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MEMENTO
MORI - Corée - Note 8/10
Résumé :
Dans un collège sud-coréen pour jeunes filles,
Min-ah est déconcertée lorsqu'elle découvre
un journal intime que deux de ses camarades rédigent
de concert. Alors qu'elle en prend connaissance, elle est la
proie d'étranges hallucinations.
Afin de pouvoir le lire plus en détail, Min-ah feint
un malaise et est transportée à l'infirmerie.
Là, elle est le témoin involontaire d'une étreinte
amoureuse entre Hyo-shin et sa petite amie Shi-eun, les rédactrices
du fameux journal.
Mais quelques temps plus tard, alors que les filles s'apprêtent
à passer l'examen de santé annuel, Hyo-shin se
jette par la fenêtre. Contre toute attente, Shi-eun ne
semble pas être affectée par cet accident et affiche
un visage indifférent dans les jours qui suivent.
C'est à partir de ce moment-là que se manifestent
dans l'école d'étranges phénomènes
qui vont peu à peu bouleverser la vie de Minh-ah. |
Critique
du film
Min Kyu-Dong va plus loin. Plus loin que le court-métrage
qu'il avait réalisé il y a quelques années
intitulé " Her Story " et qui abordait la même
thématique que ce nouveau long métrage Memento
Mori, co-réalisé avec Kim Tae-Yong. L'histoire
d'une liaison amoureuse entre deux lycéennes qui ont
décidé d'aller jusqu'au bout ensemble mais dont
le suicide de l'une d'entre elles, Hyo-shin va bouleverser la
donne.
Le film a pour cadre le lycée de jeunes filles dans lequel
sont scolarisées les deux héroïnes et ce
cadre va constituer une prison pour les lycéennes de
laquelle elles vont avoir du mal à s'extirper, ceci imprimant
au récit une sensation de lassitude et d'étouffement.
En lieu et place de ce qui aurait pu être un huis clos
angoissant, on se lasse de ces murs de briques rouges, de ces
professeurs, caricatures d'un système scolaire en déliquescence
et de ces jeunes filles puériles qui se veulent se prendre
pour des femmes avant d'avoir quitté l'enfance. |
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Seules
au milieu de toute cette cohue, Hyo-shin, Shi-eun et Min-ah
trio étrange et décalé sur lequel le réalisateur
veut porter son attention. Mais si ses images empruntent aux
histoires de fantômes un brin de fantastique, si sa caméra
frôle les corps dans un ballet lancinant et terrifiant,
si la lumière se fait tantôt l'alliée des
adolescentes tantôt leur pire ennemie, Min Kyu-Dong ne
parvient pourtant pas à isoler la relation entre les
deux protagonistes principales suffisamment pour que l'intensité
de leur amour et de leur dévouement puisse crever l'écran.
Seul lien tangible au cours du film, le journal intime partagé
par les deux amies, fil d'Ariane surprenant qui va nous conduire
par flashes-back successifs au pourquoi de cette fin tragique.
Les séquences mêlent indifféremment le pré-
et le post-suicide rendant à Hyo-shin une présence
encore plus palpable et qui va doucement prendre corps.
Néanmoins, derrière les symboles, on perçoit
le discours, derrière les comportements, la cruauté
de la société, mais l'histoire de ces deux âmes
liées pour l'éternité ne parvient à
nous captiver qu'à moitié comme une course que
l'on aurait déjà courue et qu'on saurait perdue
d'avance.
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