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Grain in ear de Zhang Lu - 2005 - Drame - Chine
Avec Ji Liu Lian, Bo Jin, Ju Kwang-hyun, Tong Hui Wan |
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Ce film présenté dans la section New Currents dépeint le quotidien d’une Coréenne-chinoise en Chine et de ses difficultés de mère célibataire dans l’éducation de son fils pour qui ses racines restent obscures. L’Ecole de Pékin est encore très présente. Il y a comme une vision très académique du cinéma qui rend chaque film soutenu par les studios du film de Pékin uniforme et minimaliste. Ce culte du plan fixe, quoique plus supportable que chez Jia Zhang Khe grâce notamment à un timing plus maîtrisé est devenu une signature des réalisateurs de la 6 e génération sortis des studios de Pékin.
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Soon-hee (Ji Liu Lian) est une mère célibataire élevant seule son enfant d’une dizaine d’années dans le Nord de la Chine, une région aride et dans des conditions de vie très précaires. Elle vend du kimchi coréen sur son tricycle pour les quelques coréens-chinois vivant ici et les rares chinois qui l’apprécient. Cependant, lorsque les ennuis commencent pour elle et son fils, elle doit faire des compromis et se reposer de ou contre son gré sur les quelques hommes qui l’entourent. Ce film décrit très bien la situation des minorités et leur marginalisation au cœur de la société chinoise. Le policier lui demande bien de préciser : « De quelle minorité ? ». Il y a comme une hiérarchisation de classes qui existent en fonction de la minorité à laquelle on appartient et que Soon-hee ressent cruellement. La pauvreté se surajoute à cette malédiction. Cette petite famille est toujours en escale, en partance. Le jeune (Bo Jin) demande en somme où sont ses racines lorsqu’il cherche à savoir : « Quand repartirons-nous pour notre ancienne maison ? ».
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L’actrice qui interprète Soon-hee est très typique de ce genre de film : détachée, flegmatique, désabusée, sans commune mesure avec certains traits très forts de ses voisines prostituées. Le jeune est amusant, malicieux et joue le leader parmi les enfants de cette petite communauté. Mais par une ellipse scénaristique, le film élude ce qui lui arrive. Le ressort de cette quasi-tragédie se dénoue à la fin du film par un banquet mémorable. Ainsi, sans avoir lu le synopsis, on pourrait se demander où le réalisateur veut nous emmener, quels rails il suit. C’est la faiblesse de Grain in ear. Une vision trop contemplative et un manque d’intrigue. Sa force, c’est de montrer près de Pékin des espaces désespérément plats et vides, quasi-désertiques comme les sentiments dont font preuve les personnages entre eux. |
La mise en scène réduite à son minimum lors des scènes de sexe notamment les rend crues et froides tant et si bien qu’on ressent la désolation des relations humaines, le gouffre sentimental dans lequel sombre Soon-hee.
Et c’est probablement le témoignage le plus vivace de ce film, celui d’une colère qui éclate froidement, avec parcimonie. Le long travelling en steady-cam de la fin du film qui se prolonge au-delà du générique est symbolique de ce film. Un dos tourné à la société qui l’a abandonnée et une fuite en avant de son héroïne vers des destinées plus propices ? Ce film a reçu le prix New Currents de ce 10 e festival par le Jury présidé par Abbas Kiarostami. |
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Mystere Vic – 10 e PIFF – Octobre 2005
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