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| Peppermint
Candy
de Lee
Chang-dong - Corée du Sud - 2000 |
| avec
Sul Kyung-Goo, Kim Yeo-Jin |
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Peppermint
Candy
Ou comment j'ai gâché ma vie
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PEPERMINT
CANDY - 2000 - GENRE : Comédie Dramatique
- NOTE : 7/10
Une histoire, celle d'un homme qui se demande comment il a pu
en arriver là. Et la meilleure manière pour y
répondre est souvent de se repasser le film à
l'envers. Le film de la vie, frêle lien de réminiscence
qui resurgit et nous assaille lorsqu'en quelques secondes, on
sait qu'on va mourir. Oui, cet homme va mourir et ce n'est pas
briser le suspense du récit que de le dévoiler
puisqu'il s'agit en fait de la première séquence
de ce film insolite.
Tout commence par le suicide d'un homme, un jour d'été
1999 sur une voie de chemin de fer alors que ses compagnons
d'études s'agitent comme des abeilles plus loin en contrebas
pour fêter leurs retrouvailles vingt ans après
leur première rencontre. Que s'est il passé en
vingt ans ? C'est ce qu'on peut se poser comme question et c'est
ce qu'à choisi de nous raconter Lee Chang-Dong en adoptant
cette construction chronologique inverse. On va remonter le
temps et pouvoir répondre à la question "
Pourquoi revient-il ? " |
Par
des travellings avant inversés sur fond de paysages coréens
superbes (dont, pour la première fois, on voit les rails
qui les guident) on remonte le temps et en sept parties, on
renoue le ressort de la tragédie qui s'est jouée
sous nos yeux au début du film. Yong-Ho (Seol Kyeong
Ku) se demande finalement comment il a pu gâcher sa
vie et (éternelle histoire) comment cette histoire d'amour
entre lui et Sun-Im (Moon So Ri) a pu sombrer : questions de
choix et d'attitudes comme l'apprendra le spectateur.
On revoit successivement ce qui s'est passé trois jours
auparavant alors que Yong-Ho a été pris d'envie
de meurtre et comment une visite impromptue a bouleversé
le cours de son existence et a anéanti en lui le maigre
goût à la vie qui y subsistait encore.
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Retour,
ensuite, au printemps 99 alors que tout va bien ou presque au
niveau des affaires qu'il mène mais où il s'aperçoit
que sa femme le trompe en apprenant à conduire. Il va
lui apprendre à se conduire.
Au printemps 87, alors jeune policier, Yong-Ho n'accorde guère
plus d'intérêt à son épouse qu'à
l'enfant qu'elle porte, comme si cet enfant n'était pas
de lui ou ne le concernait pas, signe avant-coureur d'une union
consommée et largement entamée, voire périmée.
Ses pérégrinations le mèneront sur la trace
de son premier amour dont les bras d'une douce inconnue ne suffiront
pas à le consoler. A l'automne 84, Yong-Ho débute
en tant que policier. |
Il
revient juste du service militaire et une serveuse bien connue
du spectateur lui fait les yeux doux. La visite de celle qui
l'a toujours attendu n'aura même pas le pouvoir de le
ramener sur Terre.
Enfin, suivent son service militaire au début 1980 pendant
lequel on apprend et comprend comment il a pu changer puis la
rencontre en 1979 avec Sun-Im et le fameux premier pic-nic
dont la célébration vingt ans plus tard lui sera
fatale. |
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Voilà,
en quelques mots, le film c'est ça mais c'est aussi tellement
plus de choses que relater les faits n'a pas d'effet si ce n'est,
sans doute, celui de vouloir découvrir la vie de Yong-Ho
et de comprendre. Comprendre pourquoi lorsque quelqu'un a toutes
les cartes en mains, tous les atouts à abattre pour jouer
son destin, un détail, une période renverse tout
le frêle édifice. Comprendre pourquoi lorsque quelqu'un
a perdu la seule personne à qui il tenait sur la Terre
n'a plus de raison d'y rester. Comprendre enfin ce que la vie
apporte jour après jour, comment elle efface le passé
puis le fait resurgir brusquement un beau jour, comprendre ce
qu'elle est et ce qu'elle aurait pu être. Si l'apathie
quotidienne n'avait pas assommé un homme, endormi ses
sens et mis en veille toutes ses priorités. |
Ce
constat, Lee Chang-Dong le fait d'une manière
admirable filmée sans excès et dans l'art délicat
de la suggestion. Pas d'effusion, que des choses simples, terriblement
humaines et qui malheureusement sont universelles. Alors
pourquoi en Corée ? Pourquoi en Asie ?
Peut-être parce que là-bas les amants ont cette
noblesse qui leur fait jurer fidélité pour la
vie et que même l'occidentalisation n'a pas su effacer.
Un serment que l'esprit peut oublier mais pas le cur.
Edward Yang en réalisait l'importance dans Yi-Yi,
Lee Chang-Dong ne fait que le confirmer.
En se servant d'une construction scénaristique admirablement
orchestrée (sauf peut-être la fin à laquelle
on reprochera une tendance trop contemplative), d'images fragiles
et fortes à la fois, il donne à ce film une saveur
toute particulière qu'on croit goûter pour la première
fois tout en ayant l'impression de l'avoir toujours connue.
Comme ces bonbons à la menthe qu'on mangeait quand on
était petit et qui auront toujours le même goût. |
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