Stanley
Kwan Kepang, ou bien encore Guan Jin peng de son nom mandarin, est
né le 9 octobre 1957 à Hong Kong.
Après
avoir fait des études en communication au College Baptiste
de Hong Kong, il sintroduit auprès du monde cinématographique
comme répétiteur auprès dacteurs, touche
à la production, puis assiste divers grands noms du cinéma
hong-kongais, tels que Ann Hui (Boat people, 1982), Patrick Tam
ou bien encore Yim Ho pour arriver enfin à réaliser
son premier long métrage, en 1985 : " Women " (nu
ren xin).
A
compter de cette date, il dirigera en moyenne 1 film par an. "
Love unto waste " (Dixia qing), son 2ème film,
tourné en 1986, fera partie de la compétition au Festival
de Locarno mais cest son troisième film " Rouge
" (Yanzhi Kou), en 1987, qui lui apportera la reconnaissance
internationale. " Rouge " est un film produit par
Jackie Chan himself. Il sagit
là dune histoire de fantômes sans effets spéciaux
particuliers, jouée admirablement par Anita Mui. Malgré
les critiques controversées de lépoque, il sera
récompensé de 7 Awards au Festival de Films de Hong
Kong.
Une
longue série de films sera dès lors présentée
à grand nombre de festivals, dont le très connu,
" The actress / Center stage "(Ruan lingyu) dans lequel
il est question de Ruan Lingyu, célèbre actrice
de films muets dans les années 20 , suicidée en
pleine jeunesse. " Center stage " offrira en 1991
à Maggie Cheung,
le prix de la meilleure actrice au Festival de Berlin et permettra
à Stanley Kwan
dêtre reconnu meilleur réalisateur au Festival
de Films de Chicago.
On
dit de SK quil est un réalisateur de femmes, quil
sait parfaitement bien mettre en valeur ses actrices. De fait, ces
dernières sont régulièrement soit nommées
soit récompensées lors de festivals.
SK
aime poser la question de la sexualité et du rapport de celle-ci
au sein de la famille, ou au sens plus large, de la société.Lun
de ses projets les plus surprenants fut le film "yin yang, Gender
in Chinese Cinema" (Nan shang nu sheng), 1996, un documentaire,
dont il est le scénariste, réalisateur et acteur. "
Yin Yang " est un essai qui nous permet dentrer en profondeur
dans lappréciation du cinéma chinois au sens large
(Chine populaire, Hong Kong et Taiwan) : comment les cinéastes
chinois et de fait, la société chinoise, traitent la
question de la sexualité de façon plus honnête
et provoquante que dans nimporte quel pays au monde.
Il
construit son reportage dinterviews : on y retrouve ainsi
les analyses de réalisateurs aux paysages cinématographiques
très variés tels que John
Woo (qui tente là dexpliquer la relation
qui lie les deux acteurs John Travolta et Christian Slater dans
son film " Broken Arrow "), Tsui
Hark pour son film " Beijing Opera Blues ",
ou bien encore, Hou Hsiao Hsien, Zhang Yi mou, Tsai Ming Liang,
Ang Lee, etc petit plus, SK en profitera également
pour y glisser une interview de sa mère. " Yin Yang
" sera pour lui un exutoire et lui offrira le moyen de
révéler son homosexualité au spectateur.
Il se revendique porte-parole de lidentité gay,
et use de son art afin de faire valoir un monde qui lui est
très cher. Il est lun des pionniers en la matière
et affiche sans conteste sa sexualité. Nombre de ses
films seront vus lors de festival de films Gays et Lesbiens,
comme celui de Berlin avec " Hold you tight " (yue
kuai le) en 1997, qui confirme indéniablement le talent
et le style très personnel du cinéaste.
SK
se situe en marge de la grande industrie du cinéma hong-kongais
par des scénarii originaux et intimistes (contrairement
aux John Woo ou
Jackie Chan,
bien américanisés, ceci dit sans jugement de valeur!!)
. Lunivers de ses films est souvent simple et profond.
Ces sujets sont souvent traités comme une interrogation
quil se fait à lui-même : par exemple, dans
" Still love you after all these " (Nian ni rushi),
en 1997, il sinquiète de limpact quaurait
la rétrocession de HKG à la chine sur lidentité
homosexuelle. Il étoffe également souvent ses
personnages et leurs vécus de ses propres expériences,
comme tout récemment avec "
Lan Yu " (2001).
Ces
interrogations rendent luvre de SK singulière,
ce qui explique peut-être pourquoi, alors que certains entament
leur carrière par de courts métrages, SK choisit daffiner
sa vision par des documentaires et des essais cinématographiques
plus il avance dans sa réflexion.
En bref, Stanley Kwan est sans conteste un cinéaste avant-gardiste
très productif (quand même un film par an ! !) et surtout
toujours très .. attendu ! !
Par
Géraldine
FILMOGRAPHIE
1985
Nuren xin (Women) 1986
Dixia qing (Love unto waste) 1987
Yanzhi kou (Rouge) 1989
Ren zai niu-yue (Full moon in New York) 1991
Ruan Lingyu (Actress aka Centre Stage) 1991
Liang ge nuren yi ge jing...(too happy for words) Court métrage 1993
Yi she ren liang zimei (two sisters) Court métrage 1993
Siqin Gaowa Er-dan shi (Siqin Gaowa) Documentaire 1995
Hong meigui, bai meigui (Red rose, white rose) 1996
Nan sheng nu xiang (Yang Yin : Gender in Chinese cinema) Documentaire 1997
Nian ni rushi (Still love you after all) Documentaire 1997
Yue kuai le, yue duo luo (Hold you tight) 1999
You shi tiaowu (The Island Tales) 2001
Lan Yu (Lan Yu)