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Samouraï
1 : Miyamoto Musashi de Inagaki Hiroshi - 1954 - Chambara
Avec Toshiro
Mifune, Rentaro Mikuni, Kuroemon Onoe, Kaoru Yachigusa,
Mariko Okada, Mitsuko |
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GENRE : CHAMBARA-
NOTE : 6.5/10
RESUME :
Samouraï : Miyamoto Musashi, première partie d'une série
de 3 films, nous narre
la vie du plus grand samouraï que le Japon ait connu : Miyamoto
Musashi. Takezo, jeune homme au tempérament fougueux et escrimeur
aspire à se faire un nom, à devenir quelqu'un. Dans
ce but précis, il s'engage dans la fameuse bataille de Sekigahara
au coté de son meilleur ami Matahachi contre Tokugawa Ieyasu,
le puissant daimyo d'Edo. Vaincus et laissés pour morts, les
deux amis désertent le champ de guerre et partent trouver refuge
chez une mère et sa fille. Aguicheuse, la mère parvient
à convaincre Matahachi de la suivre, brisant ainsi ses liens
avec Otsu, sa fiancée restée à l'attendre au
village. Afin de soulager la famille de son ami d'un eventuel deuil,
Takezo rentre au village où, recherché, il va faire
la rencontre d'un moine aux habitudes peu commodes qui va l'ammener
à pratiquer l'autodiscipline et à suivre la Voie du
Sabre. |
| S'inspirant
ouvertement de l'oeuvre de Eiji Yoshikawa intitulée
très justement "Musashi" ( " La pierre
et le sabre " en édition francaise disponible chez "J'ai
Lu" ) , puisqu'il est cité aux crédits, le
film reprend trait pour trait les grandes lignes du scénario
du livre premier, celui de la terre ( ce premier roman est divisé
en 4 parties representant les 4 forces élementaires : la terre,
l'eau, le feu et le vent ) |
| Réalisé
en 1954, il s'agit là d'un précurseur du genre
que l'on nomme aujourd'hui le Chambara
c'est à dire le film de samouraï. L'adaptation étant
très guidée par les lignes écrites de Yoshikawa
(le film est la représentation visuelle du roman, le
réalisateur ne s'accorde aucune liberté scénaristique
supplémentaire), force est de constater que ce premier
volume ne fait malheureusement qu'annoncer les codes du chambara
sans jamais les atteindre puisque le film se temrine là
où Takezo sort de sa cellule d'étude, se
fait renommer Miyamoto Musashi et quitte Otsu en lui
laissant un mot gravé sur un pont. Mais qu'importe. Si
l'action y est réduite à son strict minimum, avec
un seul combat tout au long du film (filmé d'ailleurs
de manière assez peu convaincante), le film gagne en
profondeur ce qu'il perd en hémoglobine. Le chemin de
l'autodiscipline que s'apprête à emprunter Takezo
est long et difficile : seul le courage et l'abnégation
parviendront à le mener vers la Voie du sabre..
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Abnégation qui prend
les traits d'une femme, douce et amoureuse. Otsu, humiliée
par Matahachi, va trouver en Takezo une âme perdue, solitaire
mais déterminée tout comme la sienne. Dès
lors elle ne cessera de chanter ses louanges jours et nuits
en esperant l'avoir, un jour, auprès d'elle. Le scénario
développé par Yoshikawa, même s'il ne prend
toute son ampleur que par la suite (avec notamment l'excellent
Samourai 2 : Duel at Ichijoji Temple), est d'une richesse conséquente
à créer un excellent chambara, un de ceux ou la
violence se mèle à l'honneur, le courage à
l'amour. Cependant ce premier épisode se révèle
être une semi deception dans la mesure où, pris
individuellement, l'interêt du film est quelque peu discutable.
Il ne révèle sa véritable dimension que
lorsqu'il est intégré à la trilogie. |
En effet
le réalisateur s'est contenté de retranscrire
visuellement les grandes lignes du roman (la bataille de
Sekigahara, la rencontre avec Oko et Akemi, le piège
de Otsugi et celui de Takuan, l'étude de Takezo..)
de manière assez superficielle, sans jamais s'attarder
sur la psychologie des personnages. Takuan, le prêtre,
est un personnage extremement interessant, très proche
de Otsu et pratiquant un humour teinté de provocation
et d'ironie et il ne ressort ici qu'un personnage très
dur, très ferme sur ses principes presqu'inhumain. Seuls
ceux qui auront lu le roman auparavant pourront apprécier
ce Samouraï à sa juste valeur. Les autres risquent
de n'y voir qu'une introduction sympathique à une série
qui va par la suite devenir essentielle à tout amateur
du Japon féodal.
Réalisé cinquante ans auparavant, le film accuse
tout de même un peu le coup de la vieillesse notamment
au nivau des couleurs qui sont toutes très ternes, il
existe très peu de contrastes et les scènes de
nuits sont assez catastrophiques, visuellement parlant, car
l'on ne distingue que très mal ce qu'il s'y passe. Le
duel entre Takezo et le chef des brigands laissent l'arrière
gout amer d'un duel au sabre auquel on aurait assisté
trop tard ; le réalisateur ne nous laisse pas prendre
part à cette confrontation et préfère laisser
ses acteurs se battrent dans l'obscurité nocturne. Dommage.
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Les acteurs justement, car il faut bien parler d'eux, remplissent
leur rôle admirablement. Toshiro
Mifune, qui deviendra plus tard un des acteurs fétiches
de Akira Kurosawa,
est excellent dans le rôle de Musashi et livre une performance
d'acteur très convaincante. D'abord brutal, survolté
parfois barbare dans la peau de Takezo, il incarne ensuite une prestance,
une droiture, un charisme qui confirment son statut d'idole du cinéma
japonais. Rares sont les acteurs à posséder une telle
présence à l'écran. Matahachi est interprété
par Rentaro Mikuni dont la lacheté ressort très bien
de son jeu (la scène où Oko est obligé de se
battre à sa place...) même si elle parait parfois exagérée.
Enfin, applaudissements pour Kaoru Yachigusa et Eiko Miyoshi,
respectivement Otsu et Osugi, qui complètent le jeu
de Toshiro
Mifune de bien belle manière, entre folie et
douceur.
Empreint d'une philosophie profondement humaine, à savoir
l'accomplissement de soi, Samouraï 1 : Miyamoto Musashi prend
le temps d'introduire ses personnages et sacrifie le rhytme au dépend
d'une narration plutôt lente. Simple découverte pour
ceux qui auront l'occasion de le voir séparement du reste
de la série, il prend en revanche un caractère essentiel
et indispensable pour tout ceux qui souhaitent découvrir
un grand film de samouraï avec ses deux suites "Duel
at Ichijoji Temple" et "Duel at Ganryu Island".
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Musashi
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