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NOTHING
TO LOSE : 2002 / THAILANDE/
NOTE : 8/10
Résumé :
Deux jeunes personnes veulent
se suicider et se retrouvent par hasard sur le toit du même
immeuble. Ils décident alors de reporter ce suicide. Comme
la décision est prise, ils n'ont rien à perdre, ils
peuvent faire ce qu'ils veulent, légal ou non. |
CRITIQUE
Si
l'on peut dire une chose des co-productions présentes cette
année au Festival de Deauville, c'est qu'elles ont su nous
offrir d'intenses moments de cinéma. Après Blind Shaft,
une production Allemagne/Chine, c'est Nothing to lose de Danny Pang,
une co-production Singapour/Thaïlande/Hong-Kong qui vient enrichir
la belle performance des films du sud-est asiatique dans cette sélection.
Somchai (Pierre Png) a 20 ans, c'est un joueur invétéré
devant déjà des sommes considérables à
ses créanciers. Un jour, il apporte sur la table $80,000 dans
l'espoir de recouvrir tout ce qu'il a perdu. Mais comme si le destin
le poursuivait, il perd tout. Il décide alors de mettre fin
à ses jours en se jetant du haut d'un building de Bangkok.
Mais juste avant de sauter, il aperçoit à sa grande
surprise une autre personne, Gogo (Fresh), jeune femme sexy à
la beauté ravageuse qui s'apprête à faire la même
chose que lui. Par propre instinct de survie, Somchai s'attache à
la dissuader de sauter. Echangeant leurs histoires respectives, ils
en arrivent à la conclusion que s'ils avaient le courage de
se tuer, ils pourraient tout aussi bien accomplir quelque chose de
plus grand, du genre prendre une revanche sur la vie et ceux qui les
ont conduit là. Dès lors, ils se lancent sur les routes,
sans peur et sans mobile puisqu'ils n'ont tous deux rien à
perdre.
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Il se dégage de Nothing
to lose, une sensation de fraîcheur présente malgré
le soleil pesant de Bangkok qui semble accabler les personnages.
Une fraîcheur qui s'exhale dans l'interprétation,
dans le montage excellent (Danny Pang a eu à maintes
reprises le prix du meilleur montage pour ses précédentes
co-réalisations : Who's running et Bangkok Dangerous
à la Thaï Film Academy et pour The Storm Rider à
la HK Film Academy) et la bande son du film. Le scénario,
pas très nouveau, il faut bien l'avouer, se distingue
en cela qu'il commence là où les autres se terminent
traditionnellement, au bord du suicide. Mais ces Bonnie and
Clyde thaïlandais ont trop de sang bouillonnant dans les
veines et de suite dans les idées pour avoir la bêtise
de sauter dans le vide. |
| On perçoit alors immédiatement
ce qui va pouvoir se passer entre eux mais pas pourquoi ceci
n'aura pas lieu. Fresh est mémorable en allumeuse effrontée
et sa prestation dans le film aurait mérité un
prix d'interprétation si le film avait concouru en compétition.
Pierre NG en loser attendrissant ne subit pourtant pas le jeu
habituel d'un candide inexpérimenté et sait user
de la répartie envers sa compagne extravagante. Et puis
au milieu de ce couple, il y a Yvonne Lim qui joue Ah Yi la
sur dévouée du brave Somchai. Malgré
une courte performance à l'écran, elle tire allègrement
son épingle du jeu en interprétant un personnage
plein d'affection et de compassion. |
D'après
le réalisateur, il faut une grande dose de courage pour
commettre un suicide, quelle que soit la méthode que
l'on emploie pour y parvenir. Que l'on soit d'accord avec lui
ou non (on peut voir le suicide comme un acte de lâcheté,
un refus d'affronter les difficultés), un tel courage
ou plutôt une telle volonté devrait pouvoir être
mise au service de la résolution des problèmes
qui l'ont provoquée. C'est l'histoire de Nothing to lose,
une course contre le temps, contre la mort narguée sans
vergogne à chaque instant. Contre le diktat de la société
du fric, ils choisissent la vie à crédit jusqu'à
s'endetter à mort.
Une nouvelle production venue de Thaïlande qui devrait
réjouir les fans de Thelma et Louise et de Born Killers
tout en laissant aux autres le loisir de se réjouir de
l'humour et de la distance que prennent les personnages et le
réalisateur à s'écarter du droit chemin
qu'on a voulu leur tracer. |
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