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Une écrivain en mal d’inspiration à qui son éditeur conseille de se mettre au vert, un éminent archéologue, spécialiste des momies. Ces deux-là n’étaient pas faits pour se rencontrer. Pourtant Haruna Reiko (Miki Nakatani) choisit d’emménager dans une grande maison abandonnée auquel fait face un loft appartenant à l’Université employant Yoshioka Makoto (Etsushi Toyokawa), l’archéologue. Une nuit, la jeune auteur assiste à une scène étrange : Yoshioka pénètre dans les locaux derrière chez elle en transportant un objet emmailloté dans une étoffe. Parallèlement, des événements étranges commencent à se produire dans la maison où un fantôme semble avoir élu domicile.
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Tout l’univers de Kiyoshi Kurosawa est ici reconstitué, avec ses codes, sa mise en scène. Des arrières-plans mis en avant, une bande son très travaillée comportant notamment ces séquences vocales ressemblant à des appels de sirène qu’on trouvait dans Kaïro. Les décors également sont incroyablement symboliques de cet univers. Ce sont aussi plus généralement des repères de la cinématographie fantastique qu’on retrouve depuis quelques temps chez les compatriotes de Kurosawa : Le doigt qui désigne, le visage voilé. Bref, tous les éléments sont là pour créer une atmosphère angoissante dont les réalisateurs asiatiques ont le secret .
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L’histoire met un peu de temps à se mettre en place. Certains éléments du scénario ne trouvent pas d’explication : Il en va ainsi de la boue vomie au début du film par Reiko. Les deux histoires s’imbriquent, meurtre et suicide se confondent mais au final, elles ne semblent pas liées si ce n’est par le personnage principal.
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Loft n’en reste pas moins un thriller fantastique efficace. Le travail du son, on peut le répéter, est admirable. Le son du vent qui rappelle une voix humaine vaut seul la peine d’aller voir ce film dans de bonnes conditions sonores et visuelles. Parmi les défauts notables, le fantôme qui se déplace un peu trop. On se lasse de l’anticiper derrière l’héroïne, en permanence. Ces ficelles de mise en scène sont trop connues maintenant. Mais la mise en scène de Kurosawa n’a rien perdu de sa superbe, par ailleurs. |
Il a toujours ce goût prononcé pour les endroits désaffectés, sombres, sales. Une société post-industrielle dont ne resteraient que les vestiges en désordre. Il interroge également deux éléments clés: l’eau et la terre. Dans Kaïro, c’était le vent et le feu. Cet attachement à la nature, aux racines, qu’on retrouve dans Charisma est une des facettes de son œuvre qui en fait plus qu’un simple catalogue d’épouvante mais une véritable quête philosophique du mal-être humain. |
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Et l’épaisseur historique qu’on retrouve dans tous les films de ce genre est toujours présente. Ici elle se situe à deux stades : un millénaire en arrière, avec la momie de cette reine chinoise ; trois ans plus tôt avec cette jeune écrivain qui a précédé Reiko dans ces murs. Elle sème aussi la confusion dans l’esprit du très rationnel docteur Yoshioka. Le parallèle est fait entre les deux écrivains et leurs œuvres respectives. Le scénario est donc bien construit mais mériterait d’être élagué car l’intrigue principale est l’arbre qui cache la forêt . |
Ce qui semble fondamental dans le travail de Kurosawa, c’est de dépeindre les penchants les plus vils de l’esprit humain et de nous les faire partager. Pas d’optimisme béat ni de pessimisme résigné dans ces films noirs. Un réalisme empreint d’onirisme qui se nourrit des peurs et des angoisses existentielles engendrées par nos sociétés modernes. Le réalisateur japonais devenu maître en la matière n’a pas fini de remuer la terre autour de nos fantômes. Creuser est devenu son passe-temps favori. |
Mystere 10e PIFF - Octobre 2005
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