A l ’orée et de son nouveau long métrage en collaboration sino-japonaise, il est réellement passionnant de se plonger dans ses anciens longs métrages et de découvrir un cinéaste à double visage : celui d’un grand conteur social avec Vivre! , Epouses et Concubines ou Pas un de moins, et celui d’un aventurier plutôt chanceux avec ses épopées de Wu Xia Pan commerciales tel Hero et le Secret des poignards volants.
Ici place à la société chinoise d’aujourd’hui ou devrais je dire plus précisément celle de l’avant 2000, date de réalisation du long métrage. |
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En effet, Pas un de moins nous invite à découvrir la passionnante et difficile vie d’une adolescente de 13 ans, Wei, dont le seul mérite fut d’être allé à l’école suffisamment longtemps pour se voir nommer institutrice remplaçante d’une école élémentaire moyennant quelques yuans bien mérités. Pour ce faire, le chef du village et l’instituteur sur le départ lui présente sa classe composée d’enfants d’âges différents, premier révélateur de l’extrême pauvreté de certaines campagnes chinoises et notamment d’un élève en particulier, le jeune Zhang, sorte de schtroumpf farceur disposé 24h sur 24h à semer la zizanie au sein de la classe. Ainsi, bien que très remuant, Zhang est l’enfant d’une famille pauvre où sa mère fortement malade est dans l’incapacité de travailler. |
L’enfant n’a donc pas d’autre choix de devenir temporairement le chef de la famille et de migrer à la ville pour y trouver un emploi. Seulement, ne connaissant rien aux subtilités citadines, Zhang est victime de l’espièglerie des citoyens tandis que Wei avait promis à son instituteur, prématurément partit, de ne laisser aucun enfant hors de la portée bienfaitrice de l’école. S’engage alors de la part de Wei, une recherche interminable afin de ramener Zhang à sa scolarité ... |
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On ne sait pas où se déroule géographiquement l’aventure humaine de Pas un de Moins mais on peut toutefois deviné qu’elle se déroule dans la région à proximité de Xi’an, origine même du réalisateur chinois Zhang Yimou.
En cette année de 1999, le cinéaste tente le pari fou d’employer uniquement des acteurs non professionnels, méthode déjà employé par Chen Kaige ou Tian ZhuangZhuang, afin d’accentuer d’avantages les émotions dégagés par les personnages. Cette petite folie est toutefois un succès puisque les acteurs de cette épopée sociale nous transportent dans un voyage fascinant au cœur de la Chine, au cœur de sa pauvreté, au cœur de l’exode rurale et des grandes richesses sentimentale du peuple.
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Zhang Yimou porte dans Pas un de moins différentes visions à commencer par un développement tel un documentaire l’existence d’une très grande misère au sein des régions les plus reculés de la Chine. Entre chant nationaliste comme seul soutien moral à cette disette, et désert socio-économique des petites bourgades que compte la campagne, le cinéaste dresse un portrait d’une société à deux vitesses , d’un coté les grandes villes tel Pékin, Shanghai, Canton et dans une moindre mesure Xi’an face à des contrées où le taux d’analphabétisation est grandiloquent tout comme le manque à gagner des paysans et d’un autre coté la formidable idée de communisme au sens noble du terme même dans les situations les plus désespérés.
Dans un deuxième temps, Pas un de Moins nous plonge au cœur même de la ville, à la recherche de Zhang, histoire de bien assimiler les différence entre village et ville afin d’y découvrir toute une manne de petit boulot pour les enfants où de nombreux paysans n’hésitent pas à envoyer leur progéniture pour quelques yuans insuffisants.
Ce labyrinthe social piège le jeune Zhang et son institutrice. Elle qui ne connaît pas la ville, issue de la campagne profonde, ne perd pas espoir en la recherche de son élève en employant toute une panoplie de méthodes et surtout en déployant tout son courage.
On y observe, démarche après démarche toutes les manœuvres individuelles entreprises dans un pays dont le fondement est la solidarité du peuple.
Heureusement les médias, seul moyen efficace de trouver un garçon égaré, se penche sur cette disparition grâce à la persévérance de la jeune institutrice. Zhang Yimou ouvre ainsi une troisième perspective d’analyse sur le pouvoir des médias et sur le peu d’intérêts que portent ceux-ci sur les campagnes et généralement les régions de l’Est de la Chine, ou sinon toujours sur un ton culturel et folklorique éloigné à mille lieux de la réalité.
Problème : Zhang Yimou est devenu un réalisateur polis et a bien changé depuis ses premiers films revendicatifs. En effet depuis Keep Cool, le cinéaste chinois courbe l’échine aux autorités chinoises. On se demande où est passé l’auteur d’Epouses et Concubines, Le Sorgho Rouge, ou Qiu Ju. Serait il mort avec ses œuvres ? La suite de ses longs métrages Happy Times, Hero et le Secret des Poignards Volants étayent amplement ce changement. Peut être préfère t’il aujourd’hui être une icône du cinéma chinois pour son peuple plutôt que d’être un cinéaste militant . |
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Dans le cas de Pas un de moins, le réalisateur fait passer les médias comme la bonne conscience de l’Etat, prêt à aider les désoeuvrés, à partir en pleine campagne pour y faire un reportage exceptionnel sur les paysans… non là, Mr Zhang Yimou, il y a quelques limites. Peut être n’a-t-il pas regarder les informations télévisés à cette période là qui évitait de médiatiser les moindres manifestations paysannes, les grands problèmes de pots de vin, ou bien même les relations tendues avec Taiwan qui demeurent toujours aujourd’hui.
Ainsi sur cette dernière phase Zhang Yimou vend sa carrière de cinéaste au diable de l’Etat chinois pour enfer entrer dans les rangs, même si il subsiste un excellent film en la demeure.
Pas un de moins en est une preuve vivante où tous les acteurs non professionnels méritent cette récompense à Venise au détriment d’un cinéaste convertit. |