8 The Taste of Tea


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Taste of Tea - ( Cha no Aji ) de Katsuhito Ishii - 2004 - Japon
Avec : Tadanobu Asano, Maya Banno, Takahiro Sato, Satomi Tezuka, Tomokazu Miura, Tatsuya Gasyuin, Ikki Todoroki, Tomoko Nakajima, Anna Tsuchiya, Kirin Kin, Emi Wakui


GENRE : Comédié Dramatique
NO
TE : 10/ 10
Résumé
Portrait d’une famille atypique dans un japon bucolique.

La fille tente, tant bien que mal, de se débarasser d’un encombrant sosie imaginaire, le garçon est en production intensive d’hormones, l’oncle, vieux garçon, déambule sans ambitions, le père pratique l’hypnose, et enfin la mère dessine des super héros en faisant des posing en compagnie du grand père joyeusement allumé…

C’est la troisième grosse production de Katsuhito Ishii après « Shark Skin Man & Peach Hip Girl », et «Party 7 » sans compter sa contribution à « Kill Bill 1 » (la séquence d’animation).

Le film est réellement jubilatoire, composé de scènes totalement loufoques à l’humour souvent absurde mais qui vous feront mourir de rire, soyez en certains. Les énumérer ne servirait pas à grand-chose tant les morceaux de bravoure y sont nombreux, mais je vous invite à consulter la fiche de « Party 7 », chroniqué par Musashi, pour en avoir un petit aperçu, l’esprit en étant identique.

Mais même si les délires manga d’Ishii sont toujours présents, son cinéma passe icic à la vitesse supérieure et est nettement plus ambitieux en visant un public élargi.
C’est une œuvre un peu plus apaisée et mature donc, de la part d’un réalisateur qui a été souvent été comparé à Kitano, ou Miike par la grande majorité des critiques occidentales.
Pour cette œuvre, c’est Ozu ou encore Miyazaki qui ont été évoqués, mais rassurez-vous, je considére que le saupoudrage de références et les comparaisons, non seulement pénalisent le lecteur néophyte, mais sont également diablement prétentieuses.
Influences donc, plutôt que références, « Taste of tea » n’est pas une recette de cuisine, c’est un vrai travail d’artisan à l’identité marquée.

Ce film brasse une foultitude de notions et d’émotions qui resteront ancrées en vous longtemps après l’avoir vu. Nostalgie, solitude, transmission, famille, adolescence, enfance et j’en oublie. Chacun y trouvera chaussure à son pied ou tout du moins quelque chose de familier, selon son propre vécu.

Pépite d’inventivité et de drôlerie mais cependant pleine de poésie, cette œuvre est naturellement destinée à devenir « culte » et peut aisément prétendre à entrer dans la liste très sélective et controversée des meilleurs films japonais de cette année 2005 à cause d’une sortie tardive et scandaleusement restreinte sur les écrans français.

Le casting est un véritable collier de perles. On y remarquera en particulier les performances de Tadanobu Asano dans un dialogue scato totalement surréaliste et hilarant, Tomokazu Miura et sa tête de Benny Hill rockabilly flegmatique, Tatsuya Gasyuin dans le rôle du grand-père décalé avec son diapason, Ikki Todoroki campant un dessinateur de manga plus ou moins influencé par Mireille Matthieu tant au niveau de la coiffure qu’au niveau des capacités vocales et l’on pourra également apprécier l’apparition de Susumu Terajima incarnant un revenant yakuza offensé d’une façon qu’il m’est ici interdit de vous révéler au risque de vous gâcher la surprise .

Mais les deux grandes révèlations de « Taste of Tea » sont indéniablement les enfants. La petite Maya Banno est adorable et surprenante avec son monde intérieur (et la scène des barres parallèles qui nécessitera un entraînement spécifique de sa part), alors que l’image du jeune Takahiro Sato pédalant en transe orgasmique sur son vélo restera joyeusement imprimée dans votre mémoire ).

Bien entendu, il y aura toujours des esprits chagrins, pour dénoncer quelques effets visuels plus ou moins dispensables, un scénario sans véritable enjeu, une succession de scènes gratuites, ou bien une lenteur appuyée entre ces dernières

Mais comme ce film n’est en l’occurrence pas fait pour eux, on se contentera donc de dire que absolument tout, des effets spéciaux naïfs en passant par la séquence animée jusqu’aux plages contemplatives et autres silences champêtres, constitue justement le levier indispensable entraînant rires ou larmes aux moments opportuns.

Katsuhito Ishii laisse infuser son film, comme on laisse infuser son thé et rafle la mise avec brio .
Ursa Minor


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