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OLDBOY- de Chan-Wook Park - COREE SUD- 2003 - Thriller
Avec Choi Min-shik, Yoo Ji-tae, Kang Hye-Jeong, Ji Dae-Hang, Oh Dal-Su
OLDBOY : 2003 - GENRE : Thriller- NOTE : 8/10
A la fin des années 80, Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour devant chez lui. Séquéstré pendant plusieurs années dans une cellule privée, son seul lien avec l'extérieur est une télévision . Par le biais de cette télévision, il apprend le meutre de sa femme, meurtre dont il est le principal suspect . Au désespoir d'être séquestré sans raison apparente succède alors chez le héros une rage intérieure vengeresse qui lui permet de survivre . Il est relâché 15 ans plus tard, toujours sans explication . Oh Dae-Soo est alors contacté par celui qui semble être le responsable de ses malheurs, qui lui propose de découvrir qui l'a enlevé et pourquoi . Le cauchemar continue pour le héros.

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Park Chan Wook, déjà réalisateur très controversé du fameux "Sympathy for Mr Vengeance" avait dérangé avec ce long métrage, d'autant que c'est aussi lui qui a réalisé Joint Security Area, Thriller Politique plutôt classique et suffisamment occidentalisé sur fond de relation Corée Nord-Sud.
Suite aux différents articles issus de la presse spécialisée et des sites, OldBoy laissait préssentir une touche très "Sympathy", une sorte de second volet, violent et déjanté. Il n'en est rien ou presque, OldBoy est un film neuf et mature, rien de comparable, ni dans la mise en scène, ni dans la réalisation, ni dans la photographie. Old Boy, prix spécial du jury de Cannes 2004 va t-il permettre au cinéma Coréen en pleine ascension de faire connaitre de nouveaux réalisateurs ? OldBoy est-il le fer de lance de la nouvelle vague Coréenne ?

Avant toute analyse, le film de Park Chan Wook nécessite avant la critique une première reflexion qui permet d'avoir le recul nécessaire afin d'écrire et d'exprimer de manière plus cohérente peut-être le sentiment trouble des premiers instants. Ai-je ou non apprécié ce film ?

La réponse est oui, cependant, être grand prix du Jury de Cannes 2004 implique une réelle reponsabilité, n'est-ce pas un peu excessif ? Ou alors, la raison est toute autre. Peut-être la volonté d'un jury d'aider le cinéma Coréen ? Mais dans ce cas, OldBoy est-il réellement le film qui va pendant les mois qui viennent porter le drapeau de la Corée.

Il est évident que Oldboy se réserve une clientèle, certainement pas celle du grand public. Alors ?

Park Chan Wook signe ici un film particulier qui raconte l'histoire d'un homme qui se retrouve séquestré pendant 15 ans. Au travers d'une télévision, seul regard sur l'extérieur, il apprend que sa femme a été assasinée et qu'il est le principal suspect. Un jour, il est libéré de ces 15 années. 15 années à accumuler la haine, la vengeance et la violence. A sa sortie, contacté par le ravisseur, il cherche à comprendre. Après les 10 premières minutes du film, on comprend vite que celui-ci sera violent mais pas seulement ...
Laché sur le toit d'un immeuble, Oh Dae-Soo, interprété par l'excellent Choi Min-Shik, que l'on a déjà vu dans "Failan", "Ivre de femmes et de peinture" ou encore Shiri et bientôt dans Taegukgi va rencontrer un premier personnage qui apparemment eherche à mettre fin à ses jours.
Cette première scène met définitement en place l'atmosphère des deux heures qui vont suivre lorsqu'on voit Oh Dae-Soo sortir de l'immeuble dans lequel il était emprisonné et qu'en arrière plan, le pauvre homme du toit de l'immeuble vient s'écraser sur une voiture.

Park Chan Wook réalise sans détour les scènes de violence, le bruitage et les idées sont là, évocatrices et dérangeantes, les mises en scènes sont parfois insoutenables mais aussi très créatives. Je pense ici à une scène particulièrement bien filmée qui met en scène Oh Dae-Su dans un couloir. Celui-ci armé d'un marteau va se trouver confronter à une vingtaine de personnes. Ce combat est filmé de profil via un long travelling. Que l'on apprécie ou non OldBoy, on ne peut enlever à Park Chan Wook sa maitrise de la réalisation et de la photographie.
En effet, Old Boy dont le scènario est tiré d'un manga bénéficie aussi d'une réalisation exceptionnelle. Les couleurs ocres, les tons foncés, l'aspect délabré (la prison de Oh Dae-Soo) et à la fois très épuré (L'appartement de son ravisseur) de certains contextes donnent une impression d'univers très recherché, très charismatique, très stylisé et c'est réussi. On peut peut-être parler d'une certaine créativité visuelle, un risque parfois de la part du réalisateur qui a certainement du séduire le Jury. On pense à une scène où l'on voit un trait en pointillé partir du marteau que tient Oh Dae-Su prêt à frapper afin d'indiquer la direction et l'impact sur le front du sa victime.
Dans ce contexte très typé, le personnage de Oh Dae-SOo évolue afin de connaitre les raisons de son enlèvement et est accompagné d'une jeune femme. Parfois, dans sa quête pour la vérité, celui-ci se trouve à préférer la violence aux longs discours. On le comprendra. Et c'est ici, précisemment que les avis se séparent ou s'accordent. Park Chan Wook, a, en effet une préférence pour les scènes violentes, limite soutenables. On pense bien entendu à la scène ou Oh Dae-Soo usant de son marteau pour jouer au dentiste fait grinçer les ... dents.
Il y a aussi la fameuse scène où Oh Dae-Soo dans un restaurant demande "quelque chose de vivant", on lui apporte un poulpe.
Il faut cependant avoir conscience d'une chose, Park Chan Wook filme la violence pure et la vengeance profonde de la même manière qu'il l'a fait dans "Sympathy for Mr vengeance", une violence que l'on excuse à la finale car elle s'explique et n'est pas gratuite. Que ferions nous après 15 années de séquestration ? De ce point de vue, finalement la violence de Oh Dae-Soo est compréhensible. Maintenant, visuellement, on l'accepte ou non ? Mais on ne peut la critiquer.
OLDBOY est à la finale un film visuellement typé, stylisé, osé, aboutit où l'exès est presque atteint par moment. Mais Park Chan Wook a su créer et rester dans un contexte particulier mais tout à fait représentatif de l'univers mis en scène. Le personnage de Oh Dae-Soo est particulièrement bien choisi, passant du sourire aux larmes, de la vengeance violente à l'attitude fatiguée, épuisée. Choi Min-Shik interprête ici le rôle de l'anti-héros, indestructible et fragile. Oldboy est atypique, attirant à la fois. Maintenant, avoir le prix du jury de Cannes, c'est une autre question.
Steph


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