|
|
SATYA de Ram Gopal Varma - 1998 - Inde
Avec : J D Chakravarthy, Manoj Bajpai, Urmila Matondkar, Paresh Rawal
|
 |
GENRE : POlar Indien
NOTE : 6.5 / 10
Résumé
Satya vient refaire sa vie à Bombay. Il échoue rapidement en prison, où il se lie avec un gangster qui l'introduit dans son milieu. Grâce à son habileté, il acquiert une certaine reconnaissance et des contrats de plus en plus périlleux. .
|
Avec SATYA, ne vous attendez pas à voir un film avec les chorégraphies chantées habituelles ni ce petit côté kitch et glamour qui ont fait la réputation du cinéma Indien. Non, vraiment oubliez ce que vous avez vu ou ce que vous imaginez que vous allez voir, SATYA est bel et bien un film policier noir dont l'action se passe dans les entrailles de Bombay, là ou personne ne va, seul la pègre, la mafia locale y excerce encore quelques business ... Ram Gopal Varma donne un violent coup de caméra avec un cinéma de genre radicalement différent.
|
|
 |
SATYA, c'est l'histoire d'un homme qui a vécu, qui ne sert personne et n'a de compte à rendre à personne. Lorsqu'il entre dans le milieu, SATYA va se réaliser et par la même va donner au groupe une implusion nerveuse qui manquait peut-être ...
Film noir et violent, SATYA est l'exemple du renouveau du cinéma Indien, celui qui ne suit pas les règles, qui pénètre dans les bas fonds de ce qui est rarement mis en image.
|
Réalisé 5 ans avant "COMPANY", le second polar noir du réalisateur, SATYA apparait comme un coup d'essai pourtant plus vrai et réaliste que son successeur. Le film se déroule dans des endroits moins clinquants que COMPANY, ici, il s'agit de la pègre du "système D" ou l'action se déroule principalement dans les bas fonds de la ville. La pègre s'exécute plus pour s'affirmer et s'imposer que pour satisfaire un business. L'arrivée de STAYA dans cette mafia locale va mettre en évidence l'incohérence des actions souvent menées par le groupe. SATYA prend position et tente d'organiser cela dans un sens plus constructif.
Toujours sur une base de 2H30 mns, la mise en scène évolue de manière très cohérente, sans temps mort. En revanche, bien que RAM GOPAL VARMA est considérablement llimité les chorégraphies chantées, il n'en reste pas moins que celles-ci viennent quand même briser une ambiance qui prenait pourtant bien. N'abusons pas non plus, aucune comparaison avec le cinéma Indien traditionnel, ici les chorégraphies sont aux nombres de deux sur un film de plus de 2 H. Imaginez vous après 1H00 de film, en immersion totale, lors d'une réunion dont le ton est des plus sérieux, vous voyez subitement au bas de votre écran une tête apparaitre bougeant de droite à gauche sur un rythme décallé, même si cela ne dure pas longtemps, ce passage n'en reste pas moins de trop !
|
|
 |
Le film parfait arrivera 5 ans plus tard avec "COMPANY". Inutile de dramatiser, SATYA n'en reste pas moins un très bon film qui met en valeur un sujet rarement mis en scène avec sa violence et sa réalité. RAM GOPAL VARMA réalise ici un film vrai, authentique dont les personnages encore une fois ne sont pas les beaux gosses de "COMPANY" mais plutôt les vrais gueules de Bombay.
|
Et c'est ce qui retient le spectateur dans ce film, c'est le réalisme avec lequel le réalisateur a su mettre en scène cette histoire de gangster, un peu comme le film brésilien "LA CITE DE DIEU", ici l'action se passe dans la réalité de la ville, ce n'est pas romancé.
Juste peut-être un peu avec avec la volonté de RAM GOPAL VARMA de compléter ce scénario noir par une histoire d'amour en arrière plan. Histoire qui a le mérite de faire prendre consicence à SATYA, que cette vie aussi existe.
|
|
 |
Bref, pour finir, je ne saurais trop vous conseiller de voir dans l'ordre SATYA et COMPANY, deux réalisations qui présentent d'une part deux réalités mais surtout une évolution incontournable du cinéma Indien. |
|
Steph |
|
|