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L'ODEUR DE LA PAPAYE VERTE de Tran
Anh Hung
Année 1993 - Genre : Drame
Avec Tran Nu Yen Khe, Nguyen
Nhu Quynh, Le Khanh, Ngo Quang Hai |
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Note
: 7/10
GENRE : Drame
Résumé
De nos jours à Hanoi, Lien, travaille dans le café de
sa sur aînée comme serveuse. Elle partage un appartement
avec son grand frère , Hai, qui est acteur. Lors de l'anniversaire
de la mort de leur mère, toute la famille se retrouve chez
la sur aînée pour célébrer ce moment.
Au cours de la journée, on découvre une très
grande complicité entre les membres de la famille. Chacun d'
entre eux porte un lourd secret
CAMERA DOR FESTIVAL DE CANNES 1993
CESAR DE LA MEILLEURE PREMIERE UVRE 1994
NOMINATION AUX OSCARS 1994 DANS LA CATEGORIE MEILLEUR FILM ETRANGER
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CRITIQUES
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Premier long métrage
de Tran Anh Hung, L'Odeur de la Papaye Verte reçu de
nombreux prix dont la Caméra d'or à Cannes.
On y découvre le tissu familial du Vietnam, une nation
marqué par la guerre et les différentes colonisations
française et américaine. Plongé dans les
années 50, le cinéaste nous guide dans une société
en pleine mutation culturelle et économique, avant les
terribles conflits armés et politiques, notamment la
guerre du Vietnam.
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Ici tout est chatoyant, lumineux, chaleureux,
agrémenté du chant des grillons célébrant
l'été en tant que digne représentant d'une nature
présentée dans son plus bel écrin : la simplicité.
Les décors tournés pour la plupart dans un studio près
de Paris, nous plonge rapidement dans des plans lancinants, des phases
intemporelles et des espaces clos telle une cour de maison ou un centre
de village sans qu'on se doute à un seul instant de sa superficialité.
Tran Anh Hung s'est expliqué à ce sujet :
" Après plusieurs repérages au Vietnam, il nous
est apparu évident que pour parvenir au filmage que je souhaitais
pour le film, il fallait déplacer un très grand nombre
de familles d'un quartier et transformer complètement ce qui
existait déjà.
Construire des décors nous évitait tous ces problèmes,
et nous donnerait de surcroît de nombreux avantages, tant pour
l'image que pour le son." |
Je
voulais un rythme ample qui traduirait l'amplitude de la vie, et non
pas seulement un drame particulier. Pour cela, il fallait un décor
qui me permettait de faire de longs plans séquences, parce
que je crois que ceux-ci donnent mieux la sensation de la durée,
et celle d'une plus grande réalité: par exemple, au
début du film, il me semblait important, pour amorcer le thème
de la servitude, d'accompagner par un seul mouvement la petite servante
depuis la rue jusqu'à sa chambre, et de terminer le plan, toujours
dans le même souffle, sur la mère qui va servir le père.
J'ai organisé l'espace des décors de façon à
avoir la plus grande fluidité possible pour la circulation
des personnages et de la caméra.
Les nombreuses portes et fenêtres me permettaient d'aérer
et de créer des profondeurs dans l'image.
L'élan des personnages ou le mouvement fluide et continu du
quotidien devait s'exprimer physiquement dans le filmage. |
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Dans " L'Odeur de la Papaye
Verte " le réalisateur franco-vietnamien nous narre la
jeune vie d'une servante en deux thèmes. Il commence par s'introduire
dans la vie difficile de Mùi en tant qu'enfant et servante.
Grâce à la doyenne Ti, Mui découvre ses secrets
culinaires et apprend jour après jour les habitudes des enfants
de la famille dont elle se charge au déjeuner et au dîner.
La suivant dans les moindres préparatifs, on apprécie
les habitudes vietnamiennes autour de la table et on maudit les années
difficiles de travail pour cette jeune fille. |
Le cinéaste entérine
alors une séquence où il pointe du doigt la détérioration
de la structure familiale par l'absence d'un père dont les
projets sont de vivre autrement. Il touche aussi à la misérable
condition féminine à travers la servitude dans ce pays
qui lui tient tant à cur :
" Lorsque j'ai écrit L'odeur de la papaye verte, je
voulais parler du problème de la servitude qui est au coeur
de la condition de la femme vietnamienne. Cette servitude étant
très liée à la tradition et à l'éducation,
elle se perpétue par un recommencement continuel. Ce mécanisme
m'offrait naturellement une construction narrative en boucle que je
n'ai finalement pas adoptée.
C'est ainsi que, tout en cherchant à maintenir cette idée
de recommencement, j'ai préféré un récit
en deux mouvements, dont le premier décrit le fonctionnement
de cette servitude depuis son apprentissage, Jusqu'à son acceptation
totale, érigée en tradition, en passant par le moment
où, vieillissante et abandonnée par l'homme, la femme
continue pourtant à le servir.
A dessein, J'ai omis dans ce premier mouvement l'étape essentielle
que je décris dans le second, celle, lumineuse où la
femme rencontre l'amour d'un homme.
L'amour va vider la servitude de son contenu aliénant et, la
transcendant, lui fera accéder à un état spirituel
où elle devient sacrifice et don de soi.
Cette construction rend mieux compte de l'extrême complexité
des rapports ambigus entre la servitude et l'amour." |
C'est une manière de montrer
à quel point l'amour libère la femme de sa servitude
tout en l'y enfermant davantage.
Les séquences et le filmage suivent la logique des travaux
quotidiens des femmes. D'où une grande importance accordée
à la description du quotidien.
A force de le scruter minutieusement, je cherchais à entrevoir,
à travers les gestes de la femme, la densité du rituel.
"
Le deuxième thème aborde le changement de Mùi
jeune fille en Mùi jeune femme, souhaitant connaître
les hommes, le désir et le plaisir d'être femme pour
ne pas replonger dans les méandres de la servitude. Mais peut
elle se détacher de son passé, véritable torture
sociale ?
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Par une conception brillante,
Tran Anh Hung arrive à nous montrer ce qu'il souhaitait : Le
Vietnam, les années 50 et les difficultés sociales de
la femme à cette période. L'Odeur de la Papaye Verte
entretient un rythme lent et continue, contemplatif et naturel, qui
pourrait décourager un spectateur impatient. Mais chez ce cineaste,
les longs plans séquences, les instants d'immobilité,
la fraîcheur visuelle et la chaleur apparente sont des habitudes
à prendre pour apprécier la densité de ses oeuvres.
Avec L'Odeur de la Papaye Verte, Tran Anh Hung jeta la première
pierre angulaire de sa carrière cinématographique et
apporta au cinéma vietnamien la reconnaissance dont elle avait
besoin.
Mais finalement pourquoi la papaye ?
" La papaye est un fruit quand
elle est mûre. Verte, elle est considérée comme
un légume.
C'est pourquoi le papayer est toujours planté derrière
la cuisine, dans le potager, parmi les légumes et les herbes
aromatiques.
En aucun cas, il ne peut se mêler aux arbres du jardin d'agrément.
La papaye verte parvient à l'homme, dans une assiette, prête
à être consommée.
En revanche, elle est cueillie, lavée, épluchée,
préparée par la femme.
C'est ainsi que l'évocation de la papaye verte me rappelle
aussitôt tout un monde de gestes et d'attitudes de la femme
dans ses travaux domestiques.
L'odeur de la papaye verte est pour moi un souvenir d'enfance des
gestes maternels. "
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CRITIQUE
: NOTE : 8/10
Sensiblement moins catégorique que Cyclo
et moins formel que "A
la verticlae de l'été", Tran
Anh Hung développe
ici un style en parfaite relation avec ses convictions et met en image
une histoire plaisante ou l'image est ici le centre du film. C'est
une sorte de poëme (dur et difficile) vietnamien ou, pour
se satisfaire, il est imporant d'être un minimum concentré.
Les dialogues sont limités au strict nécessaire, Tran
Anh Hung
nous emmène dans son monde, dans sa culture ou le regard, les
odeurs, l'attitude sont une somme de détails qui déterminent
l'environnement. La famille, les relations, les difficultés
de celle-ci sont misent à l'écran au travers de la vie
d'une femme dans un environnement sévère masculin.
Le contexte de "l'Odeur de la Papaye Verte" se situe
dans les années 50 dans un vietnam tendu par les pressions
politiques. Ce premier long métrage mérite tout de même
une certaine attention comme tout premier long métrage, à
la différence qu'ici, Tran
Anh Hung rend à l'image un Vietnam qui n'existe
pas, et pour cause. Le film été tourné dans
les studios de Bry Sur Marne en région Parisienne. Incroyable,
non ? |
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