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KAMA SUTRA, A TALE OF LOVE de Mira Nair - 1996 - Drame - Inde
Avec
Indira Varma, Sarita Choudhury, Naveen Andrews, Ramon Tikaram, Rekha, Khalid Tyabji

NOTE : 6.5/ 10
Résumé
Jalousies et passions dans l’Inde du XVIème siècle.
Maya et Tara, l’une courtisane, l’autre princesse se disputent un prince coureur de jupons et détruisent leur amitié.
Maya, répudié, s’initie aux arts du Kama Sutra et tentera de prendre sa revanche sur les hommes alors que Tara ne récoltera que solitude et mépris.

Non, CinéAsie ne se lance pas dans les chroniques de films X, rassurez-vous. « Kama Sutra, A tale of love » n’est que l’une des oeuvres de Mira Nair, auteur des mondialement récompensés « Salaam Bombay » et «  Le Mariage des moussons ».
Avec son titre plein de promesses, « Kama Sutra » nous entraîne dans une Inde sensuelle et vaguement érotique à grands renforts de costumes bariolés, de palais princiers et de plantes en pots.
Tout commence par un flashback, grande spécialité indienne, avec une présentation des protagonistes sur fond de leçons de danse qui auraient pu être exploitées davantage hélas, c’en est presque frustrant lorsque l’on connaît les talents de danseurs des acteurs du cru...

Tara et Maya sont à la fois amies et rivales, l’une est princesse, l’autre courtisane.
La jalousie aidant, les deux femmes s’entre-déchireront pour des hommes qui n’en valent pas la peine, l’une et l’autre perdront dignité, amour et innocence…
C’est donc à un drame shakespearien façon tandori que nous invite Mira Nair.
Une histoire de passion, de trahison, de désir et de vengeance.

De Kama Sutra il n’est question qu’épisodiquement, malgré quelques scènes assez salées, le sujet est survolé plutôt que véritablement traité. C’est d’ailleurs l’un des reproches que l’on peut faire au film, attirer le chaland avec un titre racoleur pour finalement ne se contenter que de nous conter une histoire d’amour en costumes d’époques, ce qui, je vous l’accorde, n’est déjà pas si mal, même si l’on attendait mieux de la part de cette réalisatrice.

On pourra objecter que cette œuvre contient quelques éléments subversifs, en particulier les scènes de nue ou encore une exploitation un peu facile du thème de la condition féminine dans l’Inde du XVIème siècle, mais quoiqu’il en soit, on reste sur sa faim, malgré des décors splendides, des acteurs de qualité (à comparer avec le jeu de certaines icônes bollywoodiennes…) et une bande-son assez agréable signée Mychael Dana.

L’actrice principale, Indira Varma malgré son charme indéniable n’est pas ce que l’on pourrait appeler une typique beauté indienne, est-ce un choix délibéré ? La question reste en suspens. Mais en tout cas elle s’en tire bien et vous vous rappellerez longtemps de son regard envoûtant

Les autres interprètes remplissent leurs rôles respectifs à merveille, on peut cependant décerner une mention spéciale à Naveen Andrews qui respire l’arrogance et le machisme dans le rôle du prince Raj Singh. Et si son visage vous dit quelque chose mais que vous ne savez vraiment pas quoi, regardez-donc un épisode de « Lost », et vous reconnaîtrez notre homme sous les traits de Saeed, l’officier irakien.

Les décors contrastent avec les précédentes productions de la réalisatrice, ici, tout n’est que faste, luxe et volupté, la qualité de la photo assurée par Declan Quinn (« Leaving Las Vegas » de Mike Figgis) y étant pour beaucoup.

« Kama Sutra » n’est pourtant qu’une œuvre mineure dans la filmographie de Mira Nair, malgré tout le bien qu’on en pense et tout le prestige accumulé.

Elle aura pourtant été traînée devant les tribunaux indiens pendant presque deux ans à cause de ce film qui, pour un spectateur occidental, n’est cependant pas spécialement choquant.

Ne serait-ce que par civisme, cette œuvre mérite donc néanmoins d’être vue.
Ursa Minor


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