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Perpetual motion
de
Ying Ning - 2005 - Chine
Avec Hung Hung, Sola Liu, Qinqin Li, Yanni Ping |
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Quatre femmes chinoises, Quatre célébrités de Pékin qui se retrouvent pour un huis clos la veille du Nouvel An lunaire à l’invitation de Niuniu, rédactrice en chef d’un magazine de mode populaire. Celle-ci vient de dénicher un email enflammé d’une femme à son propre mari qui désigne Niuniu très précisément. Elle compte bien découvrir en les conviant à un réveillon entre femmes, laquelle de ses amies est la traîtresse qui a une aventure à son insu. Une fois dans la somptueuse demeure de Niuniu, les quatre femmes s’épanchent dans des discussions intimes, évoquant tour à tour leurs conquêtes passées, leur libido mais aussi l’influence de la société chinoise sur leur émancipation et le rôle de pères conservateurs et de mères passives dans leur éducation. On oublie pour un temps le but initial de cette réunion insolite avant qu’un événement imprévu vienne la contrarier .
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Ce film est le cinquième réalisé par Ying Ning, auteur de la trilogie Pékin : Composed for the fun (1992), On the beat (1995) et I love Beijing (2000). Une des rares femmes réalisatrices chinoises reconnues dans le monde, Ying Ning réalise des vrais films de femme, avec une sensibilité toute particulière pour leurs préoccupations et les émotions qui les animent. Les personnages y sont crédibles dans la mesure où trois des actrices principales sont en réalité issues de familles aisées de l’intelligentsia pékinoise. Sauf Li Qinqin qui est, elle, une actrice renommée en Chine. Les quatre femmes ont donc pu puiser dans leur expérience de la jet set chinoise pour interpréter leurs personnages au plus juste et livrer une satire sociale bien frappée .
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Perpetual motion comme son nom l’indique est aussi une réflexion sur l’évolution de la société chinoise et le fossé grandissant entre les valeurs paternalistes de lutte des classes et la société moderne régie par l’argent et le pouvoir. Du point de vue de la réalisatrice, filmer dans un décor ancien nous laisse imaginer que seuls les riches peuvent encore se permettre ce genre de fantaisie. Les pauvres sont expulsés des vieux quartiers détruits – à l’exception donc de ces quelques chefs-d’œuvre architecturaux habités par l’élite – et relégués dans des immeubles HLM qu’on aperçoit sur le plan final. Ces considérations d’urbanisme sont la métaphore filée du destin. |
Dans une définition ironique, l’une des quatre amies qui travaille dans l’immobilier annonce que le destin est similaire à la structure d’un immeuble, on ne peut la contrarier ni la changer. Mais la chance, c’est en quelque sorte la décoration intérieure ou extérieure. Simple ou luxueuse, sobre ou sophistiquée, libre à chacun de donner sa force à l’immeuble. Il s’agit de saisir sa chance. Libre à chacun…oui mais ce discours libéral semble oublier que, justement, la liberté de choisir, d’embellir son destin, nombre en sont privés en Chine et dans le monde. Cette réplique est donc plutôt à prendre au second degré, comme une brique de la critique sous-jacente qui parcourt le film. |
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Ainsi, plutôt que de s’étendre indéfiniment sur la relation adultère que son mari entretient avec l’une de ses amies, ce qui nous aurait gratifié d’un charmant Vaudeville, la réalisatrice s’attache à montrer des femmes fortes, indépendantes, affranchies de la présence des hommes repoussés dans une absence éloquente et qui n’hésitent pas à critiquer la société dans laquelle elles vivent, chose impensable, il y a seulement quelques années. Elles épanchent leurs sentiments, avouent leur idéal, confient leurs aspirations. Ce qui fait l’intérêt de ce huis-clos, c’est le jeu de ces actrices sans lesquelles le film n’a pas de raison d’être . |
On perçoit bien en toile de fond des éléments résurgents de la culture communiste comme ce show télévisé à l’occasion du nouvel an, vantant les mérites et la fierté d’être chinois, chinois de cette grand(e)-mère patrie. Mais ce qui amuse avant tout c’est l’attitude de ces femmes, prostrées devant le téléviseur, dans un ennui abyssal. Par moments, le film se perd en longueurs et en silences. On digère lentement du festin de pieds de poulets et le récit somnole. On ne voit plus où et chez qui la réalisatrice veut nous convier jusqu’à une catharsis finale, dans un fou rire incoercible, qui se conclue par un travelling dans les rues de Pékin où trois de ces femmes marchent fièrement. Lesquelles ? C’est cela le mouvement perpétuel chinois, une impression d’avancer vers l’avenir, sans d’autre obstacle que ceux qu’on peut éliminer. |
Mystere 10e PIFF - Octobre 2005
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