Critique
:
C'est la deuxième réussite du réalisateur
italien Bernardo Bertolucci dans les films d'influences asiatiques.
Après avoir mit sur pellicule l'incroyable vie de Pu Yi,
dernier
empereur de Chine, il réalise cette fois une
fresque sur le bouddhisme tibétain.
Afin de ne pas créer un énième documentaire sur
cette religion et cette culture, il décide de mêler l'histoire
du prince Siddhârtha, futur Bouddha, à celle d'un jeune
américain pressentit pour être la réincarnation,
d'un moine important, le lama Dorje (Dorje signifiant Coup de Tonnerre,
sachant que le Bhoutan désigne le pays du tonnerre)
Le film débute par " Il était une fois
"
Une délégation de moine bouddhiste rencontre à
Seattle, Jesse et ses parents, pour lui apporter leurs connaissances
sur leur peuple et sur la vie du prince Siddhârtha.
D'abord réticents, les parents acceptent néanmoins
que les moines du Bhoutan transmettent à leur fils, leurs
connaissances.
Etant venu spécialement de ce pays, le lama Norbu explique
aux parents de Jesse, que leur enfant est probablement la réincarnation
de son ancien maître spirituel, le lama Dorje.
Ne croyant absolument pas à cette histoire de réincarnation,
Lisa (Bridget Fonda) et Dean (Chris Isaak), les parents de Jesse,
restent toutefois ouverts à cette culture par la force de
leur fils si curieux et si heureux de découvrir ce nouvel
horizon.
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Le lama Norbu évoque
alors la légende du Bouddha.
Né cinq siècles avant Jésus Christ, d'une
reine et d'un roi d'Inde, la Nature se manifeste pour montrer
que le destin du jeune nouveau né sera fabuleux.
Son nom sera Siddhârtha, qui signifie " par qui le
bien arrive ".
Il vit une jeunesse dorée, jusqu'au jour où il
découvre, en dehors du palais, le monde qui l'entoure.
Alors connaissant l'amour, la joie, le plaisir et le bonheur,
il apprend au contact de pauvres gens, l'existence de la maladie,
de la pauvreté, de la vieillesse et de la tristesse.
Il se confit ainsi une mission : donner le bonheur à
tous.
Un long parcours l'attend. Il débute sa quête en
supprimant toute idée de matérialisme pour ne
garder qu'une éthique spirituelle. Pendant 6 ans, il
connaîtra l'abstinence la plus complète, car la
méditation est sa voie.
Un jour pendant sa méditation il entend un homme dire
à son enfant : " Si tu tends trop la corde, elle
casse. Si tu ne la tends pas assez, elle ne sonne pas. ".
Il lui devient alors évident que la voie des extrêmes
(comme l'abstinence forcée) n'est pas la bonne. Ce raisonnement
avait définit le chemin à suivre : celle de l'équilibre,
du juste milieu
Cette dernière pensée
est l'une des idées clés du bouddhisme. Et Bernardo
Bertollucci parvient avec cette oeuvre à sublimer une
culture, une religion si différente de la nôtre.
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La réalisation du film révèle un petit chef d'oeuvre.
Tout d'abord, les décors et les prises de vues sont magnifiques.
L'utilisation de différentes teintes de couleurs pour désigner
l'environnement dans lequel évolue le long métrage est
une idée géniale. Ainsi, la teinte bleue est employée
lorsque les scènes sont tournées aux Etats-Unis, représentant
l'Occident et son matérialisme. La teinte rouge nous laisse
dans une phase de réflexion, de voyage et de découverte
spirituelle. Enfin toutes les couleurs sont utilisées pour
l'environnement bouddhiste.
Cette technique donne au spectateur des repères dans le parcours
du jeune Jesse.
Le style épuré dont use le cinéaste italien,
donne à l'uvre une ampleur, une simplicité, un
sentiment de vide bienfaisants. En bref, Bernardo Bertolucci maîtrise
l'art et la manière.
Côté
casting, on compte parmi les acteurs, Keanu Reeves, aujourd'hui
mondialement reconnu grâce à Matrix, mais
qui auparavant n'était encore qu'un jeune talent. Il
interprète le prince Siddhârta avec toutes les
qualités qui lui sont actuellement reconnues. Ni spectaculaire,
Ni superficielle. En un mot : juste.
D'autres têtes d'affiches sont à l'écran
: Bridget Fonda joue le rôle de la mère de Jesse,
ouvertes aux idées bouddhistes. Le père, interprété
par Chris Isaak, célèbre chanteur de blues
californien, reste dans le ton du film et exprime un homme en
quête de soi.
Les acteurs asiatiques sont pour la plupart de vrais moines
bouddhistes du Bhoutan. Ce ne sont pas des professionnels et
c'est pour cette raison que le film reste naturel.
Dans un reportage présent
sur le DVD du film, on demande à Bernardo Bertolucci
pourquoi l'Asie le passionne depuis de nombreuses années.
Il a répondu qu'il cherchait l'inspiration en dehors
des frontières italiennes, mais surtout en dehors de
la civilisation occidentale. Le cinéaste considère
son uvre sans violence, sans érotisme, un peu
naïve, mais qui ouvre une fenêtre sur l'inconnu,
une destination entre le passé magique du prince Siddhârtha
et le présent sclérosé typiquement américain.
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D'ailleurs, ce présent fait de plus en plus appel au spiritualisme.
Il était donc intéressant pour l'auteur de montrer la
résonance d'une pensée qui a déjà 25 siècles
d'existence.
Laissez vous donc guider par les aventures de Jesse et du Bouddha.
Ce film est une passerelle entre nos deux cultures. Préparez
vous au voyage
Citations Bouddhistes: " Tout effet est provoqué par
une cause "
" Eprouvez de la compassion pour tout être vivant
"
" Une corde trop tendu casse, une corde pas assez tendu ne
sonne pas "
" Le contenant peut ne plus être, le contenu reste le
même "
" Siddhârta parvint au grand calme, il dépassa
sa propre raison d'être, il pu voir au delà de
l'univers, au-delà du commencement. Il fut appelé alors
l'Eveillé " |