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OASIS
de Lee
Chang-dong - Sud-Coréen - 2002 - Genre
-
Avec Sol Kyung-Gu,
Moon So-Ri, Ahn Nae-Sang |
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OASIS
:
2002 - GENRE : Comédie Dramatique - Note :
7/10
Résumé
A peine sorti de prison, Jong-Du, un délinquant
récidiviste, se retrouve à nouveau au poste de police
pour ne pas avoir payé une note de restaurant. Sa famille paie
sa caution et le ramène à la maison. Il est bientôt
embauché et logé par son frère aîné
Jong-Il, qui tient un garage. Jong-Du a été incarcéré
à la place de Jong-Il qui, en état d'ébriété,
a écrasé un homme et pris la fuite.
Voulant rendre visite à la famille du balayeur victime de l'accident
pour lequel il a été arrêté, Jong-Du aperçoit
la fille de ce dernier. Bien que paralysée cérébrale,
celle-ci est abandonnée par son frère, qui déménage
en la laissant seule dans un modeste appartement, sous la surveillance
de voisins. Fasciné par la jeune handicapée, Jong-Du
lui rend visite en cachette...
En 2003, Oasis a été présenté
au Festival de Cannes dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs.
Lors de la 59ème Mostra de Venise en 2002, Oasis a récolté
trois prix: le Prix de la Mise en scène, le Prix "Marcello
Mastroianni" de la meilleure jeune actrice pour Moon So-Ri, et
le Prix de la Critique internationale. |
Critique
par Fumiya - Note
: 7/10
Gong Su, alias Moon So-Ri, est handicapée
physique. Ses membres, en permanence contractés, l'empêchent
de bouger normalement. Ses poignés et ses membres sont
repliés sur eux-mêmes, son visage est usé
par les multiples tensions nerveuses, ses jambes et ses pieds
sont anormalement pliés. Gong Su ne peut pas parler,
marcher, chaque mouvement, chaque objectif qu'elle se fixe est
une terrible difficulté. Elle est dépendante d'un
corps convulsé en permanence.
Seule, à moitié abonnée par sa famille
dans un modeste appartement, ses seules distractions sont un
miroir, avec lequel elle joue à faire refléter
le soleil sur le plafond en s'imaginant des oiseaux, des papillons,
une radio et la vision depuis son lit d'un plaid accroché
au mur représentant et nommé OASIS.
Jong-Du,
un délinquant récidiviste, simple d'esprit
vit dans un monde ou rien n'a vraiment d'importance. Il
agit sans réfléchir. Un jour, il rencontre
Gong Su et va alors commencer une histoire d'amour entre
les deux personnages. Jong-Du va alors trouver
en elle une joie de vivre et va sortir Gong Su de
son appartement pour lui faire découvrir l'inconscience
qu'il vit au quotidien. C'est cette inconscience de la
vie et du regard des autres qui vont pousser Jong-Du
à amener Gong Su au restaurant (on refusera
de les servir), au Karaoké (elle ne peut
pas chanter)
Elle découvre
avec lui une forme de joie qu'elle ne connaît pas
et s'invente ainsi différentes scènes de
vie. Elle s'imagine chanter, rire, embrasser son ami.
On comprend alors que ce qu'elle ne peut faire, elle l'imagine
au travers de Jung-Du. |
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Le thème
ici traité par Lee
Chang-dong est dur
et difficile, d'autant que le handicap du personnage
de Moon So-Ri est assez sévère.
Le réalisateur a souhaité mettre l'accent
sur un problème volontairement caché en
Corée. La volonté de dénoncer une
situation est très clairement mise en scène
dans ce film qui affiche nettement le comportement de
la société au regard des handicapés.
Lee
Chang-dong multiplie
les contextes agressifs de la population au regard de
cette handicapé comme au restaurant ou on refuse
de les servir, où la famille de Jong-Du refuse
la présence de Gong Su sur la photo de famille
Ce qui n'empêche en rien le réalisateur
de filmer certaines scènes avec humour notamment
l'imagination de Gong Su ou certaines réactions
de Jong-Du qui éclate de rire en racontant
une histoire à table ou toute sa famille est
présente. Il est le seul à rire aux éclats
alors que la table entière est focalisée
sur Gong Su qui remue difficilement dans son
fauteuil roulant. C'est manifestement le seul à
ne pas faire attention au handicap de Gong Su qui
surnommera " votre altesse ".
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Cependant, Lee
Chang-dong accentue
cette situation de fait en imposant au scénario
une scène ou le frère et sa femme témoin
d'une scène les poussent à prendre la défense
de cette jeune handicapée afin de se donner finalement
bonne conscience, alors que la réalité s'avère
totalement différente de l'interprétation
de sa propre famille.
Ne pouvant s'exprimer, la jeune Moon So Ri reste
impuissante face au regard des autres et à l'incompréhension
totale du monde qui l'entoure.
Nous retiendrons un certain nombre de point sur ce film
qui reste très particulier. Une histoire d'amour
sur fond de dénonciation du système Coréen
au regard des handicapés dans la société.
Même si le thème est intéressant et
que ce sujet est important, Lee
Chang-dong a peut-être
donner un handicap un peu trop sévère à
l'actrice qui finalement ne peut pas ou difficilement
laisser paraître ses sentiments, ses émotions.
Jung-Du, un jeune délinquant qui renifle
sans arrêt, (détail qui devient vite pénible
au bout de 2 heures de film), est tellement inconscient
qu'il ne cherche pas à prouver quoi que ce soit,
à défendre quoi que ce soit
le rythme
du film évolue difficilement et focalise à
mon sens un peu trop sur le handicap plutôt que
sur l'histoire d'amour. On assiste impuissant aux difficultés
d'une handicapée à se faire comprendre et
au regard des autres sur cette situation. Au final, un
film dur, remarquablement bien interprété,
un message très clair et une histoire d'amour à
moitié triomphante car freinée par le système
et l'incomprhenssion des gens.
Notons que fin février 2003, Lee
Chang-dong a été
nommé ministre de la Culture de Corée du
Sud. |
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Fumiya
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OASIS
de Lee
Chang-dong - Sud-Coréen - 2002
Avec
Sol Kyung-Gu, Moon So-Ri, Ahn Nae-Sang
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Citique
par LinLai : OASIS
:
2002
- GENRE
: Comédie
Dramatique -
Note : 8.5
/10
Une histoire d'amour, de haine, de famille, d'espoir,
de fatalité servis par des acteurs époustouflants.
La première scène : Jong-du en chemise hawaïenne
arpente les rues, à la recherche d'un bus pour
rentrer chez lui.
Les gens autour de lui sont emmitouflés dans des
gros pulls, ce contraste est l'essence du film, tout est
là , tout est dit , ce mec il n'est pas comme les
autres et ne le sera jamais. Loin de chercher à
s'acheter quelque chose pour se couvrir, malgré
ses reniflements qui donnent la chair de poule, il utilise
ses derniers sous pour un pull rose, un cadeau de retour
pour sa maman.
C'est une habitude chez ce bonhomme d'offrir, peu importe
d'où vient l'argent, une fois c'est des fruits
pour les gens qu'il offensé en tuant le père
dans un accident, une autre fois c'est des fleurs pour
la fille de cette famille.
Est -ce un hasard ou une machination ?
Après avoir purgé sa peine, Jong -Du ne
lâche plus prise cette famille. Autour de lui, on
le soupçonne de vouloir se venger de son frère
qui est le véritable responsable de l'accident
commis. Mais non, il se sent seul et a rencontré
son âme sur en Gong-Ju, est ce sa faute si
celle-ci se révèle être la fille de
la famille en cause ? |
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Leur nom les rapproche,
Jong-Du croit descendre d'une grande lignée de
général, Gong -Ju signifie "princesse".
Le général et la Princesse, un conte
cruel ou l'amour ne peut que saigner, d'un sang brut et
pure. Ironie du sort , la princesse n'est qu'une femme
handicapée dont les moindres membres sont contractés
à l'extrême, ne lui laissant que la possibilité
de faire des mouvements saccadés. Son visage n'est
pas épargné, ce qui rend difficile de discerner
les sentiments du personnage, la colère, la joie,
la peur sont traduits de la même façon. Seul
les cris lui sont accessibles à plein temps, contrairement
à la parole, elle ne peut s'exprimer qu'en étant
calme et dans un climat de confiance. Jong-Du a eu le
coup de foudre, il la trouve belle, désirable.
Il ne sait comment le lui faire comprendre, il n'a jamais
connu de jeune fille, les fleurs ne suffisent pas, il
veut la toucher, lui montrer qu'il l'aime vraiment bien.
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Mais cet acte à première
vue est un viol, insoutenable car Gong-Ju ne pousse que
des cris indéchiffrables, est ce de la colère
? Du dégoût ? De la peur ?
Jamais autant de sentiments contradictoires n'anime le
spectateur, voyeur et impuissant.
Pourtant c'est de ce viol, que va résulter leur
liaison. Jong-Du veut revoir cet homme qui l'a touché,
personne ne l'a jamais toucher comme sa, c'est une femme
frustrée qui se cache derrière cette chaire
souffrante. Le viol devient un espoir, à partir
de là plus rien n'est surprenant, on ne cherche
plus les liens logiques, les images du quotidien de ce
couple singulier se mêlent à des images utopistes.
Dans un autre monde , les reflets de la lumière
sont des colombes, des papillons, Gong-Ju est une princesse,
libérée de sa paralysie, chantant et dansant
avec son général dans un décor d'oasis.
Roméo et Juliette coréen, bien plus que
sa, la famille n'est qu'un prétexte social, un
carcan vide qui sert de décor quotidien.
Quand Gong-Ju n'est pas acceptée sur la photo familial
de Jong-Du ou lorsqu'on refuse de les servir dans un restaurant,
on n'est même pas révolté, ils sont
hors de ce monde, ils sont intolérables par leur
tolérance. Les acteurs sont si palpables, si vrais,
si exceptionnesl que la mise en scène ne peut que
s'effacer, c'est un film à personnage, le vrai
mérite de Lee
Chang-dong est d'avoir
trouvé ces comédiens. Jong-Du renifle de
froid du début jusqu' à la fin du film,
on le comprend, dans cette Corée grisâtre
la chaleur humaine manque énormément. |
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LinLai
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