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Vous en avez tous vus, ils sont devenus incontournables pour notre cher Occident : les films d’horreur d’Extrême Orient ont la côte.
Alors, on récupère ce qui a pu marcher chez eux.
One missed call a en effet très bien fonctionné au Japon. Pourquoi donc ne pas le proposer à l’Occident qui s’est rué sur les « Ring », « The Grudge », « Audition » et autre « Dark Water » ?.
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Le problème, car c’est en effet, un problème, le genre horreur nippon a des codes très spécifiques à respecter, très différents des nôtres, de par, vous l’entendrez une culture, une histoire et une théologie singulière. Le film d'horreur japonais participe d'une économie (emprunts, codes, clins d'œil, ressorts narratifs particuliers...) qui s'apprivoise à l'usage. Si on veut aborder ce genre, il est nécessaire de s’informer .. Mais puisqu’il faut bien commencer par un film, pourquoi pas ce Miike là ...
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« One Missed Call » est déjà un OVNI dans la filmographie d’un réalisateur déjanté et à l’univers particulièrement unique, fou, déviant presque sous LSD ou speed quelconque. Ce Miike là reprend une idée qui a marché : une cassette vidéo qui regardée par quelqu’un l’entraînera dans la mort .. un appel téléphonique reçu par quelqu’un qui le conduira ipso facto vers le trépas.. Pas très original jusque là .. On dira un Ring Like ..
Néanmoins le portable est un outil de communication, là où la cassette VHS de « Ring » fait figure d’objet obsolète ou d’une autre génération. Le portable, de nos jours est fétichisé, habillé, on lui met des screeners, on lui donne une sonnerie particulière, bref il est un objet qui fait lien pas seulement avec l’autre personne au bout du fil mais avec les autres, ceux qui ont aussi cet objet. On y intégre tout, les adresses, les numéros de téléphone de ses amis . |
L’adolescent nippon .. comme l’occidental peut donc se laisser porter par un scénario où les personnages ont des désirs et des modes de vie analogues au public. Là est la réussite de Miike, faire de cet objet si miniaturisé avec la modernisation, si évident à chacun, un levier pour .. la pire des morts. Utiliser comme objet létal un petit téléphone que même les classes sociales moyennes possèdent dans nos pays industrialisés est une idée géniale. Un objet dont la plupart d’entre nous ne peuvent même plus se passer .
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Mais le scénario ne suit pas. Il plagie avec allégresse dans le passif cinématographique de l’horreur nipponne de cette dernière décennie. .. Les personnages sont agaçants au plus haut point .. les conséquences des actes anticipées par le spectateur assez rapidement .. La seule surprise, est la subversion. A travers un film pré-formaté blockbuster qui doit faire rentrer de l’argent, Miike réussit à dénoncer les médias et leurs contributions à l’abrutissement des masses. En faisant intervenir une chaine de télévision pour filmer l’exorcisme d’une des « maudites ».. il donne à voir toute la vulgarité du spectacle de la souffrance de l’autre, en forçant le trait sur la naïveté .. voire la bêtise de la victime potentielle .. C’est à cet instant que l’on voit enfin le réalisateur agir, filmer, être celui qu’on adore ou éxecre mais celui qui sait montrer là où c’est nauséabond et là où nous sommes responsables.
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Par où prendre ce film donc ? Si c’est en tant qu’un film de Miike, la déception est de mise, trop peu de données, de stigmates « Miikien » pour satisfaire les fans. S’il s’agit de satisfaire un public friand d’angoisses asiatiques .. pourquoi pas .. Et encore, en espérant que ce même public ne connaisse rien aux « Ju-on » et se cantonne à ce que le marché lui impose : du « Ring » et du « Grudge » .. Il sera sans doute en terrain familier, et appréciera l’innovation : le portable au lieu d’une VHS.
S’il espère une quelconque ossature dans le scénario avec des personnages présents et attachants, il sera vite déçu .. Non pas qu’ils décédent tous très vites mais .. Miike ne s’intéresse pas du tout à ses personnages. Seuls l’action, les mouvements très rapides de caméra comme les réactions outrancières de ses actrices structurent réellement ce film.
Au final, l’œuvre mineure de Miike par excellence, un divertissement qui n’apporte rien de nouveau sur le terrain de l’horreur nipponne mais un levier de l’horreur si international qu’il peut trouver un public consensuel. Sachez pour l’anecdote qu’un second opus est prévu « One missed Call 2 » réalisé cette fois ci par un familier des productions télévisées Renpei Tsukamoto. Vous serez, à coup sur, prévenus en temps et en heure de son arrivée sur nos écrans. |