Lorsqu’elle était petite, ses parents racontaient à Dodo, tous les contes de fées qui ornaient ses étagères. Comme elle ne pouvait pas marcher en raison d’une malformation de naissance, elle se plongeait dans ces atmosphères magiques des contes de Perrault pour se reconstruire un univers où elle pourrait évoluer librement. Quelques années plus tard, une opération chirurgicale lui avait permis de marcher enfin. Elle avait alors été prise d’une collectionnite aiguë, achetant toutes les chaussures qui lui tombaient sous les yeux, oubliant pour un temps les contes de fée de son enfance.
Mais c’était sans compter qu’en recouvrant l’usage de ses pieds, elle entrait de plein pied dans son propre conte de fée. Où était alors la réalité, qu’est ce qui la distinguait des histoires qu’elle avait rêvées ? Devenue une charmante jeune femme, elle avait rencontré son prince charmant, s’était mariée et comme disent les contes de fées, aurait pu vivre heureuse et avoir beaucoup d’enfants. Oui, mais…
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The shoe fairy est une comédie rafraîchissante dans cette sélection New Currents un peu sombre. Cette Amélie Poulain taïwanaise partie à la recherche de son bonheur qui ne se trouve pas dans les livres est interprétée à merveille par Vivian Hsu. Très peu typée, elle devrait rassembler l’ensemble des petites filles qui rêvent dans les livres avant de tomber des nues et toutes les femmes dont les collections de chaussures dépassent l’entendement et les plafonds de leurs maisons. Il y a ici un jeu sur les couleurs ultra-saturées, les lumières, un de ces charmants villages qui n’existent que dans les livres et les cartoons.
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Tout est réuni pour créer un conte de fée romantique où tout pourrait aller pour le mieux sauf si… Ici pas de sorcière, pas d’ogre ou de grand méchant loup mais les obstacles de la vraie vie, les incidents, les accidents qui la rendent belle et cruelle à la fois. Le bonheur est souvent mystérieux .
Lorsqu’on croit le tenir, il se dérobe de plus belle. Mais « qu’est-ce que le bonheur ? s’interroge le narrateur. Est-ce être deux ou trois ou plus ? » Ce questionnement sur la quête inlassable du bonheur parcourt tout le film sans l’alourdir pour autant. Donnant une nouvelle interprétation des contes de fées qu’on nous racontait dans notre enfance, le scénario fonctionne parfaitement. C’est une comédie sans prétention mais l’univers particulier du film le rend sympathique d’emblée. Les personnages sont attachants. Les gags fonctionnent également par la répétition. |
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Dans ce film quasi-burlesque on aurait pratiquement pu se passer de dialogues entre les deux personnages, rendant du même coup l’œuvre encore plus puissante et signifiante. Autre bémol, cette volonté de faire appel uniquement à des contes occidentaux, rendre le film eurocompatible. Cette complaisance envers les audiences européennes reste un point faible même si les contes eux même n’ont pas un rôle primordial dans le fil narratif i.
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En tout cas l’effet cartoon fonctionne à plein régime et ce film par son universalité à rencontrer tous les publics pourrait lui valoir une récompense, si ce n’est dans cette section, peut-être dans un autre festival. On attend de voir ce film sortir en France et le second film de cette réalisatrice à l’univers si particulier. Elle avait déjà signé un court-métrage The Magical Wash Machine qui lui avait valu le prix du meilleur Court aux Golden Horse Film Awards. Il nous manque encore des Jeunet asiatiques qui pourraient faire rêver aussi bien que Miyazaki sans pour autant réaliser des films d’animation. Yunchan Lee est sur le bon chemin. En tout cas, elle est bien dans ses pompes. |
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