TAIPEI STORY
de Edward Yang - 1985 - Taiwan Avec
Hou Hsiao-hsien, Cao Qin, Hou Xiaoxian
GENRE : NOTE : 7/10 RESUME :
Chin est devenue l’assistante personnelle d’une femme d’affaires. Cette promotion l’incite à quitter le foyer familial et s’installer dans un appartement bien à elle. A-Long, son ami de longue date, n’a jamais fait grand chose de bien dans sa vie. Il rêve de s’installer aux Etats-Unis. Il a tendance à vivre replié sur le passé et s’accroche à sa passion d’adolescent pour le base-ball. Suite au rachat de sa société par un grand groupe, Chin démissionne. Elle réalise à quel point il lui est difficile d’échanger avec A-Long.
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Présenté au festival de Vesoul en février 2006, Taipeh Story est certainement l’une des œuvres taiwanaises les plus difficiles d’accès mais dont les précieuses réponses valent la peine de s’y plonger avec intensité. Taipeh Story porte la vie d’A-Long (Hou Hsiao-hsien) et de sa douce qui ont de nombreuses difficultés financières et sentimentales. Le père d’A-Long commerçant de profession est un mauvais payeur et se met en danger auprès de ses receleurs.
Le jeune homme souhaite partir aux Etats-Unis où les perspectives de réussites sont plus avantageuses. Mais peut il s’échapper de ses problèmes de familles et de couples ? En effet, sa femme entretient une ancienne relation avec un homme du bureau où elle travaille. A-Long de son côté garde contact avec une ancienne conquête au Japon. Dans Taipeh, cette ville de tous les espoirs mais aussi de toutes les vicissitudes, l’avenir des jeunes tombe en désuétude. A-Long continue sa route de bon samaritain mais s’éloigne de plus en plus de ses rêves.
Taipeh Story est en quelque sorte un film somme de toutes les aspirations citadines et des réflexions urbaines que se pose Hou Hsiao-hsien dans sa filmographie mais principalement son comparse Edward Yang qu’on laisse souvent aux bord du chemin de la reconnaissance puisque ce cinéaste a tout de même réalisé A Brighter Summer Day, œuvre culte et l’un des sommets de la cinématographie asiatique.
Le cinéaste adopte une méthodologie lente, implacable, silencieuse et dense afin de nous tenir en haleine, mais choisit surtout le meilleur angle social afin de traiter des relations de couples et extra conjugal dans une ville immense, électrique et mélancolique.
Dans cette composition Hou Hsiao-hsien étonne par ses talents d’acteurs même si ceux là sont diminués par la reconnaissance internationale qu’il a acquit en tant que réalisateur. La sensation de le voir en acteur est très étrange quand on connaît l’homme. D’ailleurs ils ne s’en cache pas car lors de l’après séance du film à Vesoul, Hou Hsiao-hsien est venu lui-même parler de son interprétation et a clairement exprimé son ennui à jouer les acteurs.
En effet, si le réalisateur de Three Times fut dans Taipeh Story ce n’est que pour prêter main forte à Edward Yang qui avait des difficultés financières à produire le film notamment dans le paiement des acteurs. C’est peut être ici l’une des clés de réussite de cette œuvre et des grandes œuvres du cinéma : quand on a pas d’argent, du talent et des pressions des producteurs cela conclut souvent à des oeuvres très intéressantes comme l’a été par exemple Dode’s Kaden d’Akira Kurosawa.
Hou Hsiao-hsien joue avec zèle et réussit ainsi à incarner une génération taiwanaise voir pan asiatique souhaitant s’exiler et vivre le rêve américain.
Edward Yang laisse entrevoir quelques unes de ces grandes thématiques mais aussi son idéologie qui est de ne pas de vivre le carpe diem, mais de se constituer une histoire, un patrimoine. La fulgurance, l’instinct et l’éphémère n’ont pas ici d’emprise car la fin montre une mort toute programmé où le héros semble face à ses souvenirs d’enfance par le biais d’une télévision où son imaginaire remplace le vide béant de l’écran.
Cette fin est un reflet du film telle une mélopée urbaine, une réflexion sociale à haute valeur ajoutée.
Taipeh Story est une grande aventure dans la jungle des néons électriques de la capitale taiwanaise mais aussi des ennuis quotidien d’un couple et d’une famille ordinaire. Vous l’aurez compris cette œuvre porte définitivement bien son nom.
HINOMURA - OCTOBRE - 2006
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