CRITIQUE
King Hu, considéré comme le plus grand orfèvre de la cinématographie de Hong Kong signe avec Raining in the Mountain, une pièce maîtresse dans sa filmographie, dont ses plus grands admirateurs le traître comme un chef d’œuvre alors qu’il mérite certainement bien plus le titre d’excellent film.
L’intrigue de Raining in the Mountain nous transporte dans la période de la dynastie Ming où un chef spirituel d’un monastère doit désigner son successeur vu le peu de temps qui lui reste à vivre . |
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Parmi les moines désignés à hériter de ce statut, trois se distinguent par leurs qualités intrinsèques mais aussi par quelques idées pernicieuses.
En effet, afin de succéder au Grand Maître, celui-ci fait appel à trois de ses anciens amis pour qu’ils puissent l’aider dans son choix difficile. Chaque invité, un riche homme d’affaire, le général de la Province et un vieux laïque ont leurs préférences personnelles pour l’un des candidats à la succession.
Mais on découvre que certains de ces invités ne sont pas seulement venus pour ce transfert de pouvoir, qui aidés de leurs sbires, convoitent un ancien parchemin appartenant au Temple d’une valeur inestimable . |
Raining in the Mountain se base sur deux idées simples : la succession d’un maître et le vol d’un parchemin. Il n’en faut pas plus à King Hu pour devenir génial. A l’aide de dénouements étonnants et d’une intrigue mystérieuse, le réalisateur s’amuse avec le spectateur et l’emmène en voyage…
Sa qualité d’esthète laisse admirateur tout amateur de nature et de belles images. En effet, les premiers plans du long métrage nous donne à découvrir l’homme d’affaire et ses sbires marchant dans une forêt en montagne où le jeu de lumière est de toute beauté.
Ce naturalisme ne perd en aucun cas de sa superbe dans la suite du film puisque cette intensité graphique, King Hu à su la conserver grâce aux plans tournés en Corée entièrement en extérieur, car la Chine ne permettait pas à l’époque de filmer ses anciennes bâtisses bouddhiques. King Hu s’est donc approprié la nature sur pellicule pour nous en apporter toute sa saveur.
Seulement cet effort est quelque peu entaché par des évènements scénaristiques languissant, ralentissant le rythme du long métrage jusqu'à caler.
| Ainsi dans la phase du vol du parchemin, les scènes paraissent interminables, toujours identiques, assez peu créatives, basé sur le vieux jeu du chat et de la souris répétés à plusieurs reprises. Ces longs assoupissements que maîtrise parfaitement King Hu sont malheureusement assez néfastes à la dynamique de Raining in the Mountain. Evidemment c’est un défaut assez subjectif, mais le spectateur s’attend à quelques moments plus spectaculaires, plus ébouriffants, même si les acteurs et les personnages secondaires remplissent avec brio leurs misions. Seul les chorégraphies au combat sont quelques peu dépassés avec l’âge et paraissent assez pauvres et timorées . |
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Ces deux attributs négatifs arrivent tout de même à se diluer facilement dans les deux longues heures du film et ceux grâce au réalisateur. Entre initiation bouddhique, wu xia pian, intrigue policière, seul un grand cinéaste peut maîtriser tous ces paramètres. Un nombre incalculable de rebondissements enivrants, exaltants accompagnent le spectateur où seul le final semble décevant.
King Hu réussit avec Raining in the Mountain un ballet de toute beauté où se mêle violence, bouddhisme, héroïsme, perfidie, dirigé d’une main de maître. On regrettera justes quelques passages ralentissant le rythme de ce petit joyau.
Enfin nous pouvons remercier l’éditeur Film Sans Frontières de nous faire découvrir ou redécouvrir cet ancien trésor du cinéma asiatique avec d’autres comme Le Héros Sacrilège ou bien encore Touch of Zen. |