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NOTE
Hinomura : 8.5/10
RESUME :
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Fengkuei est un paisible village de pêcheurs des îles Penghu où vivent trois garçons persuadés d’être à la merci de la police et de jeunes voyous pour avoir mis à tabac un jeune délinquant. Ils quittent leur île en bateau pour rejoindre la grande ville de Kaohsiung et décident d’y rester, travaillant en usine le jour, profitant de leur jeunesse la nuit . " |
Dans le cadre d’un hommage à Hou Hsiao-hsien pour ce festival de Vesoul cuvée 2006, Les Garçons de Fengkuei est la première œuvre à être présenté et le quatrième long métrage du maître après trois premiers films alimentaires dont il a assurément du mal à assumer la paternité.
Les Garçons de Fengkuei est en grande partie une œuvre autobiographique puisqu’elle reprend fidèlement la jeunesse du réalisateur, à savoir un passé de délinquants mais aussi des grands moments d’aventure humaines et de détresse familiale.
Hou Hsiao-hsien nous plonge dans la vie tumultueuse de trois garçons issus d’un quelconque petit village loin de toute grande métropole. Dans cet endroit perdu où le temps semble l’être aussi, les activités laissées à la portée des adolescents sont peu reluisantes. Quelques jeux d’argents, des divertissements parasitaires et une toute petite salle de cinéma où la bande aiment bien se retrouver, faute de mieux. |
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Un jour alors que l’un d’entre eux joue à un vulgaire jeu d’argent, une arnaque crée une sauvage incartade et les trois amis blessent grièvement un des jeunes du village. La police du coin est immédiatement mise au courant et bien entendu les familles ne tardent pas à découvrir le visage caché de leurs rejetons. Pour éviter de se faire massacrer par mes amis de la victime qui ont déjà tenté de les prendre en traître ; et pour ne plus subir les regards déshonoré de leurs proches, les trois garçons décident de partir de leur village direction Kaohsiung l’une des plus grandes villes de Taiwan. Grâce à quelques connaissances amicales faisant preuve d’une grande hospitalité, ils obtiennent une petite chambre pour dormir. |
Ne connaissant pas encore Kaohsiung, les trois camarades se décident à découvrir par leurs propres moyens la gigantesque cité et plus particulièrement le cinéma qui s’y cache.
Manque de chance leur objectif tombe à l’eau et ne trouvent pas la salle obscure tant désirée. De retour à leur chambre, leur ami leur propose de travailler dans une usine fabriquant des produits made in Taiwan. Grâce à cet emploi les trois jeunes hommes dont A-Ching peuvent enfin profiter des joies de la métropole. Seulement ce dernier, le plus talentueux des trois, tombent amoureux de son amie voisine et pense de plus en plus à sa famille… |
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Bien avant la cinquième génération de réalisateur chinois tel Chen Kaige ou Tian Zhuang Zhuang, Hou Hsiao-hsien projette le cinéma asiatique avec Les Garçons de Fengkuei dans la modernité cinématographique et il s’installe dès lors comme un cinéaste contemporain.
Dans cette superbe description de la jeunesse taiwanaise, le cinéaste arbore des utilisations techniques comme les plans éloignés, les hors cadres ou une approche du temps réaliste – en résumé ses films ne tracent pas plusieurs mois ou années en 1h30, mais suit une réelle évolution temporel se rapprochant plutôt de l’idée que le temps d’un film est égal au temps de la réalité – ou bien même encore des plans fixes, premières effluves de ce que les autres patries du cinéma asiatique découvriront par son travail. Même si ici sa maîtrise n’est pas aussi parfaite que pour Un temps pour Vivre, Un temps pour Mourir, Hou Hsiao-hsien montre déjà ses affinités avec l’espace et le temps, et inscrit dans le marbre une façon singulière de faire du cinéma ? . |
On le sait, curieusement Hou Hsiao-hsien n’est pas un cinéaste venu à proprement dit du cinéma, ses références cinématographiques sont limitées : c’est un véritable produit du terroir taiwanais. Rien n’est technique, tout est quasi organique dans son cinéma. L’utilisation spécifique de certains procédés propres au cinéma n’a pas lieu d’être si ce n’est pour servir une vision sociale contemporaine.
Le cinéaste taiwanaise est en phase avec cette perspective et apporte au cinéma ce que peu de réalisateurs ont su donner. Dans les Garçons de Fengkuei, le cinéphile découvre une jeunesse en difficulté, brisée par un pouvoir politique oppressant qui ne cessera qu’en 1987, mais aussi une jeunesse en proie au démon d’un passé difficile. Et sans passé, impossible de se construire un avenir tant la quête identitaire est essentiel. |
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Ainsi se dévoile A-Ching et ses amis, des adulescents aux perspectives d’avenirs chaotique où même le passé les rattrape, comme le service militaire ou l’encrage familial. A-Ching y sera une victime référence puisqu’il perdra tragiquement son père après de longues années d’handicap mental dû à une balle de baseball fracassant sa boîte crânienne.
La souffrance familiale est exceptionnellement traitée par le cinéaste au travers du jeune A-Ching qui donne comme une torture la pâté à son père, véritable désintéressement du fils pour le patriarche. Lors de sa mort, la chaise où il était longuement assis toute la journée se retrouve ainsi vide comme une absence cruelle et une nouvelle page tournée pour A-Ching prêt à entrer dans le monde adulte . |
La transition est ainsi faite par la transformation, à l’aide d’un parallèle dans le temps, de la bicyclette du père en la motocyclette du fils. Les années passent et ne se ressemblent pas. Pourtant la nostalgie est là et montre comme l’exode rural est important. Hou Hsiao-hsien semble alors déjà prédestiné à devenir un maître de l’image tant ses plans deviennent de véritables peintures sociales.
Ainsi, Les garçons de Fengkuei, première œuvre véritablement intelligible de Hou Hsiao-hsien fonde peut être de la plus belle manière le renouveau du cinéma taiwanais et à l’image des jeunes hommes dansant devant les vagues déchaînés, l’un des plus beau moment de cinéma. |
Hinomura - Vesoul International Film Festival 2006 |
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