae Soo, elle intégre un nouvel appartement. Dans le métro, elle trouve une paire de chaussures. Attirée, fascinée, elle les chausse et ressent un épanouissement quasi-extatique qui la rend des plus séduisantes. |
Profitant de la ferveur internationale pour les films d’horreurs sophistiqués et exotiques, la Corée explore ces dernières années le champ de toutes les possibilités pour obtenir ce que la jeunesse actuelle veut : de la peur mêlée à de l’innommable.
Après les « Whispering corridors », les « Scary Hair ou The Wig », les « Wishing stairs », le très mauvais « Ring Virus », les « 3 histoires de l’au-delà » suivies de « Three extremes » « Red eye » « Nightmare » et « Phone », pour ne citer qu’un simple panorama .. « The red shoes » apparaît, non seulement au vu du titre mais des éléments « bankables » qui l’impulsent à être projeté comme un simple film de plus, jouant avec les mêmes ficelles, proposant du style, de l’esthétisme mais beaucoup de pâles et maigres copies des cinémas du genre dont le Japon et les USA sont à ce jour les plus experts.
Et bien, non. Non. Non, le contenant n’est pas à l’image du contenu. Il est d’ailleurs totalement ridicule face à l’amplitude que porte ce film qui aurait pu s’appeler « La femme ».
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Une femme heureuse en ménage, ayant une adorable petite fille. Découvrant son ami avec sa maîtresse, le rêve s’effondre et il faut se séparer. Madame décide donc de se trouver un nouvel appartement et de refaire sa vie. De son mari, on ne sait pas ce qu’il est advenu, mais de ses désirs ont sait à présent qu’ils prennent vie.
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De la simple découverte d’une paire d’escarpins roses dans une rame de métro, notre héroïne fétichiste des souliers qu’elle expose dans son salon, voit sa vie se transformer. En les portant, elle se sent plus femme, plus épanouie, plus désirable et surtout libre. De ces attraits force est de constater qu’il n’y a pas de partage. On veut être la femme et non pas une parmi les autres.
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Et les amies comme la petite fille, désirent ce que Madame a qui l’a rendu si plus femme qu’elles. Agressivité, jalousie, envie, violence, tout est bon pour garder ses chaussures de toutes les autres femmes. La petite fille elle même voit les chaussures de Maman épouser parfaitement ses petits pieds et la rendre soudainement .. femme ..L’Œdipe est au rendez-vous mais aussi, et là est la force toute entière du film : la question de ce qu’est être une femme. Ces chaussures sont elles la réponse ?
Mais attention .. à celle qui vole les chaussures, le trépas est garanti mais nul ne sait qui commet les crimes et encore moins notre héroïne.
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Explorer le fétichisme en psychanalyse rendrait plus abscons l’analyse, mais sachez que pour trouver chaussure à son pied, il faut deux sexes et que le soulier matérialise la femme idéale pour le pied de l’homme désiré. Si cette perversion est très souvent masculine, c’est parce que l’homme y trouve un objet représentatif de cette femme, plus-femme-que-toutes-les-femmes-réunies. Lorsqu’elle est alors empruntée par une femme, cette perversion ne sert qu’à incarner cet objet de Femme. Ce qui est le cas de notre héroïne et de toutes les femmes qui vont alors tourner, envier, désirer cet objet qui lui donne un plus de féminité.
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A travers une mise en scène à la fois presque quotidienne, permettant de nous familiariser avec nos personnages, puis soudain fantastique, où les couleurs virent au rouge vif, au vert glauque et à la pénombre lourde et hostile, on accompagne nos héros vers des découvertes morbides où les chaussures ont toujours un rapport avec les faits.
Simple film d’horreur ? Surtout pas, quand le film de genre attaque là où l’homme trouve tous les échos à ses questions sans réponse .. il vise juste et il perturbe. Kim Hye-Su qui habite le rôle de la mère avec une réelle dextérité dit d’ailleurs : « Ce film satisfera ceux qui veulent voir un film d’horreur aussi bien que ceux qui veulent voir quelque chose de différent et bien plus complexe ».
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N’y allez donc pas avec une idée d’un divertissement riche en frissons, vous passerez à côté du travail parallèle du réalisateur : la question universelle qui fait que son film parle à toutes les cultures. Cette question, chaque femme tente d’y trouver une réponse. Et le réalisateur, de ne tenter ici que de comprendre et s’émouvoir de cette absence de réelle identité sans les oripeaux désignés beaux par l’autre sexe. |