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Memories
of Murder de Bong Joon-ho-
Corée Sud - 2003
Avec Song
Kang-ho, Kim Sang-kyung, Park Hae-il, Byun Hee-bong, Kim
Roh-ha, Song Jae-ho, Ko seo-hee, Park No-shik |
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Année
2003
GENRE : Polcier Enquête -
NOTE : 8.5 /10
Résumé
En 1986, dans la province de Gyunggi, le corps d'une jeune femme
violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne.
Deux mois plus tard, d'autres crimes similaires ont lieu. Dans un
pays qui n'a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d'actes
commis par un serial killer grandit de jour en jour.
Une unité spéciale de la police est ainsi créée
dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle
est placée sous les ordres d'un policier local et d'un détective
spécialement envoyé de Séoul à sa demande.
Devant l'absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent
peu à peu dans le doute....
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Joon-Ho Bong, auparavant réalisateur
de Barking Dogs Never signe avec Memories of Murder le meilleur polar
sur les tueurs en série depuis Seven de David Fincher.
Ainsi aux grands mots les grandes remèdes !
Par sa richesse, sa perspicacité, sa critique de la société
coréenne, son réalisme, son rythme angoissant et ses
allures burlesques, ce long métrage assassine toute concurrence
et toute référence. |
| Traitant des meurtres en série de Hwasung,
Memories of Murder nous emmène en 1986 sous le régime
militaire du dictateur Chun Do-Hwan. La Corée du Sud vivait
alors dans la peur imminente d'une guerre contre leurs frères
ennemies : la Corée du Nord. Dans cet environnement, l'inspecteur
Park (Song Kang-Ho), policier d'une petite bourgade découvre
au bord d'une rizière le corps lacéré d'une femme.
Un décès étrange mais toutefois isolé
qui ne laisse présager qu'un simple fait divers |
| Malheureusement quelques jours plus tard
un deuxième cadavre est découvert en plein champ
par des paysans. L'inspecteur Park est alors surpris : le corps
de cette victime est disposé et attaché de la
même manière que la défunte retrouvée
il y a peu. Cela ne fait plus aucun doute : c'est le même
meurtrier. Afin de l'aider dans cette affaire où il piétine,
l'inspecteur Su (Kim Sang-Kyung), venu Séoul la capitale,
incorpore la brigade du village pour épauler et apporter
son savoir en matière d'enquête criminelle |
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Park et Su abordent d'une façon
totalement différente la définition de leur métier
d'inspecteur. Le premier est un homme de la campagne tel un redneck
au flair imparable, officiant avec désinvolture où il
est coutume de tabasser le suspect lors d'un interrogatoire, de fabriquer
de fausses preuves afin de boucler un dossier où bien d'émettre
des théories abracadabrantesques quand les indices manquent
à l'appel.
Son alter ego de la ville, l'inspecteur Su est quant à lui,
un homme aux valeurs sûres, faisant confiance à la paperasse
policière car " un document ne ment jamais " Bref,
un inspecteur ingénieux mais manquant cruellement de culot.
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Dans ces
portraits apparaissent les critiques virulentes de Joon Ho-Bong
sur la société coréenne. Avec Park, c'est
le système judiciaire et policier de l'époque
(création de preuves, etc..) qui est mis à mal
pour son dysfonctionnement à travers les réactions
oisives et rocambolesques du campagnard et de sa brigade. A
côté, l'inspecteur Su devient alors le modèle
référence, comparaison évidente entre la
campagne pauvre et la riche capitale.
Mais le déroulement de l'enquête va parler pour
eux. Leurs approches sont constamment étriquées
et seules la complémentarité de leurs idées
apportent des éléments essentiels afin d'aboutir
à de nouvelles suspicions et à de mauvais présumés
coupables accentuant d'avantage le malaise de cette société
des années 80. |
Par des preuves inconsistantes, des phénomènes
circonstancielles jouant en leur défaveur, nos deux compères
se prennent à suivre les traces de cibles intangibles.
Une perte de temps commués par de mauvaises méthodes
digne d'un bêtisier, du miroir même de la réalité.
Le réalisateur a su doser à la perfection les
éléments de recherche du meurtrier, la psychologie
des personnages et l'ironie dans les piètres aptitudes
de la police de l'époque à diligenter une enquête.
A cet effet, le cynisme est assurément la clé
de voûte de cette affaire macabre maîtrisé
par Song Kang-Ho (JSA, Sympathy for Mr.Vengeance et bientôt
the President Barber) dans les traits de l'inspecteur Park.
A la fois consciencieux, passionné, idiot et naïf,
la prestation ne laisse plus de doutes : Song Kang-Ho se place,
malgré son embonpoint loin des canons esthétiques
actuels, dans le Trium Virat des meilleurs acteurs coréens
avec Choi Min-Sik et Jang Dong-Gun. Son collègue, campé
par Kim Sang-Kyung facilite la tâche du cinéaste
par une performance efficace et réaliste. Mais il serait
difficile d'oublier tous les seconds couteaux de cette uvre
qui ont participé à sa réussite comme le
policier aidant les inspecteurs, véritable professionnel
du coup de savate, ou bien l'étonnant retardé
mental à la fois comique et tragique. |
L'ensemble de ces personnages
apporte une singularité et une quantité d'émotions
uniques présents dans chaque carat de cette pépite
cinématographique.
Une mise en scène brillante dotée d'angoissants
environnements d'un commissariat de police familier et accueillant,
tels sont les trésors visuels imprégnant notre
rétine pour nous emmener toujours plus près des
lieux du crime. Peu de réalisateurs sont capables de
vous prendre à la jugulaire et de vous traîner
dans leurs pas. Jong-Ho Bong le fait et le conçoit à
la manière d'une main de fer dans un gant de velours.
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A ne pas se tromper, Memories of Murder met le doigt sur l'oppression
d'un système militaire, sur la nature d'une enquête de
police et plus généralement sur la vie des coréens
des années 80 à travers les mésaventures de deux
inspecteurs.
Agrémenté d'une fin taillée dans l'amertume,
ce thriller cynique est une blessure béante, un regard essentiel
sur le pays au matin calme. Un polar certifié chef d'uvre
!
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Avec quatre récompenses
dont le Grand Prix, le polar sud-coréen "Memories
of murder" est le grand vainqueur du 22e Festival du
Film Policier de Cognac.
Memories of murder de Joon-ho Bong a remporté quatre prix cette
année au Festival du Film Policier de Cognac. Vedette de cette
22e édition saluée pour sa qualité, le film s'offre
ainsi le Grand Prix, le Prix "Première", le Prix
"Médiathèques" et le Prix "Spécial
Police", décerné par un jury de représentants
des forces de l'ordre.
De sinistres faits
réels
L'histoire de Memories of murder est inspirée de faits
réels, qui se sont déroulés entre 1986
et 1991. Le premier Serial Killer de toute l'histoire de la
Corée viola et assassinat dix femmes, dans un rayon de
deux kilomètres. La plus âgée des victimes
avait 71 ans. La plus jeune était une écolière
de 13 ans. Le meurtrier n'a jamais laissé d'indices derrière
lui. Plus de 3000 suspects furent interrogés et au final,
plus de 300 000 policiers ont été mobilisés
pour l'enquête. Personne ne fut jamais inculpé
pour ces crimes. |
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La Corée à la
fin des années 1980
La vie des Coréens était rythmée par les
tensions politico-militaires que la Corée du Sud avait
avec son ennemi du Nord, tous deux séparés depuis
1953. Les deux pays vivent depuis dans la crainte mutuelle d'une
intervention militaire. Dans les années 1980, "les
sirènes annonçaient fréquemment des entraînements
en cas de raids aériens et la population vivait souvent
dans l'obscurité qu'exigeait le black-out. Même
dans les écoles, on pratiquait régulièrement
des exercices d'évacuation en cas d'attaques chimiques."
A la campagne, plutôt que de se rendre à l'hôpital,
les gens avaient pour habitude de faire appel pour les visites
à domicile à des médecins non diplômés,
"qui pratiquaient des injections en tout illégalité". |
Le tournage
Le tournage s'est déroulé sur les lieux même
des évènements. Il a nécessité plus
d'une année de recherches, de visites, d'entretiens auprès
de divers protagonistes liés à l'enquête
: les policiers, mais aussi les journalistes qui couvrirent
cette série de meurtres.
Portrait du tueur
Reporter pour le Kyung-in Daily News, le détective Doo-man
Park fut le seul journaliste à avoir suivi l'affaire
depuis le début. Il évoque alors le meurtrier
en ces termes : "Cet homme devait être d'un calme
effarant, capable de supporter ce froid et cette obscurité
dans lesquels il agissait. Il n'y avait jamais aucune trace
d'agitation sur les lieux du crime. Il ne perdait jamais son
sang-froid. Il violait et assassinait ces femmes avant de cacher
et d'abandonner leur corps. Ses victimes devaient être
terrorisées face à tant de froideur. Sous l'emprise
de la terreur qu'il devait susciter, elles étaient même
capables de retirer elles-mêmes leurs vêtements".
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SOURCE ALLOCINE / Memories Of Murder sortira chez CTV
International en Zone 2.
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