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BIRD
PEOPLE IN CHINA de TAKASHI
MIIKE - JAPON - 1998
Avec Renji
Ishibashi, Mako, Masahiro Motoki, Li Li Wang, Michiko Kase, Yûichi
Minato, Tomohiko Okuda, Manzô Shinra
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BIRD PEOPLE from CHINA : 1998 -
GENRE : Cinéma poétique
- NOTE : -
/ 10
Résumé
Trois improbables voyageurs partent pour la région montagneuse
du Yun Nan en Chine, chacun avec un but très différent.
Mr. Wada, un jeune cadre dynamique, a été envoyé
là-bas par son patron afin de trouver un fabuleux gisement
de jade. Mr. Ujiie, un yakuza caractériel, lui emboîte
le pas afin de sassurer quune partie du trésor
reviendra à son clan. Enfin, Mr. Shen, un flegmatique interprète
qui leur sert de guide, veut devenir riche afin dinstaller
lélectricité dans son village. Après
avoir emprunté différents véhicules de plus
en plus primitifs, ils atteignent finalement leur destination et,
transformés par la pureté et la beauté du lieu,
oublient progressivement le but de leur périple
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CRITIQUE
PAR MYETRE VIC :
BIRD PEOPLE FROM CHINA
Chugoku no Chojin
Voilà un film qui, si d'aventure il avait été
présenté en compétition, aurait vraisemblablement
emporté l'adhésion générale. Fait rare
avec Takashi
Miike qui nous a plutôt habitué à
des uvres chargées, alambiquées et polémiques.
Ici, ce film de 1998 raconte une histoire simple, mêlant road-movie
initiatique (encore un dans cette sélection 2004) et
réquisitoire philosophique sur l'impact de la civilisation.
L'impact, il a eu lieu, il y a de nombreuses années, dans cette
vallée de Chine continentale, au-delà de Cheng-Du, dans
les montagnes du Yun Nan. Mais nos trois compères l'ignorent
encore. Car il s'agit d'un trio qui remonte le temps comme ils s'enfoncent
dans les régions les plus reculées du continent, dans
un vieux village, figé par les années où l'habitant
le plus âgé n'a jamais entendu parler de Mao Tse Tung.
Au début de l'histoire, M. Wada (Masahiro Motoki),
un jeune cadre d'entreprise greffé à son portable, dictaphone
et dictionnaire électronique a été chargé
par son patron de négocier l'exploitation d'un filon de jade
dans la région.
M. Ujiie (Renji Ishibashi), un yakuza nerveux a été
envoyé par son parrain pour s'assurer qu'une partie du filon
reviendra à son clan en remboursement de certaines dettes.
Enfin M. Shen (Mako, vu dans 7
ans au Tibet notamment) est l'improbable interprète
et guide de la troupe qui veut s'enrichir et apporter l'électricité
dans son village. De véhicules primitifs en algarades brûlantes,
les trois hommes rejoignent finalement leur destination et trouvent
ce qu'ils étaient finalement venu y chercher. Mais ce village
inexpugnable, épargné par toute modernité, hors
de portée du gouvernement, parlant une langue vernaculaire
est un lieu où la magie et les mythes ont autant de force que
la beauté spectaculaire de ses paysages. Ils découvrent
alors quelque chose d'encore plus précieux. Un mystère
incroyable incarné dans une jeune villageoise aux yeux bleu
ciel qui enseigne aux enfants l'art de voler et entonne à demande
une mélodie atavique. Tandis que Wada et Ujiie recherchent
avec une soif inextinguible l'origine de cette énigme, le but
de leur quête se met à changer. |
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"Depuis que je suis né,
j'ai dormi plus de 10 000 fois. Et pas une seule fois il ne
m'est arrivé de rêver que je volais". On
se croirait plongé dans un monde Miyazakien mais c'est
en scope et décors naturels que Bird people in China,
basé sur une histoire de Makoto Shiina, également
inspiré d'un documentaire sur le Yun Nan, a été
tourné. En quasi totalité dans cette région
du Sud-est de la Chine. Des tortues comme attelage pour remonter
le courant, une école où l'on apprend à
voler, de mystérieuses pierres où sont gravées
un pictogramme pouvant détenir les origines de la civilisation
japonaise. C'est un flashback mais le récit pourrait
aussi bien être contemporain d'ailleurs on ne sait trop
à quelle époque il fait référence.
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Le récit 30 ans plus tard d'un voyage qui
change la vie. Le vieux Shen a perdu la mémoire, puis la
retrouve. Il est en quelque sorte à l'abri d'aller vendre
ce coin de paradis aux touristes. Wada, lui, a un autre point
de vue. On n'arrête pas le progrès. C'est d'ailleurs
lui qui leur ont permis de découvrir ce havre de paix.
Ujiie, venu pour recouvrer la dette de son clan en préemptant
sur un trésor de pierres précieuses en oublie jusqu'à
ses codes et valeurs yakuza pour protéger ce village pittoresque
de sa perte.
Si-Chang la petite fille aux yeux bleus poussée par un
tropisme intangible, n'a guère la vision des enjeux qui
se jouent ici. Elle se contente d'enseigner simplement ce qu'on
lui a transmis. Le plan chimérique qui clôt le film,
de ces hommes munis de larges ailes fixées au corps qui
courent vers un ciel infini continuent de hanter nos mémoires
comme un rêve. Et celle de Wada. Même s'il dit que
30 ans plus tard, il a eu le temps de dormir de nouveau plus de
10 000 fois et qu'à aucun moment il n'a rêvé
qu'il volait, il reste néanmoins habité par cette
légende pour y retourner une fois. Mais un semblant de
réalisme nous rappelle que pour nous autres citadins, une
telle vie n'est guère concevable. C'est sans doute la leçon
de ce film magnifique de Miike mis en lumière par son photographe
attitré Hideo Yamamoto (aussi sur Hana-bi de Takeshi Kitano):
les plus beaux rêves n'ont pas d'avenir. Il faut les laisser
vivre en leur royaume, comme sur une page d'éternité.
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Mystere
Vic
Mars
2004 Festival du Film Asiatique de Deauville
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