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Tamala 2010, a punk cat in space de T.O.L.
Avec
GENRE : Science-Fiction
NOTE :
9/ 10
Résumé
:
Afin de découvrir le secret de sa longévité, une jeune chatte du nom de Tamala décide de partir à la découverte de ses origines et quitte donc la Planète Chat pour Orion. Seulement, en plein voyage, elle subit un attentat par un vaisseau de la Catty & Co, un puissant conglomérat, et échoue sur la planète Q. Elle y rencontre Michelangelo, un chat mature, qui va lui servir de guide sur cette planète où le gouvernement félin est en opposition avec celui canin .
Sorti de l'imagination débordante du collectif T.O.L. (Trees Of Life), un groupe de deux musiciens qui ont eu l'ambition de communiquer leur passion par le biais d'un dessin animé, Tamala 2010 fait partie de ces petits bijoux méconnaissable, car ne disposant pas d'une reconnaissance médiatique évidente, mais dont l'attrait sans appel en a fait un véritable objet de culte auprès des cinéphiles aguerris. Petit retour sur ce bijou de l'animation présenté cette année au BIFFF (Bruxelles International Festival of Fantastic Film .
Exercice difficile que celui d'écrire une critique de "Tamala 2010, a punk cat in space" puisqu'il s'agirait alors d'admettre que l'on peut définir l'indéfinissable. Cette réalisation fascinante est en effet un joyeux fourre tout, à la fois profond et superficiel, unissant le tout au rien et source d'enivrement comme d'ennui. Une oeuvre atypique qui ne peut décidément pas laisser indifférent, que l'on adhère ou pas à cette animation conceptuelle, limite auteuriste. Comment résister à cette oeuvre qui relève plus souvent de l'anarchie tellement elle apparaît comme désordonnée, sans aucun ligne conductrice, se laissant aller à des bribes d'idées sur la guerre et la politique sans jamais en approfondir le sujet, entamant un scénario mais le délaissant dès que possible...S'il existe une certitude avec Tamala, c'est qu'à l'image de la chatte incarnant toute une propagande dans le film, l'œuvre est profondément marginale et n'est jamais conventionnelle ou académique. De la même manière, il existe une seconde certitude, c'est qu'il sera impossible de comprendre le film à la première vision tellement les repères temporels et géographiques, auxquels nous somme habitués, sont basculer sans la moindre vergogne. Mais ce qui est encore plus étonnant, c'est que l'on se surprend à admirer l'audace de Tamala et sa façon de s'assumer comme oeuvre à part dans le paysage cinématographique
Croisement improbable entre un "1984" de Georges Orwell, une filmographie à tendance punk de Sogo Ishii et un character design reprenant dans les lignes la simplicité et l'efficacité d'un Astro Boy", cet animé raconte l'histoire d'une chatte répondant au nom de Tamala qui va s'interroger sur ses origines (cela fait une éternité que son système biologique reste celui d'une chatte d'un an) et va partir vers la planète Orion afin d'élucider le mystère de sa naissance. Seulement en route, elle se fait agresser par un robot du conglomérat de la Catty & Co qui va l'obliger à atterrir sur la planète Q.
Très peu désorienté par tout ce qui lui arrive, elle rencontre un chat du nom de Michelangelo (qu'elle ne cessera d'appeler Moimoi), qui est au réalisme ce que Tamala est au rêve et dont le langage soutenu vient contraster avec celui juvénile, et particulièrement vulgaire, de la nouvelle arrivante. Cependant, la planète Q est réputée dangereuse à cause des rixes habituels entre chiens et chats, et les deux compagnons vont donc malgré eux devoir se mesure à un chien policier fétichiste, qui va tomber éperdument amoureux de Tamala au point de la...manger .
Inutile d'essayer de comprendre le scénario, cette réalisation signée T.O.L. est une expérience à part entière qui se vit et ne se raconte pas, trop en dévoiler serait, d'une part ennuyant, car sortis de leurs contexte les éléments perdraient de leur intérêt, et d'autre part, le charme de cet anime repose effectivement sur la désorientation et le nombre incalculable de références, d'idées, de croyances introduites durant les 90 minutes du film, et il serait dommage de trop anticiper ce que les réalisateurs nous ont réservés.
Graphiquement, on est aux antipodes de la réalisation d'un Wonderful Days ou d'un Château Ambulant puisque les traits sont simples et épais et que l'ensemble de l'anime est en noir et blanc. Paradoxalement, Tamala paraît très abouti et n'à pas à rougir de la comparaison avec d'autres animes, il s'agit ici avant tout d'un exercice de style et le public visé est totalement différent, amis du divertissement/action, au revoir. Les personnages sont attachants et révèle la qualité intrinsèque de l'animation qui peut paraître, de prime abord, austère .
Il existe également - dans le but de nous convaincre des potentiels d'animation de l'équipe ? - en parallèle à l'histoire de Tamala, des visions sur une ville froide, mécanique, sans âme, concentrée sur la statue mécanique d'un chat, qui sont réalisés en image de synthèses, très réussies, et qui permettent de mettre davantage de désordre vis à vis de la temporalité durant le film (on navigue tantôt à Tokyo en 2010, tantôt à Shanghaï en 2030, mais est-ce rêve ou réalité finalement?).
Intriguant, passionnant, fascinant, audacieux, élégant, surprenant, auteurisant, les qualificatifs pour Tamala 2010, a punk cat in space ne manquent pas. sujet à de multiples relectures pour en saisir les différentes subtilités et surtout le sens général, loin de découler d'une simple et unique vision, cette réalisation made by T.O.L. ne manque pas de toupet et à toutes les allures d'un petit chef d'œuvre. Certains y verront peut être un objet prétentieux, et ne saisiront peut être pas la portée de cet objet cinématographique non identifié mais c'est là aussi, certainement, une des qualités de Tamala : celle de partager les opinions .
MUSASHI


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