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GENRE :drame historique teinté de Wu Xia Pian
NOTE : 7/10
RESUME :
Au X ème siècle en Chine, un empereur meure, assassiné par son frère Li qui aussitôt le remplace sur le trône mais aussi dans son lit auprès de l'impératrice. Il ordonne que le prince héritier, son neveu artiste et mélancolique soit supprimé. Ses projets se réaliseraient pour le mieux si l'impératrice ne se révélait pas un personnage retors, aux multiples facettes. Qui aime-t-elle, quelles ambitions et quels désirs la dévorent ? En a-t-elle seulement ? L'impératrice joue avec les sentiments et la vie des autres avec cruauté, mais semble-t-il pas sans remords, pour arriver à ses fins, mais auxquelles ?
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| The banquet est une adaptation libre de Hamlet. Une adaptation très libre, d'abord parce que le drame se passe en Chine, au moment où la dynastie Tang (618-907) a sombré et qu'une multitude de seigneurs se déclarent rois de territoires qu'ils contrôlent militairement ou convoitent le trône impérial.
Ensuite les personnages sont entièrement sinisés, Feng Xiao Gang ne transpose pas un monument de la littérature européenne dans la Chine impériale, il s'en inspire dans les grandes lignes mais nous raconte une histoire 100 % chinoise.
Oui, on retrouve le frère assassin, le neveu perdu, la femme infidèle, l'amoureuse transie, le poison, mais voilà rien de plus.
Ne cherchez pas d'autres parallèles, entre Hamlet et The banquet. |
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Bon alors installons nous devons l'écran et voyons ce que nous réserve Feng Xiao Gang. A vrai dire cela commence plutôt mal. Les gardes noirs de l'empereur usurpateur viennent assassiner le prince héritier, dans une école d'art perdue au milieu de la forêt. L'école est superbe, toute en bois bâtie sur plusieurs niveaux, c’est un bijou d'architecture contemporaine en harmonie avec la nature. Les mîmes y évoluent étrangement, hors du temps. Les gardes arrivent...Bon et là on passe ; les combats sont une suite de ralentis, de vols, et d'eau jaillissant sous les sabots des chevaux. Les mîmes meurent comme des imbéciles et on se tapent la tête sur les murs, en se disant : « qu'est ce que c'est encore que ce film nul ? ». Mais on attend quand même la suite, et c'est avec raison. Cependant toutes les scènes de combat du film sont ratées, et la scène de l'exécution d'un noble est carrément ridicule. |
| The Banquet est un drame historique , pourquoi le réalisateur a-t-il donc voulu y insérer des scènes de Wu Xia Pian ? Pour sacrifier à la mode ? Pour s'attirer un plus large public ? Si c'est le cas c'est dommage ; cela nuit au film et en est son seul gros point faible.
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Car The banquet est par ailleurs digne d’intérêt .
D'abord par ses choix artistiques. The banquet a un coté très théâtral, sans pour autant faire du film une pièce de théâtre ou un opéra (l'esthétisme du film s'apparente plus au monde de l'opéra qu'à celui du théâtre) filmé. Cette impression est due en premier au fait que le film est découpé en une succession de scènes présentées sous formes de tableaux, parfois ce choix est si radical que certaines scènes semblent ne pas être liées au récit, ensuite les éclairages, les décors, les costumes et les maquillages de l’impératrice participent à cette théâtralité. |
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Certaines scènes du film n'ont pas d'arrière plan et le rouge se détache violemment de la pénombre, sinon de l'obscurité des pièces du palais, comme s'il n'y avait comme décor qu'un fond noir. La photo dans ces conditions est extrêmement soignée aussi bien lors de gros plans que de scènes d'ensemble, là encore avec un soin très particulier accordé au rouge mais aussi au noir. Certains plans de Zhang Ziyi sont absolument magnifiques. La mise en scène est là encore digne de celle de grands opéras, solennelle et éclatante mais sans excès, privilégiant la sobriété plutôt que le grandiose, qu'il y ait deux personnages en scène dans une pièce privée, ou l'ensemble de la cour dans une salle de réception.
Mais The banquet est un film , les personnages ne sont donc pas sacrifiés au visuel. Il n'y a pas à tourner autour du pot, le héro du film est une femme et c'est l'impératrice. D'abord prévu pour être tenu par une actrice plus âgée (on a parlé de Gong Li et de Maggie Cheung), le rôle a finalement échu à Zhang Ziyi, il a donc été réécrit. Car dans The banquet l'impératrice est de quatre ans la cadette du prince héritier, et ils furent tout deux amoureux avant que l'Empereur, le père du prince, n’épouse lui-même la jeune fille. La belle mère est plus jeune, son amour pour son beau fils donc, est moins scandaleux, son ambiguïté se révèlera alors dans le rapport qu'elle entretient avec le pouvoir et surtout avec l'empereur. Elle est déconcertante, cruelle, tendre, immorale, vicieuse, ambitieuse, manipulatrice. Un vrai monstre, mais voilà on n'en est jamais sûr, car on n'arrive pas savoir si elle joue son propre jeu ou feint de le jouer.
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Zhang Ziyi avec son visage d'ange buté et sa froideur convient parfaitement au rôle, et elle y est très belle (elle a de jolies fesses en plus...si ce sont bien les siennes !), et très folle. You Ge est un acteur fétiche de Feng Xiao Gang (Cell Phone, A world without thieves...); il n'y a rien à dire. Zhou Xun qui joue Qing l’amoureuse transie, a une beauté étrange, ratatinée et gracieuse, une personne qui retient l'attention sans que pourtant on y trouve de la grâce. Quant à Daniel Wu, ce n'est pas le meilleurs acteur qui soit, mais dans ce rôle de rêveur un peu mou et perdu, son manque de charisme, sa personnalité anodine et un peu niaise en font un prince héritier très crédible, la personnalité de l'un correspondant à celle de l'autre. Tous les personnages tiennent donc bien leur place dans le drame, tous sont bien campés et aucuns n'éclipsent l'autre.
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The banquet est un drame, dans lequel pouvoir et amour s'affrontent, dans lequel les amoureux ne sont pas aimés ou cherche l'amour là où il ne le trouveront pas alors qu'à leur coté s'offre l'amour pur qu'ils ne voient pas. Le film a toute la cruauté et la violence des luttes de pouvoir au sein d'une cour impériale chinoise, parfois jusqu'au malaise. Certaines scènes « érotiques » mettant en scène le couple impérial sont détestables, et laissent un goût amer dans la bouche parce que derrière on sent le dégoût, la manipulation, c'est aussi révulsant qu'un viol. Le sang comme les tissus rouges abondent et déchirent l'écran, et l'innocence incarnée par Qing est bafouée, trahie et manipulée, par tous les autres personnages quelques soient leurs sentiments à son égard.
The banquet est vraiment à voir, même avec ses scènes ratées de Wu Xia Pian, même si parfois le réalisateur fait traîner une scène en longueur jouant avec la patience du spectateur, qui s'écrira en fin de compte: « ah c'est pour ça ! » ; il nous manipule comme le fait l'impératrice avec ses proches.
C'est surtout un film, dans lequel le réalisateur a joué une carte stylistique et narrative originale, ce qui n'est pas si courant, et celle-ci se révèle être gagnante. Feng Xiao Gang est un réalisateur intéressant parce qu'il s'essaie à réaliser des films « chinois » et à un travail personnel, sans trop se préoccuper du reste, tout n'est pas parfais, mais le résultat retient l'attention. |
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Euryale - novembre 2006
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