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L'ARC de Kim ki Duk - Corée 2004
Avec : Ai Kobayashi : Deunan Knute; Juurouta Kosugi : Briareos ; Emi Shinohara : Dr. Gilliam ; Mami Koyama : Athena
GENRE : Drame Psychologique
NOTE : 4/10
RESUME :
Un vieil homme vit reclus avec une jeune fille sur son bateau de pêche en pleine mer. Il espère ses 17 ans, pour concrétiser son rêve de l’épouser. Vivant des visites de pêcheurs du dimanche sur son bateau, le couple verra son rythme de vie ébranlé grâce à la présence récurrente d’un jeune homme très intrigué par la jeune fille. Les rêves de mariage du vieux pêcheur tournent alors à l’obsession craignant de perdre sa protégée. ... "

KKD, et déjà on s’attend à une perle.

Qu’on se calme, on va être déçu, surtout si on connaît un tant soit peu l’œuvre du cinéaste Coréen et qu’on a donc vu ses perles, que dis je ses chefs d’œuvre .

L’arc est à mon avis une petite compilation du travail de KKD offerte ainsi à l’Occident qui s’intéresse enfin de près à la production cinématographique d’Extrême Orient.

« Bien, je vous donne donc ma carte de visite, avec un book ? » Tel serait un peu le dernier film de Kim Ki Duk .. Joie pour les profanes, mais quelle déception pour les fans ..

« L’île » + « The Birdcage Inn » et un soupçon de « Wild Animals », le tour est joué.

La plus belle photo du monde, la nature comme toile de fond mais aussi (et toujours) comme actrice .. Des couleurs primaires afin de vous aider à intégrer la fusion avec la mer comme la jeune femme encore dans un monde enfantin ..Une jeune fille envoûtante, des hommes envoûtés .. Du KKD mâché et remâché ..

Cette petite femme à la limite de l’animal sauvage mais touchante et fragile, un vieux monsieur bourru mais qui ne peut communiquer qu’avec cette jeune fille .. Via des jeux comme des bains qu’il aime à lui donner , des codes secrets, un langage inventé pour ce couple tout droit sorti d’un Nabokov.

Jusqu’aux petits symboles qu’on avait tant adorés .. « les barques comme leviers de sens, servant à métaphoriser tout une symbolique : l’isolement, la liberté, la pauvreté, la mort mais dans le suicide .. toujours en lien avec un autre .. Un isolement donné à voir et à penser.. Un thème cher et récurrent à KKD.

Les balançoires .. miniaturisées dans l’Ile .. sont à taille humaine dans l’Arc .. et permettent au cinéaste de mettre en relief la relation amoureuse .. Tirer à l’Arc sur une cible derrière une jeune fille qui se balance ..

Se balancer .. n’est pas sans rappeler s’aimer physiquement .. Avec son arc, il tire sur cette jeune fille sans vouloir la blesser, mais prouver sa dextérité au tir. La parabole est plus que patente, et la fin sera donc cohérente avec le tableau donné à voir ponctuellement.. Les flèches ne peuvent pas toucher la vierge .. promise au vieil homme .

Et pour vous achever un bon coup, la fin vous rappellera celle de l’Ile .. Evitez donc de le voir, si vous êtes encore dans le désir de voir cet « Arc ».

Les mêmes analogies, les mêmes images, la même fusion avec la nature, la même bestialité, les mêmes isolements, le même manicheïsme : les civilisés et les marginaux .. non pas sur une île, mais sur un bateau de pêche.

Vous sortirez avec une impression de déjà vu, des maladresses patentes dans les métaphores rabâchées donc totalement dépourvues de sens poétique .. Une musique qui ne joue plus son rôle .. Car trop utilisée pour les mêmes plans .. Et un titre .. qui n’offre plus aucune énigme.

Triste constat, l’Arc n’arrive pas à la cheville des films auxquels nous avait habitué ce grand auteur. Comme un plagiat d’un KKD .. sans la sève, que dis-je même le « flux » du cinéaste pour reprendre un vocabulaire plus approprié à son travail assez marin ces temps ci ..

Il ne s’agit pas d’un auteur à trois francs six sous, une habitude d’un certain niveau, d’où une intransigeance .. et une vraie déception.
MATRIXA


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