Bien que distribué par October Pictures Limited à Hong-kong, One summer with you est un film chinois avant tout. Produit par la Jiangsu Huawei Film & Television Art company et filmé dans ces mêmes provinces, le film possède d’abord une indéniable identité chinoise. Le réalisateur Dong Xie a grandi dans les dernières années de Mao et il boucla ses études à la Beijing Film Academy. La patte de l’Ecole de Pékin est reconnaissable mais à l’opposé de films chinois minimalistes vus en ce moment, One summer with you dépeint de manière très classique une romance adolescente sur fond d’ouverture de la Chine populaire au monde occidental. C’est la bière, la musique occidentale à la radio ou sur cassettes qui font leur entrée dans les mœursq.
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A une époque coincée entre la première tournée d’un occidental – Jean-Michel Jarre dans les grandes métropoles chinoises que sont Shanghai et Beijing et les manifestations matées dans le sang place Tian An Men, cette campagne du milieu des années 80 est encore bien traditionnelle, attachée aux valeurs vertueuses des femmes, à l’idéologie communiste brandie à coup de slogan sur panneaux et dans la cour des écoles. Les bavardages vont bon train dans le voisinage. C’est une époque où il ne fait pas bon sortir du rang.
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Pourtant un jeune homme le fait au début du film et la société respire un parfum de liberté. Sur fond de propagande, aussi présente dans les chansons, Sun Hongwei tombe amoureux de Li Mingxin. Renvoyé de l’école pour avoir porté outrage à un professeur et l’avoir fièrement revendiqué, Sun Hongwei devient facteur comme son père. Dès lors il va s’attacher à porter avec diligence le courrier à la belle Li Mingxin, première de sa promotion et fille de coiffeuse, en passe de partir pour Pékin. Mais la jeunesse est éprise de liberté, Hongwei bloqué en province à cause de son attitude frondeuse. Il va donc cacher à Li sa lettre d’admission à l’Université de Pékin, attendue comme une bonne nouvelle émancipatrice et signe d’un avenir prometteur .
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Ce film au thème classique reste très bien mené. Pas trop de longueurs, le rythme d’une romance sur fond de chronique sociale. La respiration d’une Chine en mutation et les aspirations d’une jeunesse en mal d’envies. Un ressort tragique ouvre le film et fait durer le suspense (ou du moins ce que l’on croit qu’il en reste) jusqu’à la fin du film. A moins qu’elle ne soit la rêverie douloureuse d’un Hongwei fou d’amour.
| Cette manœuvre subversive que certains qualifient de vicieuse pour le spectateur est en fait un piège subtil où il fait bon se laisser prendre et pour cela, le film réclame une attention particulière. On ne peut adhérer complètement au personnage de Hongwei qui, par amour, « ruine » la carrière de Mingxin mais on peut expliquer ce geste : la peur du vide, de l’absence, lorsqu’on a trouvé l’amour est sinon pardonnable du moins compréhensible. Ambivalence du personnage effrayé d’avoir perdu ce cachet sensé sceller son destin, maladresse de l’amoureux qui tend cette lettre comme un aveu, le film sait marier les genres avec audace. |
| Vers la fin du film, un plan d’ensemble sur la ville nous montre une Chine prématurément vieillie, exsangue d’une exploitation industrielle anarchique et d’un grand bond en arrière laissé en seul héritage à cette jeunesse qui vibre au diapason de l’Occident. Un rêve qu’ils n’étaient pas les seuls à partager, |
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