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GENRE : Comédie Musicale
NOTE : 7/10
RESUME :
Pékin, il y a longtemps ...
Lin Jian Dong souhaite faire carrière dans le cinéma quand il tombe amoureux de la jolie Sun Na, danseuse dans un bar. C’est la rencontre de deux coeurs solitaires mais aussi celle de deux ambitions différentes. Peu après, Sun Na, qui a connu la misère et aspire à la reconnaissance, au succès et à la richesse, abandonne Lin Jian Dong pour un homme susceptible de la rendre célèbre. Dix ans plus tard, devenue une star, elle est la compagne d’un des plus grands cinéastes chinois, Ni Wen,dont on annonce le nouveau film: une histoire d’amour, sur fonds de comédie musicale. Sun Na y jouera le rôle féminin principal et Ni Wen a décidé que la vedette masculine en serait Lin Jian Dong, devenu lui aussi un acteur célèbre et populaire. L’amour peut se révéler parfois un jeu aussi dangereux que compliqué...
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Peter Chan est de retour! Et dans une rare forme olympique, telle qu'on ne lui avait plus connu depuis ses fructueuses années passées au sein de la société de production hongkongaise U.F.O dans les années '90s.
Enchaînant les comédies à succès (Alan & Eric – Between hello and goodbye; He ain't heavy, he's my father; He's a woman, she's a man), l'ancien assistant de John Woo avait provisoirement quitté Hong Kong au sommet de sa gloire. Craignant les éventuelles conséquences de la proche rétrocession de 1997, il tente sa chance à Hollywood résultant en le seul fadasse Love Letter (avec une Ellen DeGeneres encore inconnue); puis il se consacre à une prolifique carrière de producteur à l'aube des années 2000's, lançant notamment la carrière internationale des frères Pang avec leur franchise de The Eye.
Sa contribution (la plus réussie) au film de sketches horrifique Three : 3 Histoires de l'au-delà marquait la timide amorce de son retour sur le devant de scène, finalement consolidé par la tonitruante superproduction musicale Perhaps Love.
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Suite au succès des américains Moulin Rouge ou encore Chicago, certains producteurs se portaient dans l'idée de relancer également le genre en Asie, leur cinéma ayant été fortement imprégné de ces productions au cours des années '50s et 60's. A la tête de ces exécutifs, un certain Andrew "Ruddy" Morgan, déjà responsable dans les années '70s de l'introduction de Bruce Lee aux Etats-Unis. |
| Pour ne pas réitérer les échecs cinglants des tentatives hongkongaises antérieures de relance du genre au cours des années '80s (A fishy story) et '90s (Phantom Lover), les producteurs souhaitent mettre toutes les chances de leur côté et se lancent dans une ambitieuse coproduction pan-asiatique, comprenant des pays aussi divers que le Japon, Taiwan, la Malaisie, l'Inde ou encore la Chine. Le choix de Peter Chan à la réalisation peut tout d'abord surprendre, mais n'est – ni plus, ni moins, la conséquence logique de sa propre influence en tant que producteur (notamment à travers des co-productions abouties entre la Thaïlande et Hong Kong, via la franchise des The Eye, par exemple) et de sa volonté affichée de relancer une industrie locale moribonde en se référant à ce que Hong Kong savait faire de mieux à l'époque. |
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Outre sa future production constituée de six longs-métrages réalisés par des nouveaux talents pour rendre hommage à la bonne vieille catégorie III hongkongaise (films interdits aux moins de 18 ans dans l'archipel), il est donc naturel, qu'il soit pionnier à tenter de relancer la comédie musicale.
Homme d'affaires avisé, Peter Chan n'en demeure pas moins un artiste intègre et Perhaps Love tient finalement moins de la comédie musicale, que de la comédie romantique, genre que le cinéaste affectionne tout particulièrement. Prime donc avant tout le délicat triangle amoureux entre un réalisateur sur le déclin, son actrice (et maîtresse) ambitieuse et un premier rôle, qui s'avère être ni plus, ni moins l'ancien fiancée de la vedette. En partant d'une trame relativement classique, Peter Chan emprunte pourtant des sentiers bien loin de tout ce qui s'était fait jusqu'à présent. |
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A commencer par le genre de la comédie musicale en elle-même. Plutôt que de suivre à la lettre les codes du genre, Chan choisit dès le départ de s'en distancier en attribuant les principales chorégraphies au film dans le film. Quelques chansons ponctuent le principal récit en cours, mais constituent davantage une bande sonore, que le déchaînement d'une quelconque folle chorégraphie (une chanson de Kaneshiro accompagne, par exemple, ses déambulations désemparés). Des douze chansons au total, seules la moitié donneront lieu à des séquences extravagantes de durée diverses, dont les plus accomplies seront indéniablement celle de l'introduction et celle de la fin. |
Peter Chan est conscient de ne pas maîtriser le difficile art de la réalisation d'une séquence musicale; il se met donc du côté sûr, en multipliant les angles de vue et en proposant un montage fait d'une succession rapide de multiples plans. Chorégraphies assurées par l'un des meilleurs chorégraphes bollywoodiens actuels, Farah Kan, son exécution en est pourtant parfaite: tous les "classiques" du genre (danses, scènes de foules, intervention d'accessoires tels des parapluies, etc) sont représentés, décors et costumes tout simplement superbes et les styles et lieux suffisamment variées pour ne jamais lasser ni adorateur, ni détracteur du genre.
Ensuite, Chan propose un mélange tout simplement inédit en combinant drame (indépendant) intimiste avec l'extravagance d'une comédie musicale. Plutôt que d'adapter le rythme de son histoire d'amour à celui, trépidant, du tournage musical, il les oppose dans deux styles franchement opposés. J'en veux pour preuve les éclairages aux antipodes entre celui – froid et distancié – de Christopher Doyle et celui – pétaradant et surexposé – de Peter Pau, marquant le rapport entre les flash-back (et l'histoire d'amour) et le présent (le tournage pharamineux). Comme une manière pour Peter Chan de se rassurer, de préserver son entière intégrité artistique en mettant tout de même ses services au genre d'une superproduction. |
| Enfin, le scénario se joue habilement de la fragile frontière entre "réalité" et "fiction" et ce dès le début du film. Pour commencer, l'introduction du mystérieux personnage du Souvenir, qui n'est finalement qu'une réminiscence d'un lointain souvenir. Ensuite, l'arrivée de ce personnage dans une rue, qui s'avère finalement le décor d'un film et d'entraîner le spectateur plein pied dans un monde de "double fiction", puisque étant le tournage du film dans le film. Au fur et à mesure du récit, la frontière entre la "réalité" de l'histoire d'amour passée et la "fiction" du tournage en cours s'amenuise jusqu'à trouver son apogée en une haletante séquence finale laissant définitivement dans le doute quant à l'issue réelle de son histoire.
Jamais auparavant, Peter Chan n'avait su autant se jouer de son audience; et d'adresser une enflammée déclaration d'amour au média cinématographique. |
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Perhaps Love constitue donc – aux côtés de The Host – la seconde véritable réussite dans un effort à combiner film d'auteur avec le blockbuster populaire; et de pleinement réussir à satisfaire le tout public. L'actuelle crise cinématographique traversant l'ensemble des contrées asiatiques – et plus particulièrement celle de Hong Kong – donne donc lieu à des nouveaux projets passionnants et une incroyable amélioration créative. De quoi envisager l'avenir avec sérénité.
Mettez toute appréhension du genre de côté et laissez-vous entraîner dans le merveilleux tourbillon des sentiments exacerbés… |
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HAPPY- Septembre 2006 |
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