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Sword in the moon de Min-seok Jang - Corée Sud - 2003 - Aventure Guerrière
Avec Min-su Choi, Jae-hyeon Jo, Bo-kyeong Kim, Jong-su Lee
NOTE : -/10
Résumé :
Au 16eme siècle, époque Chosun, les hauts dignitaires coréens sont victimes d’assassinats perpétrés par un sabreur sanguinaire et mystérieux. Le chef de l’armée Gyu-Yeop suspecte que ces exécutions sont l’œuvre de Ji-Hwan un ancien ami de l’école militaire qu’il a lui-même assassiné des années plus tôt.

DVD Zone 2 disponible chez Asia-Diffusion

Après Musa Princesse du Désert, Legend of The Evil Lake et avant les prochains The Dueslist ou Shadowless Swords, le long métrage de Kim Uh-Seok nous plonge dans l’histoire médiévale de la Corée et c’est avec plaisir qu’on s’immisce dans ce nouvel opus dont le thème semble s’annoncer comme la piste à suivre pour l’année 2006 dans la cinématographie coréenne si l’on ajoute les films de guerre et bien entendu les éternelles comédies.

Nous suivons donc Gyu-Yeop, responsable de la sécurité des dirigeants au pouvoir et excellent combattant connu pour son autorité et ses capacités surhumaines. Issu d’une école de combats regroupant les meilleurs épéistes de Corée, un choix s’impose à lui qui décidera de sa carrière : suivre le général des armées qui souhaite faire un putsch pour détenir le pouvoir, soit défendre le pouvoir fébrile déjà en place. Alors ami sincère de Ji-Hwa, un compagnon de sabre tout aussi excellent dans le combat, Gyu-Yeop fait le choix de suivre le général tandis que Ji-Hwa reste sur place à défendre une ville administrative défaillante.

Le général des armées crée une coalition et se retourne contre le pouvoir afin de prendre la place du commandant suprême du pays. Gyu-Yeop et Ji-Hwa se retrouve donc ennemi et prit de folie le premier tue le second, celui-ci complètement retourné et sans défense par ce qu’il vient d’arriver.

Quelques années plus tard Gyu-Yeop promu maître d’armes et s’occupant de la sécurité des hommes du nouveau pouvoir, se trouve face à des assassinats non élucidés. En effet, un mystérieux tueur arrive à déjouer l’attention de ce dernier, ce qui n’est jamais arrivé et un affront inadmissible.

Un témoin sonne le glas de toute incertitude sur l’identité de l’assassin : il s’agit bien de Ji- Hwan, ancien camarade de Gyu-Yeop, source de ces meurtres barbares.

Comment a-t-il pu survivre, quelles sont ses motivations ?.. .

Sélectionné dans la partie un certain regard au festival de Cannes 2004, Sword in the Moon marque le passage d’un film de sabre (Wu Xia Pian) amateur après un Musa, princesse du désert et un Legend of the Evil Lake un tantinet sans profondeur, à un film de sabre calibré et excellemment bien interprété.

Mais peut-on classer ce long métrage de Wu Xia Pian ? Car au vue de la trame scénaristique, il y a fort à parier que non. En effet, ne vous attendez avec Sword in the Moon à un long métrage tout feu tout flamme où les combats sont le seul intérêt existentiel de l’oeuvre.

Il est ici question d’une vaste enquête militaire de l’époque avec de temps à autre quelques affrontements rythmés et c’est peut être ici l’alchimie bienfaitrice du film.

Le réalisateur a eu raison de ne pas s’arrêter aux combats de sabre, à de gros guerriers assoiffés de sang et de jolie femme en proie à leur violence, non, Sword in the Moon se veut plus intelligent ou du moins en a l’ambition.

Basé sur la dualité de deux amis, frères d’armes puis ennemis malgré eux, le cinéaste joue autant sur les sentiments de ces deux charismatiques combattants que sur l’environnement historique qui les entoure. Le choix de tels ou tels chefs de guerre les amène à changer de camp, et à tuer ce que l’on croyait amis. Mais le plus important est de rester fidèle à soi même et à ceux qui nous sont proches.

Cette idée est développé tout au long de l’œuvre par un Jo Jae Hwon (souvenez vous du Bad Guy de Kim Ki Duk) en emblématique guerrier au regard d’acier face à Cho Min Su devenu assassin pour un temps tout en gardant ses convictions de départ, celle de soutenir ce qui semble le plus juste et non pas celui auquel on peut être asservis.

Au regard de ces deux personnages, le cinéphile est à se demander lequel a raison : celui qui agit avec intelligence ou celui qui agit avec son cœur. Au départ il semble que l’assassin soit le plus cruel des deux mais une fois son raisonnement et sa perception du monde acquis, c’est l’effet inverse et le maître d’armes Gyu-Yeop devient un être sans âme qui aux côtés de Ji-Hwa reprend de son humanité en se souvenant de lui comme d’un frère.

L’époque Chosun n’est pas en reste non plus, puisque Kim Uh-Seok nous apporte quelques éclaircissements sur cette période notamment par les querelles incessantes pour le pouvoir et la forte disparité des idéologies politiques pour un si petit territoire. Il est à savoir que ces incidences au fils des ans ont perturbé durablement le développement de la Corée.

La réalisation se montre tout de même fragile à certains instants où quelques longueurs persistent et signent dans l’ennui. C’est le cas d’une phase avec l’amie de Ji-Hwa entre sentiments d’amour et simple amitié et l’un ou deux flash-back (procédés précieux à Sword in the Moon) d’une utilité discutable.

Selon les notes de production, le tournage du film s’est entièrement fait en Corée, fait rare dans la cinématographie du pays au matin calme où les temples et autres anciennes bâtisses sont protégés et interdits au tournage. Plus de 260 armures, 40 sabres et 100 arcs ont été nécessaire et tous les sabres ont adoptés de vraies lames afin de donner plus de réalisme aux scènes de combats.

Les moyens mis en œuvre ont été conséquents et la scène de clôture en donne toute sa démesure avec un combat d’honneur et une formidable histoire d’amitié qui efface de nos mémoires toutes traces de la séquence initiale, fort déplorable.

Au final Sword In the Moon est un film convaincant, certes loin sans défauts, mais dont les ambitions de départ n’ont pas été abandonné pour terminer en un vulgaire film d’action. Une surprise sans être inoubliable : le meilleur film de sabre coréen.

Hinomura


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