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3 Questions à Eric Valli
Réalisateur du désormais célèbre Himalaya,
Eric Valli avait, quelques années auparavant tourné
des documentaires toujours situés en Asie. A l'occasion du
festival de Paris où fut présenté Chasseurs des
ténèbres, il revient sur sa passion pour le voyage et
la rencontre à travers un objectif.
A découvrir :http://www.ericvalli.com/3_real/himalaya1.html |
D'où vous
vient cette passion pour cette région du monde l'Asie, et cette
façon de tourner si proche du documentaire et en même
temps si scénaristique ?
J'aime voyager, j'aimer rencontrer, tout simplement. Ces personnes
qui ont tant à partager, qui sont en quelque sorte les derniers
des mohicans de l'Himalaya. Pendant des années j'ai apprécié
pouvoir en témoigner en tant que photographe mais aussi avec
une caméra. Le cinéma est la façon la plus extraordinaire
de raconter une histoire, de toucher le plus de public, de manière
la plus profonde. La photo permet ça aussi, bien sûr,
mais c'est moins facile d'accès et en tout état de cause,
ce n'est pas une vision dynamique. Ce qui m'intéresse avant
tout, c'est de vivre, je suis quelqu'un qui aime vivre intensément.
Et en particulier des cultures différentes. Aller à
la rencontre de ces cultures différentes est pour moi ce qu'il
y a de plus magnifique.
Vous avez réalisé deux documentaires avant Himalaya.
Quel est l'apport du documentaire par rapport à la fiction
? Qu'est-ce que ça vous a apporté et quelles en sont
les limites ?
J'ai été assistant réalisateur sur 7 ans au Tibet
(de Jean-Jacques Annaud ndlr). Jean-Jacques m'a dit. " Tu es
un image catcher, tu attrapes des images autour de toi ". Voilà
l'idée est là. Je me suis dit qu'il fallait passer de
ce statut d'image catcher, à celui d'image maker. Ce sont deux
manières différentes de travailler. J'étais frustré
quand je tournais des documentaires. Car on ne peut pas aller réellement
au fond des choses. J'étais photographe pour le National Géographic
pendant des années et j'ai pu côtoyer ces gens que je
montre dans mes films. Mais ce n'est pas avec une équipe documentaire
que l'on va faire passer des émotions. Ca passe trop vite.
Tu n'as pas le temps de saisir ces émotions au vol. Tandis
que lorsque tu réécris ces histoires, que tu y incorpore
la technique cinématographique, champ/contre-champ, travelling,
close-up, tu peux prendre le temps de t'attacher aux sentiments, aux
émotions. Et de ne pas les laisser passer puisque tu peux même
rejouer les scènes. Mais ces fictions ne sont pas si éloignées
de la réalité. D'ailleurs Jacques Perrin (Producteur
d'Himalaya, Galatée Films, ndlr) me dit que je réalise
des fictions naturelles. C'est vrai dans la mesure où il n'est
pas besoin d'écrire des histoires extraordinaires. Celles des
habitants du Dolpo sont déjà étonnante en soi.
Quels sont vos projets actuellement. Est-ce que le prochain film
se rapprochera du documentaire ou bien poursuivrez-vous dans la fiction
?
J'ai deux long-métrages de fiction en écriture. Je repars
en Asie dans quelques jours pour finir de les écrire là-bas.
Ce seront toujours des histoires basées très influencées
par les personnes que j'ai rencontrées, très basées
sur le réel. Il y a un véritable décalage entre
notre société et les société où
j'ai vécu. Finalement ces gens ont beaucoup plus les pieds
sur Terre et sont directement connectés à la nature
dans les sociétés dites traditionnelles. C'est ce qui
est intéressant.
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(Propos
recueillis par Mystere
Vic Festival du Film de Paris 2003)
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