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LITTLE CHEUNG de Fruit
Chan - Chine - 1999 - Comédie Dramatique
Avec Yiu Yuet-Ming,
Mak Wai-Fan, Mak Suet-Man, Gary Lai, Sun-yau Chu, Robby |
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LITTLE
CHEUNG : 2003- GENRE : Coémedie Dramatique-
NOTE : 7.5/10
Little Cheung, neuf ans, travaille comme livreur pour son père
restaurateur, servant aussi bien des clients normaux que des mafieux.
Après avoir rencontré Fan, gamine chinoise immigrée
clandestine, avec qui il se liera d'amitié, ces deux-là
vont déambuler dans le quartier en faisant quelques blagues
au gré de leurs livraisons |
Critique
:
Little Cheung, troisième et dernier volet de la trilogie
de Fruit
Chanà propos de la rétrocession
de Hong Kong à la Chine en 1997 (bien qu'il réalisera
à nouveau ensuite l'excellentissime Durian Durian) nous
narre la vie d'un petit garcon connu de toute la ville comme
le "petit Cheung".
Cheung est un gamin assez chétif et débordant
d'immagination tels les gamins de son âge mais qui doit
renoncer à son innocence enfantine pour affronter la
dure réalité de la vie. L'argent est difficile
à gagner à Hong Kong et il doit pour cela se plier
en quatre afin de pouvoir apporter sa participation à
la rente familiale. Le travail des enfants étant bien
evidemment illégal, il aide son père en livrant
à domicile les commandes des clients en prenant bien
soin de se garder les pourboires. Dans sa quête de la
richesse, il va rencontrer Fan, une fillette émigrée
clandestinement, et qui va très rapidement susciter son
attention.
Fruit Chan nous livre ici une fois de plus un film d'auteur
passionant mais à l'attractivité peu évidente
pour de nombreux spectateurs. En effet pour apprécier
ce cinéma, la seule passion du cinéma asiatique
est insuffisante, il faut en effer nouer un réel amour
pour l'Asie (et ici plus particulièrement Hong Kong)
afin de pouvoir cerner efficacement l'ambition des propos exposés
ainsi qu'apprécier la portée émotionelle
des personnages. |
De la
même manière que Wong
Kar Wai, Fruit
Chan ne développe pas de scénario
pour y inscrire ensuite des personnages mais développe
des personnages touchant qui vont, par leur prestance
et leurs gestes quotidiens, créer la trame du film.
Le public visé par Fruit Chan reste relativement
restreint donc et c'est la même son principal défaut
: on pourrait aisément qualifier le film d'élitiste.
Tourné de manière très classique
(on est loin des plans à la Wong
Kar Wai) avec des acteurs amateurs, l'oeuvre
pourrait avoir des allures repoussantes. Et pourtant il
n'en est rien. Bien au contraire même. Les acteurs
sont tous plus formidables les uns que les autres et parviennent
à nous transmettre de réelles émotions
telles que l'amitié, la honte ou encore la tristesse,
la joie avec une telle authenticité, un tel réalisme
que bien des comédiens professionnels devraient
s'en inspirer. Le petit Cheung est fabuleux d'ingéniosité
et sa joie de vivre malgré sa solitude est à
la fois émouvante et triste. Sa rencontre avec
la petite Fan va être déterminante.
Clandestine, elle connait déjà le monde
du travail et va par son sourire malicieux redonner un
véritable sens à la vie de Cheung, une raison
de partir travailler chaque jour le sourire aux lèvres.
Car dorénavant il n'est plus seul. La palette d'émotions
de ces deux jeunes acteurs (qui n'en sont pas d'ailleurs)
est étonnante, notamment la scène où
Cheung se fait fesser par son père sur le palier
de la porte devant les passants et qui finit par s'effondrer
en larmes dans la jupe de la bonne de maison. |
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La vision de hong Kong
y est donc traitée de manière très
réaliste à la limite du documentaire ce
qui tend à réduire les plans stylisés
ainsi que les ambiances sonores. Terminée la vision
de Little Cheung, on a l'impression d'avoir arpenter 2
heures durant les ruelles de Hong Kong à observer
la vie, les coutumes mais aussi les habitudes, les loisirs
de cette petite ville pas plus grande que Monaco. L'immersion
est totale et surtout, inconsciente, puisque lorsqu'apparait
le générique de fin (très amusant
d'ailleurs puisqu'une troupe chinoise reprend à
sa manière des succès musicaux occidentaux),
on se surprend à regretter de rentrer chez nous. |
Pour conclure, j'ai adoré
ce film mais il faut tout de même remarquer que il n'est
pas exempt de défauts. Tout d'abord, la narration est
traitée de manière excessivement lente et l'action
y est quasiment absente. C'est un trait caractéristique
du cinéma dramatique asiatique (Cf.In the mood for love)
qui permet de s'imprégner totalement des personnages,
on ne regarde plus un acteur, on vit à ses cotés.
Toutefois, les moins robustes risquent de pas réussir
à retenir quelques baillements. Ensuite, le film étant
traité à la manière d'un documentaire,
l'image est bien loin de la qualité des standards actuels
et les plans ne font preuve ni d'uen réelle originalité
et encore moins d'une quelconque créativité artistique.
Enfin l'absence chronique de scénario réel rend
l'adhésion au film difficile à quiconque ne possède
pas d'affinité avec l'Asie. Little Cheung n'est clairement
pas un film qui vous en mettra plein la vue, il est même
aux antipodes du cinéma pop corn.
Bref pour conclure, Little Cheung rebutera certainement plus
qu'il ne plaira mais ceux qui prendront le temps de l'adopter
trouveront là une pépite culturelle rare signée
Fruit Chan. Un film à posséder d'urgence. |
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Musashi
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