Accueil
News
Définition Cinéma Chinois
Définition Cinema Japonais
Liens de l'Asie

CANNES 2002
CANNES 2004
DEAUVILLE 2003
DEAUVILLE 2004


ASIA-DIFFUSION.COM


ACCES FORUM

Les DVD du mois
DVD ARTE
DVD CTV
DVD HK VIDEO
DVD MK2 EDITIONS
DVD ONE PLUS ONE

DVD OCEAN FILMS
DVD WILD SIDE
Où acheter ses Films



Christy Chung
Eric Vally
Nguyen Phan Quang Binh

Contactez-nous


PARTENAIRE DE




PICNIC de Iwai Shunji - 1996 - JAPON
Avec : Asano Tadanobu, Chara, Koichi Hashizume
Genre : Escapade poétique
Note : 8.5/10

Résumé : Coco, une jeune fille désarmé vêtue telle un corbeau, est amené dans un hôpital psychiatrique par ses parents. Là bas, elle va rencontrer Satoru et Tsumiji, deux aliénés avec qui elle va commencer une longue marche sur les murs japonais.

CRITIQUE :
Réalisé peu de temps avant Swallowtail Butterfly, Iwai Shinji signait avec Picnic sa première collaboration avec la chanteuse Chara dans un film aussi atypique qu'essentiel.
Le film débute sur une vielle femme déposant des roses rouges sur la route. Une voiture débarque à toute allure avec à son bord une jeune femme extravertie, vêtue toute de noir et de plumes, devant un hôpital psychiatrique où l'on se charge d'accueillir de force la nouvelle arrivée. La bas, Coco rencontre Satoru et Tsumiji, deux hommes aux mal être viscéral qui vont lui montrer inconsciemment le chemin de la liberté : perchés en haut du mur de l'enceinte de l'asile, les trois protagonistes s'essaient à la liberté, non sans en connaître les conséquences.
Picnic est une oeuvre réfléchie où chaque plan, chaque dialogue démontre une signification particulière. Sorti de l'asile, la première personne qu'ils rencontre est un prêtre qui voit en Coco et Tsumiji, deux envoyés du ciel : l'un habillé de sa tunique blanche d'asile, l'autre de sa parure noir composée de plumes de corbeaux cousues. Le bien et le mal. L'ange et le démon. Le paradis et l'enfer. Une opposition évidente dans la conception de l'au delà qu'ont ses deux personnages, de leur rapport vis à vis de Dieu. Le prêtre remet un manuel biblique à Tsumiji qui obnubile, fascine, le jeune homme : sa rédemption pour la paradis passe par la croyance en un Dieu auquel il ne croit pas. Et pourtant ses cauchemars l'obsèdent et la lumière religieuse si brillante, si intense, lui semble être la seule voie de la rédemption.
Pour Coco, son rapport à Dieu est tout autre puisqu'il revêt l'image de ses parents, ceux la même qui l'ont amené dans cet asile, elle vit dans la persuasion d'être la fille du monde et que celui ci viendra à disparaître à sa mort tel qu'il a été crée à sa naissance. Un raisonnement absurde selon Tsumiji, la démonstration évidente d'une folie qui la condamne à l'enfer. Lui, l'ange prophète, elle, l'ange de l'apocalypse. Une réalité dont Coco est pourtant consciente, la fatalité de la mort ne l'effraie point pas plus que l'enfer dont elle vante les mérites.
Accompagnés de Satoru, ils vont entreprendre une longue marche vers un phare afin d'y contempler la fin du monde, l'apocalypse prédit par le manuel du prêtre. Un quasi pèlerinage pour ces trois oiseaux du ciel qui voient dans cette longue marche au dessus de la ville, une issue au misérabilisme de leur vie. La fin du monde est proche et eux seuls le savent, la peur de retourner en cellule de redressement a disparu, ils sont enfin libre, une liberté physique mais aussi morale. Seule leur éternelle folie continue à les hanter, une folie dont ils semblent être conscients puisqu'ils se refusent à mettre un pied à terre avec le monde civilisé.
De murs en murs, ils parcourent le chemin qui les mène au phare où il se résigneront enfin à entamer leur picnic mais un des oiseaux tombe et meure et soudain c'est toute la réalité qui réapparaît, une réalité âpre et amère faite de peurs et démons du passé : Tsumiji n'arrive pas à accepter ses gestes, il condamne son attitude sans parvenir à l'assumer, il vogue vers un idéal mais s'accroche désespéramment à la vie. Coco n'éprouve aucun regret tout au plus quelques remords mais sa folie la sauve des tourments de la culpabilité, elle vogue vers un idéal de vie tout en sachant sa fin inéluctable. Un contraste permanent entre la vie et la mort, entre Coco et Tsumiji, le prophète connaît la route, il est la vie, le leader et l'archange, laissée seule, est perdue, désemparée.
Une histoire de toute beauté, où les détails foisonnent, abondent et créent une atmosphère coupée du réel, presque intemporelle. Les plans sont d'une toute beauté et confirment bien tout le talent du réalisateur : ancien réalisateur de clips musicaux notamment pour la chaîne MTV, Iwai Shunji (All about Lily Chou Chou, Love Letter, Swallowtail Butterfly) nous prouve qu'il sait également réalisé un très beau cinéma, allier la poésie lyrique à la beauté visuelle. Et pourtant le film débute de manière très austère installant une ambiance dérangeante, oppressante : l'asile aux couleurs si ternes à mi chemin entre une usine désaffectées et une prison, le cauchemar éveillé de Tsumiji pendant que Satoru se soulage ou encore l'infirmière martyrisant Coco.
On assiste démunis, étouffés par la déchéance, la dérive mentale des trois internés et ce n'est qu'une fois sortis au delà de l'enceinte de l'asile que l'on parvient à reprendre son souffle. Le réalisateur parvient alors à nous faire partager avec presque autant d'émotion que pour les évadés, le simple plan plongeant sur une route traditionnelle. Un plan à la signification évidente, sublimé par la mise en avant d'une musique splendide composée par Remedios, très chargée émotionnellement.
Les acteurs font preuve d'une justesse de jeu incroyable, la palme revenant à Chara (Swallowtail Butterfly) qui nous interprète le rôle d'une femme-enfant aux allures de vamp des temps modernes de manière très réaliste. Les chansonnettes qu'elles poussent avec une voix surélevée dans les aigus démontre très justement se détresse et l'abandon d'une quelconque raison, ceci comme l'hystérie dans laquelle elle plonge régulièrement.
Asano Tadanobu (Last Life in Universe, Electric Dragon 80 000v, Zatoichi) est parfait comme à son habitude et peut sans aucun doute être considéré parmi les meilleurs acteurs japonais contemporains. A l'aise dans une variété de rôles impressionnants, il réalise ici déjà une prestation sans faute et insuffle au film un charisme indéniable dans sa relation avec Chara (ils sont d'ailleurs ensemble dans la vie réelle).
D'une beauté plastique incroyable, Picnic est une oeuvre majeure de la filmographie de Shunji Iwai où le réalisateur nous offre un scénario certes assez léger et d'une durée relativement courte (à peine plus d'une heure) mais basé sur une thématique intéressante et servi par une interprétation et une bande sonore magistrale. Un film à découvrir de toute urgence.
GALERIE


MUSASHI


LES FILMS DE A à Z
INCONTOURNABLES
INFLUENCES


Andrew Lau Wai-Keung
Ang Lee

Chen Kaige

Fruit Chan
Gordon Chan
James Wong

Johnny To Kei Fung
John Woo

Jia Zhang-Ke
Liu Chia Liang
Li Yang
Lik Wai Yu
Lou Ye
Lu Chuan
Patrick Tam
Patrick Yau
Ringo Lam
Samo Hung
Shaw Brothers
Stanley Kwan
Stephen Chow
Teddy Chen
Tony Ching Siu-Tung
Tsui Hark

Wang Xiaoshuai
Wang Yu
Wong Kar Wai
Yuen Woo Ping
Zhang Yang
Zhang Yimou


Ayoma Shinji
Akira Kurosawa

IWAI Shunji
Kenji Mizoguchi
Kinji Fukasaku

Kiyoshi Kurosawa
Hirokazu Kore Eda
Hideo Nakata
Sabu
Seijun Suzuki
Shohei Imamura
Shinya Tsukamoto
Sono Shion
Takeshi Kitano
Takashi Miike
Takashi Shimura
Yasujiro Ozu


COREE
Chang Yoon-Hyun

Eo II-Seon
Hong Sang Soo

Hyun Nam-Sub
Je-Gyu Kang
Kim Ki-Duk
Kim Ji Wun
Kim Sung-soo
Lee Chang-Dong
Park Chan-Wook
Song Hye-sung
INDONESIE
Riri Riza

VIETNAM

Tran Anh Hung
TAIWAN
Edward Yang
Lin Cheng-Sheng

Hou Hsiao Hsien
Tsai Ming Liang
THAILANDE
Frère Pang


Andy Lau
Bruce Lee

Chow Yun Fat
Christy Chung
Gong Li
Hirokazu Kore Eda
Jackie Chan
Jet Li

Jiang Wen
Ju Jun
Koji Yakusho
Lau Ching Wan
Leslie Cheung
Liu Ye
Maggie Cheung

Michelle Yeoh
Stanley Kwan
Shu Qi
Song Kang-Ho
Takeshi Kaneshiro
Takashi Shimura
Terajma Susumu
Tony Jaa
Tony Leung
Tony Leung Kar Fai
Toshiro Mifune
Tran Anh Hung
Zhang Ziyi

webmaster