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GENRE :
Love Story
NOTE : -/10
CRTIQUE par MYSTERE VIC
Titre classique pour film inclassable. Ainsi pourrait-on présenter le dernier film de Kelvin Tong (The maid, Eating Air) également critique de cinéma qui choisit de nous présenter cette « histoire d’amour avec l’amour » de manière non conventionnelle. Se basant sur le personnage d’un romancier qui écrit des histoires basées sur sa propre expérience, Kelvin Tong passe sans complexe d’un monde expressionniste à une expérience surréaliste, évoquant tour à tour les affres de l’écrivain, le rôle de la littérature, son impuissance face à la censure et celui de l’amour dont on ne peut se défaire
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| « Aussi stupide que peuvent paraître des phrases comme je t’aimerai à jamais…jusqu’à la fin des temps, on ne peut s’empêcher d’y faire appel » et de faire reposer sa propre existence sur les frêles relations qu’il engendre. L’écrivain a du mal avec ses propres histoires, elles ne peuvent durer. Femme mystérieuse vêtue de noir et masquée telle une Ninja qui ne peut s’arrêter de réciter un livre interdit à voix basse sous peine de l’oublier, une flic psychotique pour qui ses outils, flingue et menottes, sont comme l’extension masculine d’un pouvoir qu’elle n’a pas, enfin une jeune rebelle gothique dont les occupations sont de voler des livres et jouer les DJs en boîte de nuit .
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A bien y regarder, ces trois histoires ne peuvent pas aller très loin et pourtant, l’auteur les porte au-delà de leur fonction illustrative pour y chercher une dimension plus philosophique aidé en cela par le fil blanc théâtral qui se joue de bout en bout : Orphée et Eurydice, l’une des plus célèbres histoires d’amour de l’humanité, dont la fin tragique a laissé son empreinte au-delà du temps. Cette fin tragique est pour l’auteur l’une des raisons pour lesquelles l’amour plaît aux femmes d’aujourd’hui, l’autre étant la notion de sacrifice qui porte l’amour au-dessus du vulgaire, des histoires prosaïques que la réalité nous convoie. En cela, « les rêves sont bien plus forts que la réalité » car ils ne connaissent pas de limites. Et Kelvin Tong n’en dessine pas non plus, laissant au spectateur le soin de discerner tour à tour le fantasme de la vie réelle qui, au final, n’a plus vraiment d’importance. Seul compte la lente descente aux Enfers pour aller chercher l’amour et le ramener, bien sûr sans chercher à le reconnaître lors de l’ascension au risque de le voir disparaître à jamais.
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Love story pourrait donc être une histoire classique d’un auteur en proie à l’angoisse de la page blanche et qui doit plonger dans ses souvenirs et son subconscient pour ramener une intrigue quelque peu galvaudée par l’épreuve du temps et des précédents. Inclassable, Love story l’est pourtant puisqu’il déjoue les pièges habituels de ce genre de film pour flirter avec un désir sans limite, un amour éternel et si contemporain, une vision délirante de sa propre futilité |
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Il n’y a pas dans Love Story de repères. Du générique, qui commence au milieu du film dans un Hong-Kong déshumanisé et méconnaissable jusqu’à l’image de fin qui nous propulse dans un possible prolongement de nos fantasmes, il n’y a pas de raison de douter que tout soit possible, du plus gore au plus envoûtant. Il ne faut pas aller voir Love story dans l’espoir d’y trouver une réponse, mais pour y trouver le miroir de nos propres questionnements, nous renvoyant à nos propres histoires, à nos doutes et nos angoisses, à nos désirs et nos envies aussi. |
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Mystere Vic – 11th PIFF – 2006
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