Accueil
News
Définition Cinéma Chinois
Définition Cinema Japonais
Liens de l'Asie

Cannes 2002
DEAUVILLE 2003

ASIA-DIFFUSION.COM


ACCES FORUM


Les DVD du mois
DVD CTV
DVD HK VIDEO
DVD MK2 EDITIONS
DVD ONE PLUS ONE

DVD WILD SIDE
Où acheter ses Films



Christy Chung
Nguyen Phan Quang Binh

Contactez-nous

PARTENAIRE DE




 
MUA OI de Dang Nhat Minh (Vietnam) 2000
avec Bui Bai Binh (Hoa), Nguyen Lan Huong (Thuy), Pham Thu Thuy (Loan), Le Thi Huong Thao (Hue)
Mua Oi
La Saison des Goyaves
Il est des pays où cinéma et littérature participent de la même démarche, de la même volonté en tant qu'art et en tant que vecteur d'une tradition du conte. Le Vietnam en fait partie et Dang Nhat Minh, avec ce septième long-métrage en fait une démonstration des plus probantes. Tirée de sa nouvelle " L'ancienne demeure ", La Saison des Goyaves (Mua Oi dans son titre original) fait partie de ces films qui resteront sans doute confidentiels mais qu'on voudrait voir diffusés sur le plus grand nombre d'écrans possibles tant il le mérite et témoigne d'une véritable identité du cinéma vietnamien.
Hoa, la cinquantaine est un homme qui possède l'âge mental d'un enfant de treize ans. Quand il ne pose pas pour des élèves artistes, il passe l'essentiel de son temps à contempler une grande maison située dans une rue isolée de Hanoi. A travers la grille, il lève les yeux vers le goyavier du jardin. Il y a une trentaine d'années, Hoa vivait là avec sa famille ; c'est en chutant de l'arbre qu'il a subi ce traumatisme irréversible. Aujourd'hui c'est un haut-fonctionnaire et sa fille étudiante qui occupent la maison. Un jour, alors que la fille est seule Hoa pénètre dans le jardin et va cueillir quelques goyaves mûres.
Etre enfant signifie une ouverture au monde, une candeur que les adultes s'efforcent de refouler pour faire face dans une société où l'on exige de chacun plus de pragmatisme et d'efficacité. A partir de quel moment perd-on cette innocence ? A partir de quand choisit-on d'étouffer ses souvenirs d'enfance ? Ce sont les questions que Dang Nhat Minh pose très justement dans le film. La construction du scénario sert élégamment son propos puisque l'on va suivre Hoa dans sa lutte inéquitable pour affronter les interdits adultes puis trouver appui en une personne, Loan, la fille de la maison qui lui offre une ouverture, une sensibilité à son histoire pour finalement se heurter de nouveau à l'incompréhension des adultes.
Se souvenir de son passé, c'est avoir une histoire, donc exister, c'est souffrir également ; de plaies qui ne se sont jamais vraiment fermées. A la manière de la madeleine de Proust, la goyave agit sur Hoa comme catalyseur de sa mémoire lui rappelant les moments heureux, les jeux avec sa sœur tandis que le personnel hospitalier est l'inhibiteur qui ravive en lui la douleur causée par la perte de sa mère. Le réalisateur choisit de ramener le passé à la vie par petites touches, à la manière des peintres qui oeuvrent dans l'Ecole des Beaux-Arts, intégrant doucement les séquences du flashes-back à la trame réelle du film, mélangeant les époques au point de ne plus faire de différence entre Hoa l'enfant et Hoa quelques années plus tard. Ces souvenirs sont le seul lien qui le rattache à l'enfance et qui le lie à Loan, l'amie compréhensive et accueillante.
Ouvrir les portes revêt alors une valeur hautement symbolique et Dang Nhat Minh le filme d'une manière simple. Cette maison, Hoa croyait qu'il " en partait pour quelques jours ", quand son père a autorisé l'Etat à la réquisitionner. Trente ans plus tard il y est de retour. Et Mua Oi est également l'occasion de dénoncer les abus du régime politique qui, sous l'égide d'un parti dit du " peuple " a agi en véritable expropriateur ne laissant pas le choix à des gens pour qui la demeure était la seule richesse. Hoa a donc dans l'idée de se la réapproprier, simplement, ingénument, légitimement. Il vient s'y installer jusqu'à ce que le père de Loan agisse en véritable bureaucrate, paradoxalement égoïste comme nombre de membres de son Parti et vienne à l'expulser. La charnière du destin de Hoa est alors refermée ; il ne verra plus la réalité comme avant ni les personnes qu'il aura connues avec ses yeux d'enfants. Effacées comme les souvenirs perdus, comme l'âme d'un enfant et l'illusion du bonheur.
Comme le cite Dang Nhat Minh, un passage de l'Evangile selon Saint-Mathieu rapporte : " en vérité, je vous le dis, si vous ne retournez pas à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux ". Au royaume des adultes, ce sont les enfants qui sont rois parce qu'ils savent dire oui à leurs sentiments, suivre l'expression de leurs désirs et qu'ils sont finalement plus libres que leurs parents. Liberté d'aimer sincèrement une personne comme la relation que Hoa entretient avec Hue mais qui va s'éteindre pour laisser place à une apathie morbide. L'interprète de Hoa, Bui Bai Binh, assure une performance surprenante, celle de nous faire croire encore à nos histoires d'enfance, à ce petit Prince vietnamien préservé de la mesquinerie du monde adulte. Et son personnage prend toute son épaisseur aux côtés d'acteurs non professionnels (Pham Thu Thuy alias Loan, Le Thi Huong Thao alias Hue…) pour qui la spontanéité et la virginité à ce type d'emploi sont les bourgeons d'une génération de comédiens en devenir.
Même si, dans l'ensemble, il s'avère moins abouti photographiquement qu'une œuvre de Tran Anh Hung, le film de Dang Nhat Minh a pour principale qualité de dépeindre de manière juste et sobre le quotidien hanoïen actuel et d'offrir au spectateur la vision de liens filiaux et sentimentaux qui, s'ils ne sont pas toujours exprimés, ont le mérite de raconter le Vietnam mieux que tout document historique. Alors puisque la saison des goyaves est arrivée, laissez vivre ce film, accompagnez-le dans son évolution, émerveillez-vous devant la pureté d'âme de Hoa pour ne pas permettre, comme la goyave, que Mua Oi ne soit plus qu'un lointain souvenir à moitié effacé par le temps.
Mystere Vic-Avril 2002

 



LES FILMS DE A à Z
INCONTOURNABLES


Andrew Lau Wai-Keung
Ang Lee

Chen Kaige

Fruit Chan
James Wong

Johnny To Kei Fung
John Woo

Jia Zhang-Ke
Liu Chia Liang
Li Yang
Lik Wai Yu
Lou Ye
Lu Chuan
Patrick Tam
Patrick Yau
Ringo Lam
Samo Hung
Shaw Brothers
Stanley Kwan
Stephen Chow
Teddy Chen
Tony Ching Siu-Tung
Tsui Hark

Wang Xiaoshuai
Wang Yu
Wong Kar Wai
Yuen Woo Ping
Zhang Yang
Zhang Yimou



Ayoma Shinji
Akira Kurosawa

Kenji Mizoguchi
Kinji Fukasaku

Kiyoshi Kurosawa
Hirokazu Kore Eda
Hideo Nakata
Sabu
Seijun Suzuki
Shohei Imamura
Shinya Tsukamoto
Sono Shion
Takeshi Kitano
Takashi Miike
Takashi Shimura
Yasujiro Ozu


COREE
Chang Yoon-Hyun

Eo II-Seon
Hong Sang Soo

Hyun Nam-Sub
Je-Gyu Kang
Kim Sung-soo
Lee Chang-Dong
Park Chan-Wook
Song Hye-sung
INDONESIE
Riri Riza

VIETNAM

Tran Anh Hung
TAIWAN
Edward Yang
Lin Cheng-Sheng

Hou Hsiao Hsien
Tsai Ming Liang
THAILANDE
Frère Pang


Andy Lau
Bruce Lee

Chow Yun Fat
Gong Li
Hirokazu Kore Eda
Jackie Chan
Jet Li

Ju Jun
Koji Yakusho
Lau Ching Wan
Leslie Cheung
Liu Ye
Maggie Cheung

Michelle Yeoh
Stanley Kwan
Shu Qi
Takeshi Kaneshiro
Takashi Shimura
Terajma Susumu
Tony Leung
Toshiro Mifune
Tran Anh Hung
Zhang Ziyi

webmaster