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THE PRESIDENT's LAST BANG de Im Sang Soog - 2005 - Corée Sud
Avec Suk-kyu Han, Baik Yoonshik, Song Jaeho |
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NOTE : 7/ 10
Genre : Politique
Résumé
Séoul 1979. Un dîner privé réunit pour une soirée le Président de la République et ses trois plus proches collaborateurs : son chef de sécurité, son secrétaire, et le directeur de la CIA coréenne, tous trois se disputant les faveurs du Président.
Une chanteuse pop, starlette montante, et une autre jeune femme ont été conviées pour distraire ces messieurs... Pendant ce temps, le directeur de la CIA se prépare à assassiner le Président. Il quitte la pièce quelques instants afin d'instruire une dernière fois ses agents du déroulement des opération. ..
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Avec Une Femme Coréenne, sorti en France en mars dernier, Im Sang-Soo s'est déjà largement imposé au-delà des frontières ( Lotus D'or au Festival du Film Asiatique de Deauville en 2004). Avec The President's Last Bang, film présenté au Festival de Cannes 2005 à la quinzaine des réalisateurs, il réalise l'une des oeuvres les plus controversées de ces dernières années en Corée en abordant de manière très peu politiquement correcte l'assassinat du Président Park Chun-Hee, qui a eu lieu dans la nuit du 26 au 27 octobre 1979.
Dans la droite lignée du thriller politique , The President's Last Bang raconte les dernières heures de Park Chun-Hee et les conséquences immédiates de son assassinat avec une froideur presque chirurgicale. Telle une autospie d’un assassinat prémédité .
Sur un scénario qu’il a lui-même écrit, l'histoire de The President's Last Bang est clairement divisée en deux parties, avant l’assassinat du Président et après celui-ci. L’intrigue opère dès lors que tous les acteurs du drame sont réunis dans la propriété qui sera le théâtre d'un véritable massacre. On pose les pions sur l’échiquier, et on regarde ensuite la partie .
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A travers une mise en scène épurée, voire sobre, Im Sang-Soo reconstitue le contexte et les enjeux politiques de l'époque et apporte une interprétation sur un fait historique qui a bouleversé la Corée. Alors que le film prend des allures de huis clos, où l’on sent presque la claustrophobie nous gagner dans ce palais étriqué, certains jeux de mise en scène préparent explicitement à l'événement. D’où un sentiment analogue à celui du qui-vive .. Un magnifique plan permet au réalisateur de nous donner à voir le labyrinthe entier où est installé le président en partant de la pièce où il se divertit puis se balade dans les couloirs. L’idée est excellente, non seulement elle laisse à penser que quelque chose d’inquiétant va arriver mais aussi, de situer tous les personnages qui ne font pas partie de la tentative de coup d’état mais qui seront pris dans la bataille. |
Aussi, lorsque le président est assassiné, la fusillade qui s’ensuit devient crédible grâce à ce petit tour de caméra qui restait pourtant très souvent cloîtrée dans une seule pièce. Cette scène de meurtre, pivot du film, est caractérisée par une violence brute et sans ambages totalement contrastante avec l’artificielle quiétude des lieux.
La seconde partie , montre les heures qui suivent l'attentat et les conséquences en chaîne de celui-ci. Ces conséquences politiques, sont finement mises en perspectives. Le réalisateur témoigne alors d’une simple évidence : en débarrassant le pays d'un dictateur, un nouveau système ne peut être adopté que lorsque le pays est prêt à le recevoir. Les rêves de démocratie peuvent-ils s’imposer subitement à une organisation qui a toujours fonctionné sous le totalitarisme ? |
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Mais ce n’est pas seulement cela, Im Sang-Soo désire aussi explorer les enjeux et le libre arbitre de chacun des personnages, ce qui permet de porter un regard moins manichéen puisque nuancé par les personnalités de chacun . Même le Président Park Chun-Hee, qui a pris le pouvoir par la force en 1961 et qui est présenté au début du film comme un dictateur, apparaît lors de ses derniers instants comme un homme vieillissant et pathétique. Im Sang-Soo est tour à tour distant (dans les préparations du meurtre) et à la fois proche de ses personnages tourmentés à fomenter un crime, comme si leur prise de conscience lui semblait importante à souligner et à filmer avec des plans très fixes et rapprochés.
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Bénéficiant d'une réalisation remarquable, The President's Last Bang est aussi appuyé par un énorme travail de reconstitution sur les costumes et les décors, ainsi que par une esthétique soignée, notamment pour la photographie d’où émane des tons plutôt chauds (rouge, marron, vert doux). Le film doit aussi beaucoup à l'interprétation de l'excellent Baek Yoon-Shik (Save the Green Planet) dans le rôle de Kim Jae-Gyu, et l'incontournable Han Suk-Gyu (Shiri, La 6e Victime) qui interprète le chef de la KCIA.
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| Si avec « Une femme Coréenne » il mettait en avant l’émancipation de la femme et ses conséquences sur le couple, et par là-même le bouleversement de la suprématie masculine sur ce sexe séculairement considéré comme faible, voire inférieur, avec "The president’s last bang" Im Sang-Soo dissèque un instant historique pour tout un peuple, pour le prix qu’ont eu a payer des hommes espérant un monde plus juste ou simplement une société dont ils pourraient tenir enfin les ficelles. Car en effet, en aucun cas il ne s’agit d’un plaidoyer pour la révolution mais plutôt d’une critique acerbe d’un système de népotisme, de bureaucrates sans scrupules et d’une mentalité telle que le coup d’Etat ne peut être qu’un coup d’épée dans l’eau : reste alors aux fidèles du président qu'à se redistribuer entre eux les charges du pouvoir et à confortablement perpétuer le régime. Les escendants de certains de ces mêmes bureaucrates sont à présent sur l’avant scène politique Coréenne. |
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On comprend donc aisément que la vision du cinéaste ait créé quelques remous Il se fait le témoin des avancées et des régressions de son pays avec un regard incisif et acerbe.
Sachez tout de même que ce film n’a pas été réalisé sans mal, en plus des réactions agressives des conservateurs vis-à-vis du projet, The President's Last Bang a dû faire face aux attaques de la famille de Park Chun-Hee lui-même. Outrée par la vision que le film donnait du Président, montré comme un dictateur libidineux, celle-ci a engagé des poursuites judiciaires à l'encontre de la production et de Im Sang-Soo lui-même.
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Ce scandale médiatique s'est soldé par l'amputation par le Comité de Censure de Séoul de quatre minutes du film, un prologue et un épilogue qui proposaient des images d'archives sur le Président.
La route est encore longue Monsieur Im Sang-Soo, mais au moins vous l’avez choisie.
Et rien que pour cet effort, cette volonté de comprendre l’installation d’une démocratie malgré les cupidités de chacun, cet espoir en une Corée moins hypocrite quant à son passé, Im Sang-Soo se pose réellement comme un cinéaste à suivre. Vision ironique des luttes de pouvoir politique, cette œuvre riche et dense, « The president’s last bang » développe des enjeux a priori étroitement liés à l'histoire d’un pays. Qu’on se garde de ce préjugé, les thématiques développées ici nous concernent tous. Les luttes de pouvoir comme les dictatures sont monnaies courantes et font partie aujourd’hui d’une réalité mondiale pour les trois-quarts de la planète. |
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MatriXa
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