Film de clôture de ce 12eme festival des Cinémas d’Asie de Vesoul, Mr and Mrs Iyer est le cinquième long métrage de sa réalisatrice, Aparna Sen. Loin des habituelles fresques indiennes mélodramatico-dansante, Mr and Mrs Iyer est un long métrage réaliste devenant l’un des modèles référence de ce cinéma. La société indienne, futur poids lourd économique de la scène internationale, prend enfin conscience d’accompagner son évolution d’une cinématographie sociale forte, en prise avec l’actualité. En résumé, il était temps que ce genre d’œuvre prenne le dessus sur des longs métrages sacralisant le traditionnel, la supériorité masculine, la dote, l’amour idyllique et les danses incessantes.
Mr and Mrs Iyer fait donc partie intégrante de cette nouvelle génération de films qui tente à analyser le développement de la nation indienne. |
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Alors qu’elle doit aller à Calcutta, Meenakshi Iyer et son enfant de neuf mois, Santhanam ne trouvent personne pour les accompagner et les réconforter durant ce long voyage. Heureusement juste avant de monter dans le bus, sa famille fait la rencontre d’amis dont Raja Chowdhury, un sympathique photographe qui lui aussi doit se rendre à Calcutta. Il décide d’accompagner Meenaskshi Iyer pendant ce trajet fait d’une première partie en bus puis en train, car dans la campagne les routes sont encore des sentiers et les villageois n’ont que très peu de moyens pour s’offrir une voiture.
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Les deux voyageurs font la connaissance dans cet autocar de camarades venus de diverses parties de l’Inde représentant en quelque sorte une synthèse ethnoculturelle de la patrie.
On y trouve un vieux couple de confessions musulmanes toujours à se faire une scène de ménages, des sikhs père et fils toujours à parler d’affaires, une femme et son enfant handicapée, un jésuite pas commode, des hindous généreux et d’autres plus antipathiques. Bref, les dignes représentants d’une Inde multiculturelle.
Mais voilà, un bouchon semble s’être formé sur la route pour des raisons que l’on ignore. Peu de temps après, la police vient avertir les passagers d’une nouvelle effroyable : non loin de là un village hindous à été mis à sac par des musulmans pour des raisons religieuses et les hindous s’en prennent à leur tour à tous les musulmans qu’ils trouveront.
Raja Chowdhury, de confession musulmane, ne peut rester dans le bus au risque de se faire égorger. Alors Meenakshi Iyer a l’ingénieuse idée de le faire passer pour son mari. |
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Les hindous entrent dans le bus et commence l’inspection. Ils découvrent des musulmans et les emmènent vers le chemin de la mort. Par chance, Raja Chowdhury passe entre les mailles du filet, mais ce n’est plus le temps de rester sur cette route car d’après les infos, la région à majorité hindous est en feu et à sang, et serait prête à commettre les pires crimes aux musulmans .
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Mr and Mrs Iyer est tout simplement surprenant. Rien ne portait à croire que ce long métrage serait aussi prenant et intéressant. Tout commence comme une comédie légère où l’on découvre les différents protagonistes du bus, leurs petites habitudes, leur humour décalé, leur amour de la vie. Puis soudain tout tourne au pire des cauchemars, notamment pour le héros masculin du long métrage. Les pires actes de barbarie se prolifèrent dans la région comme la plus simple des grippes : une endémie de la violence religieus.
La maîtrise et le savoir faire d’Aparna Sen dans la montée d’angoisse n’ont d’égales que de multiples superlatifs. D’une non violence absolue, la région se transforme en un terrain fertile au racisme religieux. Par ce traitement cinématographique, la réalisatrice donne à voir que la société pluriculturelle indienne est peut être juste un rêve émaillé d’une atroce réalité. Il suffit d’un acte, d’une mort pour que se déchaîne un flot de violence sans limite. Les autorités sont alors incapables de résoudre les méfaits et la population semble frapper de folie, dépassant les limites de toute démocratie.
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Heureusement tout n’est pas si terne et la lueur d’espoir vient de Meenakshi Iyer, qui même exprimant du dégoût pour les musulmans, notamment dans une scène où elle se montre déshonoré d’avoir été aidé par Raja, ne peut s’empêcher de lui sauver la vie, car il est un homme bon.
D’aventures en aventures, les deux amis enlacent leurs cœurs d’un même amour, mais leur relation ne serait possible, pour les différences culturelles existantes et parce que Meenakshi est déjà mari.
Les deux individus terminent alors par se respecter mutuellement. Et cette dernière caractéristique, est certainement la plus grand preuve d’amour et d’humanité que le cinéphile retiendra du long métrage, car malgré les pires malheurs, cette rare denrée sociale parviendra à sauver les Hommes.
Alors même si quelque rictus indien semble encore ancrer l’œuvre d’une certaine naïveté, celle-ci reste toute relative face à l’ampleur de son message.
Ainsi Mr and Mrs Iyer clôture dignement le Festival de Vesoul 2006 et porte en lui les problèmes et les solutions des différentes ethnies indiennes. |