| THE LAKESIDE MURDER CASE, pour commencer et surtout pour situer les interventants de ce film est réalisé par Shinji Aoyama, réalisateur de
Eureka, de
Desert Moon ,
La Forêt sans nom . Pour ceux qui connaissent le réalisateur, vous comprendrez rapidement à quel genre de cinéma nous avons à faire. Pour ceux qui ne connaissent pas Shinji Aoyama, il s'agit d'un réalisateur en marge de la scène cinématographique traditionnelle qui utilise son talent pour mettre en scène certains faits ou problèmes de sociétés par l'image de manière lente et évocatrice, parfois sans dialogue ou très peu travaillant chaque plan et séquence. Un travail minutieux donnant dans le cas de EUREKA, un film particulièrement excellent. |
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Il s'agit d'un cinéma minimaliste où il faut savoir lire entre les images et où il faut savoir apprécier un cinéaste très largement taxé par beaucoup de réalisateur de films "d'auteurs" dans le sens restreint du terme. Shinji Aoyama, c'est donc un cinéma particulier japonais.
| Dans THE LAKESIDE MURDER CASE, d'un point de vue de la réalisation, nous avions déjà été témoin des audaces cinématographiques de Aoyama Shinji dans Euréka, ici, le réalisateur cadre à la perfection ses plans, les couleurs, notamment dans la forêt de nuit sont très travaillées, on sent qu'un travail important sur la couleur et sur la mise en scène a été fait dans un but unique, celui de faire ressortir une atmosphère particulière, celle des huis clos angoissant. |
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Avec THE LAKESIDE MURDER CASE, le réalisateur s'éloigne légèrement de son style habituel pour se rapprocher d'un genre souvent apprécié, le thriller noir de Kiyoshi Kurosawa.
Proche d'un cinéma d'ambiance, THE LAKESIDE MURDER CASE a quelque chose du "Crime parfait" dans la volonté de cacher soigneusement les preuves du meurtre, puis le film évolue vers une enquête pour finalement mettre l'accent sur un problème de société. On comprend alors que le meurtre est ici un prétexte dont le message est lié à l'éducation de la jeunesse au centre d'une société nippone formatée et du rôle des parents à l'intérieur de cette même société dont la seule préoccupation est la réussite de leur progéniture.
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Mais voilà, il y a un électron libre dans cette petite école pour enfants privilégiés, un homme qui veut comprendre les raisons et les motivations de ce meurtre, les vraies raisons et qui ne passera à personne les principes d'une société qui selon lui ne peuvent être appliquer dans tous les cas, même pour ses enfants.
Le rôle du mauvais élève est celui de
Shunsuke, interprété par l'excellent Koji Yakusho, ( Euréka, Cure, L'anguille, Doppleganger, Seance....) un habitué des scénarios torturés. Une fois de plus, il supporte le rôle à merveille. |
Dans l'ensemble le film est bon, bien réalisé, peu de longueur, on baigne en plein Huis Clos nippon ou l'enquête faite par Shunsuke qui ne croit pas que sa femme à tué sa maîtresse est évolutive et se concrétise par un final peut-être trop moralisateur. Aoyama Shinji a un message à faire passer et il est très clair, peut être trop évident. En effet, par peur que peut-être le spectateur ne comprenne pas ce que le réalisateur a voulu lui dire, l'explication du meurtre prend un peu trop de temps et puis, comme si Shinji avait aussi remarqué cette longueur, une scène finale vient clôturer le film en lui donnant une touche fantastique comme Kiyoshi Kurosawa sait si bien le faire.
Même si cette fin discutable aurait pu être certainement mieux pensée, THE LAKESIDE MURDER CASE reste un très bon thriller dont l'ambiance unique de ce genre ne peut qu'attirer ceux qui apprécient ce cinéaste.
Chaque personnage joue ici son rôle parfaitement dans une atmosphère lourde et pesante. Très rapidement, un clan se forme donnant bientôt à Shunsuke une responsabilité peut-être trop lourde à porter. Celui-ci sera malgré lui intégré à ce meurtre pour protéger sa femme, il sera malgré lui un acteur de l'épouvantable vérité. A voir. . |