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GENRE : Documentaire
NOTE : 8/10
RESUME :
Au Vietnam, trente ans après la guerre, les fantômes du passé n’ont pas fini de hanter les vivants : des centaines de milliers de soldats sont morts sans sépulture, réduits au triste destin d’âmes errantes.
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Munis des registres de leur unité, Tho et Doan, deux anciens combattants vietcongs, se mettent en quête des tombes de leurs camarades, dans l’espoir de ramener leurs corps à leurs familles. De champs de bataille oubliés en cimetières de "soldats inconnus", leur quête les ramène sur les lieux qui ont marqué leur jeunesse et forgé leur destin.
Dans un présent parfois indifférent à cette histoire tragique, ils rencontrent une femme encore hantée : Madame Tiêp… .
Enfin ! Enfin un documentaire sur les conséquences de la guerre du Vietnam vu du côté du pays même alors que jusqu’ici nous avions eu droit à de multiples portraits américains propre à leur vision du monde.
L’œuvre de Boris Lojkine s’ouvre sur une scène funeste où d’anciens camarades de guerre cherchent les probables restes d’un compagnon d’infortune en creusant dans un terrain vague, oublié de tous.
Imaginez vous quelques instants plongés dans ce conflit où de nombreux vietnamiens morts au combat n’ont pas eu le droit à une sépulture honorable.
Le résultat est là : des dizaines voir des centaines de cimetière se tiennent debout dans de nombreuses communes où les tombes, par faute de n’avoir pu identifier les corps, portent de simples numéros, froids et impersonnels laissant seul le temps, le vent et la pluie penser à eux.
De nombreuses familles vietnamiennes sont encore aujourd’hui à la recherche de leurs parents décédés pendant la guerre. Mais comment les retrouver lorsque la déchéance humaine a balayé toute information sur son passage ?
Heureusement la fraternité tient encore ses lettres de noblesses au Vietnam. En effet, dans cette réalisation le cinéphile embarque sa conscience sur les pas de deux parcours singuliers mais dont l’Histoire a rendu parallèles.
Le premier chemin est celui de Tho, ancien combattant à la recherche du corps de Dang afin de lui offrir un lieu de recueillement pour sa famille et ses proches. Les familles aux faibles revenus n’ont pas dans la plupart des cas les moyens financiers d’effectuer des recherches coûteuses malgré la mise en place d’une loi par le gouvernement vietnamien afin de faciliter ce projet (et accessoirement de se donner bonne conscience). |
Pour les familles aux revenus plus importants, celles-ci dépensent parfois toutes leurs économies pour retrouver la trace d’un fils, d’un père ou d’un oncle disparu mais hélas le plus souvent sans succès. Tho et ses amis essayent alors d’aider du mieux qu’ils peuvent les familles victime de leurs gouvernements d’antan afin de leur apporter enfin la quiétude et le respect.
On y apprend une quantité d’éléments culturels sur cette horrible guerre et des années qui l’ont suivit. |
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Pour exemple, les américains connaissent le fait que les vietnamiens venaient toujours récupérer le corps des défunts afin de procéder aux funérailles. Les G.I. ont alors fourré certains corps inertes d’explosifs et de déclencheurs afin que les camarades vietnamiens à la recherche des corps soient tués, engrangeant toujours plus de victimes aux compteurs américains.
Mais le plus triste est évoqué dans le deuxième parcours, celui de madame Tiêp. On ne peut retrenir ses larmes, sa haine de la guerre et sa compassion face à cette détresse, où la mort a emporté ce qu’elle avait de plus précieux.
Son parcours ne se raconte pas, il se construit autour des images de ce documentaire et je crois personnellement que cette femme mérite bien plus que du respect, qu’aucuns mots ne puissent donner.
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En définitive « les âmes errantes » met un point d’orgue à rendre honneur à ces hommes et ces femmes victimes de l’infamie guerrière.
Chaque seconde est un précieux trésors, qui je l’espère jaillira à la lumière des américains et du monde entier, mais qui responsabilisera aussi les gouvernants communistes vietnamien, maître de la condition actuelle de leur peuple et acteurs dans ces années de lutte.
A la manière de madame Thiêp qui conservera ad vitam æternam l’image de son mari défunt, ce documentaire restera tel que ce portrait dans la mémoire de tous, où notre conscience ne s’est pas encore soulevé face à cette injustice car il reste encore au Vietnam des milliers de soldats inconnus . |
HINOMURA - OCTOBRE - 2006 |
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