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SAMARITAN
GIRL de KIM KI DUK - 2004
Avec Kwak Ji-min
(Gwak Ji-Min), Seo Min-jung (Seo Min-Jeong), Lee Eol |
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SAMARITAN
GIRL :
2004 - GENRE : DRAME - NOTE :
8/ 10
Résumé
Yeo-Jin, bientôt vingt ans, vit avec son père veuf.
Sa meilleure amie est une prostituée. Un jour, cette dernière
tombe amoureuse dun de ses clients au grand désespoir
de Yeo-Jin.
DVD Zone 2 disponible chez Asia-Diffusion
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CRITIQUE par Mystere Vic
SAMARITAN GIRL," La douleur de la perte"
Tout fraîchement sorti des bancs de montage, Samaritan
Girl est le dixième film de Kim Ki-Duk et
nous a été présenté lors de cette
6e édition deauvilloise.
Comme il l'indique, ce film a marqué des changements
pour lui. "Je suis un peu embarrassé pour certains
spectateurs qui seront peut-être choqués par
le fait que ce film traite de jeunes lycéennes qui
ont des relations sexuelles avec des hommes plus âgés
qu'eux, qui en entraînent d'autres à se prostituer.
Toutefois il n'y a pas de scène osée et une
fois cette situation invraisemblable surmontée, le
film devrait vous plaire." De fait, ce film tourné
en dix jours avec un petit budget aborde un fait délicat
mais absolument pas invraisemblable. Et c'est cette véracité
qui apporte au film sa force et en fait un des meilleurs films
de l'intégrale Kim Ki-Duk. Yeo-Jin (Kwak Ji-Min)
approche de ses vingt ans. Elle vit avec son père veuf.
Jae-Young (Seo Min-Jung), sa meilleure amie, se prostitue
en donnant des rendez-vous par internet afin de gagner un
peu d'argent pour elles deux. Mais lorsque celle-ci meurt
dans un élan de défiance et d'inconscience,
Yeo-Jin ne peut se résoudre à perdre celle qu'elle
aimait. En déréliction, elle se sent coupable
et ne voit qu'une issue à son malheur. Se racheter
en rachetant son amie. Elle va donc coucher avec tous les
hommes qui ont eu Jae-Young dans leur lit et leur rendre leur
argent.
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Partir d'un fait
anodin conséquence d'un travers de la société
pour élargir à l'amour filial, à la douleur
de la perte, telle est la réussite de Kim Ki-Duk dans
ce film. En Corée, au Japon où la vigueur sexuelle
est synonyme de jeunesse et de pouvoir, nombre sont les hommes
mûrs qui jettent leur dévolu sur de jeunes lycéennes
ou étudiantes prêtes à vendre leurs services
pour quelques billets. Cette inclination de la société
est donc rendue de manière pudique au début du
film où l'on voit Jae-Young avant ou après ses
rendez-vous, accompagnée ou non de ses clients. Elle
est traduite dans l'expression d'un de ces derniers: "Ah,
j'ai l'impression d'avoir rajeuni de vingt ans. Ah bas la morale!"
L'histoire n'est donc absolument pas invraisemblable, contrairement
à ce que pourrait laisser croire son auteur. En revanche,
l'acte désespéré ou de folie que commet
Jae-Young lorsque des policiers font irruption dans une chambre
où elle reçoit peut laisser pantois. Le réalisateur
décide là de perdre l'un de ses personnages principaux.
Cela en valait-il vraiment la peine? Si l'on en croit la suite
du récit, on aurait tendance à répondre
oui. Car c'est seule que Yeo-Jin va inverser la roue infernale
qu'elles ont lancée. Seule qu'elle va affronter ces situations
dépravantes et sous le regard de son père affligé
qui, en secret, va vouloir se venger des hommes qui couchent
avec sa fille. |
C'est donc ce fait
divers, la mort de Jae-Young, à cause d'une brigade des
murs, qui va permettre de resserrer la relation entre
un père et sa fille, de focaliser le film sur la douleur
de la perte. Perte d'une mère d'abord qu'on peine à
remplacer, lorsqu'on est soi-même flic à plein
temps. Peine de perdre une petite fille entrée malgré
elle dans le monde adulte. L'accompagnement de son père
devra se réduire à la conduite. Il n'a pas eu
le temps de la voir devenir femme qu'elle est déjà
meurtrie, salie, presque morte.
Et c'est là que le film penche du côté obscur,
le père-flic devient prêcheur, moralisateur tandis
qu'il commet lui aussi des crimes douteux.
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Samaritan Girl comme tendrait à l'indiquer son nom fait appel
à des éléments religieux en décalage avec
la morale bien pensante. Cette frénésie vindicative,
cette loi du tallion inversée côtoient des références
à l'apparition de la vierge, aux représentations du
Christ. On retrouve ici l'intérêt de Kim Ki-Duk pour
la religion puisqu'avant de se tourner vers le Bouddhisme, il s'est
intéressé au Christianisme. Bien sûr ce titre
reste ironique vis-à-vis des familles conservatrices. Mais
de la même manière que La passion du Christ de Gibson
déchaîne d'autres passions, Samaritan Girl devrait être
à la fois un moyen de dénonciation et de réflexion
sur nos sociétés dites "civilisées"
et appréhendé comme un des films les plus sobres et
touchants de Kim Ki-Duk. |
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Mystere
Vic
Mars 2004 Festival du Film Asiatique
de Deauville
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