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The
Coast Guard de Kim Ki Duk
- Corée Sud - 2002
Avec Jang Dong-gun, Kim Jeong-hak, Park Ji-a, Yu Hye-jin |
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THE
COAST GUARD
: 2002 - GENRE : Action
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Note : Mystere
Vic - /10
Note : Hinomura
-8 /10
Résumé
Un garde-côte militaire est chargé de surveiller une
frontière entre la Corée du Nord et la Corée
du Sud, afin de débusquer déventuelles incursions
espionnes. Un soir, un couple imbibé dalcool pénètre
sur la plage, dans la ligne de mire des soldats.
DVD Zone 2 disponible chez Asia-Diffusion
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Mystere
Vic
Mars
2004 Festival du Film Asiatique de Deauville |
En
Corée du Sud, sur la frontière qui sépare aujourd'hui
les deux frères ennemis, une base militaire côtière
est chargée de veiller à ce qu'aucun espion nord-coréen
ne pénètre sur le territoire. Pour la plupart des soldats
qui effectuent là leur service militaire, cette mission relève
plus de la corvée que d'un acte de foi. Le soldat Kang (joué
par Jang Dong-Gun) mis à part qui prend cet acte de patriotisme
très à cur. Il n'aspire qu'au jour où il
pourra abattre un espion ce qui l'attire dans des échauffourées
avec les bandes de voyous du coin. Un soir tandis qu'il monte la garde,
il aperçoit une ombre sur la plage. Kang ouvre le feu et finit
l'espion avec une grenade. Mais il constate sur place que l'homme
qu'il avait cru être un ennemi du Nord n'était en fait
qu'un des jeunes civils qui faisait l'amour avec sa dulcinée
Mee-Young. Kang est toutefois félicité par ses supérieurs
qui lui offrent même une permission. Mais le première
classe fait acte de contrition. Face à sa conscience et à
la douleur des civils, il ne peut se pardonner et sombre progressivement
dans une folie qui prend pour cible ses anciens supérieurs
et subordonnés. De son côté, Mee-Young
(sublime Park Jee-Ah, ici dans son premier rôle) perd
également la tête et croit voir son amant partout, jusqu'à
coucher avec tous les hommes de la base.
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The Coast guard devait "montrer
l'absurdité et l'aberration de la séparation
Nord-Sud" dont de plus en plus de blockbusters ont
fait leur fond de commerce. Kim Ki-Duk devait apporter sa
touche personnelle à l'édifice mais contrairement
à ce que l'on pourra en dire, et à un Suleiman
dans le cas du conflit Palestine-Israël, il passe à
mon avis à côté de son sujet. Kim Ki-Duk
comme à l'accoutumée se complaît à
mettre ses protagonistes sur la corde raide entre humanité
vibrante et folie douce-amère. Ici il nous présente
d'ailleurs deux individus qui sombrent dans la démence,
l'une pour avoir accompli son devoir avec trop de zèle,
l'autre pour l'avoir subi en plein visage. Le réalisateur
a toujours des recettes bien rôdées qui font
osciller son uvre entre film de genre et thriller psychologique
et aboutit ici à un (double) carnage dont l'un fait
le parallèle avec le film indien Matrubhoomi que nous
avons vu lors de ce festival et l'autre vaguement référence
aux tireurs embusqués d'un Battle Royale. Mais encore
une fois, le film se perd dans des longueurs et, tout en s'éloignant
de son fil conducteur, la folie des deux personnages principaux,
veut politiser son discours en condamnant plutôt mal
que bien la division politique de la Corée.
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Peut-être
Kim Ki-Duk pèche-t-il par trop d'exhaustivité
- et encore trop d'hameçons! En voulant confronter son
propre passé de Marines, il veut marquer le récit
de sa discipline, ne pas témoigner de l'absurdité
de cette division mais de celle des hommes qui en sont à
l'origine. Cependant, il concentre trop son attention sur l'aspect
militaire au point d'en faire un Full-metal jacket à
la coréenne.
Nonobstant que dans ce dernier, la deuxième partie permettait
de mettre l'accent sur l'absurdité de la guerre en général,
sans d'ailleurs l'appliquer particulièrement à
celle du Vietnam qui fut ô combien meurtrière pour
les deux camps. Le soldat Kang est le rejeton de cette folie
qui a gagné les hommes en 1953.
Et Mee-young la victime innocente d'un viol continental
qui a engendré mort et famine. Comme la chanson, ode
au passé que récite Kang au cours du film - que
Jang Dong-Gun, également chanteur, s'est d'ailleurs
forcé à chanter faux - pourquoi ne pas avoir tenté
d'explorer cet espace de réconciliation entre la victime
et son bourreau dont il avait amorcé la possibilité
à la suite du drame? Syndrôme de Stockholm avorté,
nous n'iront pas plus loin dans cette relation et ne sauront
pas qui devient quoi. Un match entre les deux camps, les barbelés
séparant le régime totalitaire communiste de la
"démocratie" sud-coréenne.
Où résident les frontières? Qui est vraiment
fou? Kim Ki-Duk ne tranche pas et c'est peut-être là
le défaut de Cost Guard. |
| Critique
Hinomura : Note - 8/10 |
Le réalisateur
Kim Ki-Duk
porte avec The Coast Guard une estocade des plus virulentes
au système militaire coréen. Au lieu d'en faire
un blockbuster commercial, le cinéaste en conçoit
une uvre psychologique et dramatique.
L'éthique militaire est ici mise à mal par un
conditionnement dont le soldat Kang (Jang Dong Gun) en fera
les frais.
Ne jamais discuter les ordres: ne jamais réfléchir.
Dans cette optique, Kang commet ce qui sera pour lui l'irréparable
Lors de sa garde de nuit sur la plage, il observe au loin un
corps derrière un rocher en train de gesticuler. Ce qu'il
ne sait pas, c'est que ce corps est celui d'un jeune homme accompagné
de sa petite amie Mee Yah (Park Jee-Ah), alors que la plage
est strictement interdite aux civils.
Maintes fois Kang entendit ses supérieurs proclamer haut
et fort que seul les espions nord coréens abordaient
les côtes, la nuit, afin de découvrir les secrets
des défenses sud coréennes.
Maintes fois encore il entendit les rumeurs de ses amis soldats
qui touchèrent primes et permissions de sortie lors de
l'assassinat d'espions.
Alors le doigt fléchit sur la gâchette, ses instructions
et son stress comme seul excuse, Kang appuit et tire une rafale.
La cible s'écroule
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Honorer par ses pairs et détester
par les villageois, le soldat se voit remettre les félicitations
de ses supérieurs ainsi qu'une permission de sortie. Ne comprenant
pas encore les conséquences de son acte, il rencontre Mee Yah
complètement perdue, sans âmes, errant dans la nature
comme si la vie l'avait quitté. Stupéfait de cette situation,
Kang se remet de plus en plus en question et se révolte contre
les siens en devenant l'initiateur d'un massacre et d'un chaos total
au sein de la base
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En abordant l'une des
plus douloureuses facettes de la société coréenne,
Kim-Ki Duk nous offre une chance de comprendre d'avantage le
système militaire d'un pays dont les blessures de guerres
sont encore profondes. L'efficace utilisation de deux points
de vue, celui du tireur et celui de la petite amie, se rejoignent
pour dénoncer une organisation barbare et illégitime
maintenant les illusions d'une forces armée sous pression.
Un jeu d'acteur excellent, servit par Jang Dong Gun (aka Jang
Dong-Geon) et Park Jee-Ah, complète une réalisation
sans faille, même si certaines longueurs dans la dernière
demi heure du film sont à noter.
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The Coast Guard nous
laisse réfléchir à la condition humaine
de ses soldats, de cette pauvre Mee Yah (qui subira les sévices
des militaires) et nous pose une réelle question :
Quelle est la vraie folie des hommes ? Est -ce celle de Kang
qui la conduira à sa fin ? Ou celle de ceux qui le regarde
se détruire ?
Kim Ki-Duk réussit ainsi à capturer, le temps
d'un long métrage, la réalité abjecte d'une
société insouciante. Une leçon de cinéma.
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