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| LES
DEMONS A MA PORTE de Jiang Wen / Chine - 2000 |
| Avec
Jiang Wen
- Teruyuki Kagawa - Ding Yuan - Cong Zhijun - Zi Xi - |
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Les
Démons à ma porte : 2000 GENRE
: Guerre- Note - 8.5/10
Dans un village reculé, miraculeusement
épargné, d'une Chine occupée par l'armée
nippone, Ma Dasan, un paysan, est menacé une nuit par des soldats
de l'Armée chinoise. Ceux-ci lui confient deux sacs à
l'intérieur desquels se trouvent un prisonnier japonais et
son interprète chinois.
Dasan et sa maîtresse, une jeune veuve enceinte, cachent les
prisonniers et en prennent soin. Malgré la hargne du Japonais,
une certaine humanité s'insinue dans leur relation, en partie
grâce aux traductions volontairement erronées de l'interprète
qui cherche à sauver sa propre vie en amadouant les villageois.
Six mois s'écoulent. La famine s'empare du village et les habitants,
ne sachant plus quoi faire de leurs prisonniers, décident de
les mettre à mort. Or, aucun d'entre eux n'accepte de prendre
la responsabilité d'un tel acte. |
Critique
:
Deuxième film de Jiang Wen en tant que réalisateur et
acteur, Les Démons à Ma Porte remporta le Grand prix
du festival de Cannes en 2000.
C'est bien peu à la vue d'un tel film...
Le long
métrage débute peu avant la fin de la seconde
guerre mondiale. Une nuit d'été, un paysan, Dasan
(Jiang Wen), reçoit la visite surprise
de soldats chinois le menaçant de prendre soin de deux
sacs. Ces deux filets contiennent deux hommes baillonés.
Le premier est un soldat japonais. Tout ce qu'il y a de plus
normal dans une région de la Chine occupée par
les nippons. Le deuxième homme est l'interprète
du premier, chinois de nationalité, dont la fonction
est de traduire les ordres du soldat tout puissant.
Le paysan, affolé par cette responsabilité, décide
d'en parler aux autres villageois lors d'une réunion
autour du feu. Leur curiosité ne se fait pas attenre
: ils veulent en savoir plus sur leurs deux invités.
Un interrogatoire prend forme ainsi qu'un longue captivité
de 6 mois. Au bout de cette détention, les soldats chinois
ne sont toujours pas venu récupérer les deux prisonniers.
Le conseil du village décide alors d'éxécuter
les deux détenus car le risque d'être découvert
porterait danger au village.
Seulement, personne et notamment Dasan qui a nourrit et loger
le soldat japonais et son interprète, ne souhaite se
charger de la corvée.
Ainsi malgré lui, Dasan, prend les choses en main, et
accepte avec amertume cette tâche assassine.
Dans le secret, Dasan optera pour une solution qui s'averte
gratifiante au début mais catastrophique par la suite... |
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L'oeuvre
du talentueux cinéaste chinois touche un sujet délicat
: celui des relations sino-japonaises pendant la période
d'occupation des nippone.
Cela reste encore aujourd'hui un thème qui suscite beaucoups
d'émotions et dont les japonais et les chinois ne parlent
pas au risque d'aggraver leur liens diplomatiques.
En effet, les relations entre ces deux pays, alors que le Japon
avait envahit la Chine, était bien entendu celle de deux
pays en guerre. Les nombreuses horreurs commisent par les japonais
ne sont plus à démontrer puisqu'elles ont été
vérifié. Mais pour toute una partie du peuple
chinois cela reste encore
une époque éprouvante dont les secrets ont été
bien gardés.
C'est sur ce point que le réalisateur émet un
avis critique.
Les Démons à Ma
Porte est traité malicieusement sous forme de comédie
mais au fond bien plus tragique, dramatique.
Ce deuxième aspect n'apparaît réellement
qu'à la seconde moitié du film, car la première
traite le thème de façon burlesque tout en gardant
à l'esprit que tous les japonais n'étaient pas
des barbares.
Ce début joviale et bien ficelé donne au film
un ton innofensif pour une ocupation et décrit les relations
existantes entre la milice japonaise et les fermiers chinois.
On voit la fanfare des soldats nippons, passer par le village
et distribuant des bonbons aux enfants des fermiers. Les soldats
japonais se prêtent même à rire avec leur
frères ennemis chinois.
Mais derrière ces apparences se cache une fracture entre
ces deux peuples. Le beau-père de Dasan, vieux cynique
et grabataire ne peut s'empêcher d'insulter ces japonais
et de crier qu'il tordra le coup à tous ces soldats.
D'ailleurs ces réactions, celle des fermiers naïfs
et faisant preuves de mansuétude rendent la plupart des
scènes hilarantes. |
On ne peut s'empêcher
de rire des relations entre les fermiers et les deux prisonniers.
Un exemple: pendant le réquisitoire, l'ancien du village
demande au soldat s'il a déjà abusé sexuellement
des femmes chinoises. Le soldat détenu réponds:
" Bien sûr, je ne suis venu que pour ça!
pauvres idiots" , alors les villageois demandent à
l'interprète:
" qu'a t-il dit ? " et le traducteur qui veut
sauver sa peau répond dit qu'il n'a jamais touché
à une femme chinoise, bien au contraire. On voit alors
des villageois satisfaits de la réponse, souriant avec
bienveillance alors que le soldat japonais qui croit en une
réelle traduction sourit avec ironie, fier de sa haine
méprisante....
A plusieures reprises, le soldat japonais insultera les fermiers
et l'interprète traduira par les plus beaux compliments
chinois. C'est vraiment drôle et jouissif. Ensuite, la
captivité des deux détenus laisse la place dans
l'autre moitié du film à leur libération
et au conséquence ce celle-ci. Cette libération,
dont tous les villageois se felliciteront sera récompenser
par l'armée. Mais à quel prix ? C'est ici que
commence le drame... Le drame d'une incompréhension collective,
d'une trahison, d'un honneur japonais baffoué par des
fermiers chinois (à leurs insus).
Un cataclysme éclate: une machine de mort inarretable. |
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C'est
donc pour la mémoire des siens tragiquement disparus,
mais aussi parce que la guerre change les hommes, même
les plus proches, que Jiang Wen a réalisé
ce superbe témoignage.
La guerre balaye tout: la paix, l'honneur, les cultures, les
hommes. Elle nous transforme en bêtes féroces,
en êtres assoifés de sang et de meutres. Cette
réponse sur péllicule réussit à
nous faire passer du rire à la stupéfaction. Deux
pays, et toute une civilisation peuvent disparaître sous
une main guerrière.
Aucuns mots ne peuvent traduire la souffrance de ces victimes
de guerre, abattues sans aucunes raisons, sans même être
mêlées réellement au conflit.
Aujourd'hui ce vide est comblé,
ce fait historique ne sera jamais oublié grâce
aux Demons à ma Porte, magnifique long métrage
en noir et blanc, dont les acteurs sont quasiments tous non-professionnels.
Il fallait oser, par une comédie, d'exposer de tels
faits et de tels sentiments.
Jiang Wen l'a réalisé. Jiang Wen l'a réussit:
sa plus belle oeuvre...
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Hinomura
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