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Sélection
cinéma asiatique Festival de Cannes 2002
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La
Pleureuse
(Ku Qi De Nü Ren)
"Sous des dehors comiques, un constat cinglant
des ravages du communisme en Chine"
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de Liu Bingjian Chine (2002) avec Liao Qin,
Xingkun Wei, Jiayne Zhu, Longjun Li, ...
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| Après
La Grosse Pierre à encre (Yan Chuang) déjà
sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs
en 96 et Le Protégé de Mme Qinj (Nan Nan Nunu)
profondément décevant, Liu Bingjian revient représenter
son pays, la Chine (non son régime) avec son troisième
long métrage intitulé La pleureuse présent
cette année à Un Certain Regard. |
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La
pleureuse, c'est Wang Quixiang (Liao Qin), une des révélations
de ce festival. Une jeune femme affublée d'un mari flambeur
qui se retrouve flanquée du bambin (la bambine en l'occurrence,
fabuleuse dans ses mimiques) d'une de ses voisines déserteuses.
Le film débute dans la banlieue pékinoise filmée,
comme de coutume, sans artifice, que Liu Bingjian retrouve aussi dévastée
que dans son dernier film.
En route pour une province montagnarde, momentanément déchargée
du fardeau d'être mère à la place de la mère,
elle retrouve son ami d'enfance, déjà marié mais
l'esprit libre, qui a monté une affaire de pompes funèbres,
faisant de la mort et de la maladie son marché de prédilection.
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| C'est
dit, Quixiang sera pleureuse puisqu'elle parvient si brillamment à
échapper à la loi salique de Zhang Ergou. Dès
lors, le couple (la pleureuse et son agent) fait son pain de la tristesse
des gens. Deuils en tous genres, formules " tout compris ",
les " Echos infinis " se répandent " à
fendre la Terre " ; la pleureuse fait un malheur dont elle est
la première à se réjouir. D'un point de vue purement
occidental, ce film est amoral, du sexe sur un cercueil à l'exploitation
de la misère des gens, le puritain de base s'y perd et ne sait
s'il faut en rire ou en pleurer. |
| Mais
pour le peuple chinois, pragmatique, fétichiste et livré
à un " communisme de marché " débridé,
la mort n'est pas une fin en soi et la vie continue, mélange
de croyance superstitieuse et de résignation. On y voit même
l'occasion de briller : " Mon beau-père est mort ; je
ne veux pas perdre la face devant ma belle-famille [
]. C'est
cher mais après tout ça n'arrive qu'une fois dans la
vie ". Rire jaune dans la salle. On reconnaît bien là
la culture asiatique et réussir à la faire partager
semble être, depuis ses débuts, le credo du réalisateur. |
Dommage
que sa photographie si réaliste et austère ne sache
pas suffisamment mettre en valeur ses personnages et son histoire.
Sortir de l'Académie du film de Pékin ne garantit
malheureusement pas la lumière d'un film. Telle est la leçon
qu'on en gardera. Sur l'orphelin
d'Anyang, on accordait un certain parti-pris formel qui
servait l'histoire.
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| Dans
cette comédie dramatique au ton cynique, on lui refuse
ce passe-droit. Néanmoins, sur le plan purement scénaristique,
le film tient la route et y adhère bien mieux que le
38 tonnes qu'était " Le Protégé
". Critique cinglante de la société chinoise
mais surtout peinture réaliste de ses travers, Liu Bingjian
est ici parvenu à maintenir le rythme jusqu'au bout.
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| Apologie
du trust vertical dans un pays où le capitalisme clandestin
reste le pire ennemi et le corrolaire immédiat du régime
communiste, dénonciation de la corruption qui le gangrène,
le tout est bien audacieux et peu susceptible de passer la censure
chinoise. Mais on retiendra avant tout de ce film, le minois
agaçant et nerveux de Wang Quixiang incarné avec
talent par la toute jeune Liao Qin qui, à force de s'apitoyer
sur le sort d'autrui en arrive à ne plus savoir sur qui
ou quoi elle pleure, si ce n'est sans doute sur elle-même
et l'avenir de son pays. |
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