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KUNG FU HUSTLE de Stephen Chow - HK - 2004
Avec Stephen Chow, Danny Chan, Lam Chi-Cheung, Xiaogang Feng
GENRE : Kung-Fu
NOTE : 8/10
RESUME :

Un maléfique gang adeptes d'haches sème la terreur sur le continent chinois, jusqu'à ce qu'il rencontre d'anciens maîtres d'arts martiaux, qui vont lutter contre leur suprématie ."

Après le succès conséquent de Shaolin Soccer, l'acteur/réalisateur Stephen Chow, connu tout d'abord pour ses pitreries dans des films cultes tels que Le Roi Singe ou Bons Baisers de Pékin (parodie à l'humour gras et potache de Jame Bond) nous revient en bonne et due forme pour un nouvel hommage au kung fu, plus traditionnel cette fois puisque l'on abandonne les stades de football et leur gazon vert pour une ambiance beaucoup plus far west, un mélange inattendu et fascinant entre l'orient et l'occident, pour un film dont la réalisation laisse très fortement envisagé une distribution internationale tellement le langage employé apparaît comme universel.
Stephen Chow serait il l'ange gardien du cinéma de Hong Kong? Les bonnes réalisations se font de plus en plus rare, celles mémorables se comptent sur le bout des doigts, et ce n'est ni l'absence plus ou moins soulignée de Fruit Chan ou la profusion de production/réalisation signée Johnnie To à la qualité contestable qui vont alléger l'état des lieux de ce qui fut, il y a près de vingt ans, le cœur de l'industrie cinématographique asiatique. Face à ce vide artistique irritant se dresse Stephen Chow, star incontestée en son pays et dont l'aura se veut de plus en plus grandissante outre-orient depuis la réalisation de Shaolin soccer et le succès qu'on lui connaît
Aujourd'hui c'est avec Kung Fu Hustle que le réalisateur souhaite revenir sur le devant de la scène et force est de constater qu'il a su se donner les cartes de la réussite tant son film apparaît comme un véritable exercice, mélangeant les hommages à la parodie et saupoudrant le tout d'un zeste d'auto dérision. Pour autant, il n'existera aucune comparaison possible avec sa précédente réalisation puisque si les arts martiaux sont à nouveaux présents, ils sont ici utilisés de manière beaucoup plus conventionnelles, et le scénario s'inscrit dans la grande tradition des films d'arts martiaux des années Shaw Brothers, ce qui rend le film en partie moins original que Shaolin Soccer mais tout aussi addictif.
Le scénario n'est sûrement pas le point fort de Kung Fu Hustle et ne se charge que de reprendre les grandes lignes classiques traditionnelles des films de Kung Fu avec un gang semant la terreur qui va se retrouver confronté à un irrésistible petit village de rebelles (aucune allusion à une célèbre bande dessinée) contre lequel ils vont remuer ciel et terre pour en venir à bout
La légèreté du scénario (toute relative puisqu'il s'agit d'un film d'arts martiaux) est avant tout propice au réalisateur pour se concentrer sur l'univers qu'il déploie, à mi chemin entre l'univers cartoon très far west et celui chinois plus traditionnel, et ses personnages très représentatifs de son style à savoir les laissés pour compte, les marginaux au grand cœur. Stephen Chow crée à nouveaux des personnages humains, à la fois lâche et courageux, profondément attachants, et surtout très caractériels.
Là où le réalisateur avait concentré la caméra sur son personnage pour Shaolin Soccer, il développe ici chacun de ses rôles avec une importance relative beaucoup plus importante et il en résulte un univers plus abouti. On passe ainsi de la propriétaire terrienne, fumeuse devant l'éternelle qui se plait à battre son mari, au vieux maîtres d'arts martiaux excellant chacun dans un art en passant par le chef du gang des haches, amateur de danse ou au héros à proprement parler, ou plutôt au anti-héros, rêvant d'intégrer le maléfique gang. Mais là où Stephen Chow parvient réellement à marquer le film de son empreinte, et empêche définitivement de considérer son film comme un simple hommage au film de Kung-Fu, c'est dans le dosage humoristique qu'il distille tout au long du film. Ainsi, l'acteur nous livre des scènes hilarantes mélangeant allégrement l'humour non sensique à celui bon enfant, cartoonesque. La scène de course poursuite à pied en est un illustre exemple, hilarante dans son imbécillité, et l'humour du réalisateur fait toujours mouche, provoquant de nombreux fous rires devant les mises en scènes audacieuses opérées.
L'utilisation des effets spéciaux est plutôt massive, mais contrairement à Shaolin soccer où certains plans paraissaient trop truqués, ils sont ici étonnamment bien réalisés et sont partie intégrante du film. C'est d'ailleurs l'utilisation de ces effets spéciaux qui rend le film si unique desservant aussi bien l'humour que l'action et permettant des cascades jusqu'alors inespérées. Orchestrées par un Yuen Woo Ping plus en forme que jamais, les chorégraphies sont d'une originalité rarement atteintes et sont autant un régal pour les yeux qu'une source d'adrénaline pour le cœur.
Stephen Chow fait du spectacle et il le fait bien. Un tandem de choc, sans aucun doute à l'origine des chiffres spectaculaires enregistrés pour l'heure à Hong Kong. Pourtant là où un film traditionnel d'arts martiaux repose quasi uniquement sur ces dites chorégraphies, Kung Fu Hustle ne s'en sert que comme alimentation à la rythmique du film. On ne s'ennuie jamais entre deux scènes de combat, et même si elles sont plutôt spectaculaires et savamment filmées, il n'en reste pas moins qu'à la fin du film, c'est l'univers imaginé par Stephen Chow dans sa globalité qui nous reste en tête et non pas seulement ces scènes d'action .

Le dernier Stephen Chow est donc une franche réussite, à l'attrait certain. Le film n'est certes pas exempts de défauts, on regrettera par exemple que le personnage féminin ne soit absolument pas développé (on en vient même à se questionner sur l'utilité de sa conception) ou encore que le film ait une image, dans ses tonalités, relativement sombre ce qui attriste un petit peu certains passages, mais ces imperfections ne desservent en rien la qualité intrinsèque au film.

Kung Fu Hustle renouvelle les mécanismes du rire, une véritable thérapie à la mauvaise humeur, ni plus ni moins.
MUSASHI

 



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